Traverser les périodes difficiles du mariage, Leçon 10. Lire 1 Samuel 25:2-35. Subir des coups, des menaces et le contrôle de l'argent ou du téléphone, tout en croyant que « se soumettre » et « persévérer » signifie tout supporter sans fin.
Passage principal : 1 Samuel 25:2-35
Nabal était « dur et méchant dans ses actions », et « il est si méchant qu'on n'ose lui parler ». Abigaïl n'a pas attendu l'accord de son mari ; elle a agi rapidement et a empêché une effusion de sang. Quand il y a dans le mariage des coups, des menaces et du contrôle, la soumission et la patience ne signifient pas qu'il faut rester en danger. « L'homme prudent voit le mal et se cache » : chercher d'abord la sécurité est une sagesse conforme à la Bible.
La violence physique n'arrive pas nécessairement tous les jours. Elle prend plus souvent cette forme : une parole ne lui plaît pas, et il brise un bol ; il exige de pouvoir vérifier le téléphone à tout moment, demande des comptes pour chaque petite dépense et garde la carte sur laquelle le salaire est versé ; il interdit à l'autre de voir sa propre famille ou de sortir avec des amis. Pendant une dispute, il menace : « Si tu oses partir, je vais... » Ensuite, il pleure, s'excuse, offre un cadeau et promet de ne jamais recommencer. Quelque temps plus tard, tout recommence. La personne ainsi traitée se demande souvent encore : « Est-ce parce que je n'ai pas fait assez bien ? La Bible ne dit-elle pas de se soumettre et d'être patient ? Il ne faut pas exposer les problèmes de famille. Pour les enfants, je dois supporter encore un peu. »
1 Samuel 25 présente un foyer. Le mari, Nabal, est très riche. Le texte porte sur lui un jugement direct :
Le nom de cet homme était Nabal, et sa femme s'appelait Abigaïl; c'était une femme de bon sens et belle de figure, mais l'homme était dur et méchant dans ses actions. Il descendait de Caleb. (1 Samuel 25:3)
Dans le désert, les hommes de David avaient protégé les bergers de Nabal. David lui envoie des hommes pour le saluer poliment et lui demander un peu de nourriture. Mais Nabal les insulte : « Qui est David, et qui est le fils d'Isaï? » (1 Samuel 25:10). David entre dans une grande colère et s'avance avec quatre cents hommes armés d'épées pour détruire toute sa maison.
L'un des serviteurs de Nabal court prévenir Abigaïl et lui adresse une parole très importante :
Sache maintenant et vois ce que tu as à faire, car la perte de notre maître et de toute sa maison est résolue, et il est si méchant qu'on n'ose lui parler. (1 Samuel 25:17)
« On n'ose lui parler » : une seule phrase décrit l'atmosphère de ce foyer. Tout le monde a peur de lui. Abigaïl ne va pas consulter son mari. Le texte précise : « Elle ne dit rien à Nabal, son mari » (1 Samuel 25:19). Elle prépare rapidement du pain, du vin, des moutons et des gâteaux de raisins, puis monte elle-même sur un âne pour aller à la rencontre de David. Elle se prosterne devant lui et prononce des paroles pleines de discernement. Ainsi, elle empêche David de se venger lui-même et de verser le sang innocent. David lui dit : « Béni soit ton bon sens, et bénie sois-tu, toi qui m'as empêché en ce jour de répandre le sang, et qui as retenu ma main! » (1 Samuel 25:33).
Il faut être clair : le texte ne dit pas que Nabal a frappé Abigaïl. Cette histoire raconte d'abord comment David a été empêché de se venger de sa propre main. Mais elle nous montre une chose : lorsque le chef d'un foyer se montre dur et méchant et qu'un désastre approche, une épouse qui craint Dieu ne reste pas assise à attendre au nom de la soumission. Elle agit avec sagesse, protège la vie de toute la maison, et le récit biblique met son discernement en valeur.
Les Proverbes disent : « L'homme prudent voit le mal et se cache, Mais les simples avancent et sont punis » (Proverbes 22:3). Face à la violence et au contrôle, s'éloigner du danger, demander de l'aide et se protéger soi-même et protéger ses enfants est une preuve de sagesse. Ce n'est ni un manque de foi ni une trahison du mariage. La Bible dit que les maris doivent aimer leurs femmes « comme leurs propres corps » (Éphésiens 5:28) et « ne vous aigrissez pas contre elles » (Colossiens 3:19). Malachie rapporte que Dieu hait « celui qui couvre de violence son vêtement » (Malachie 2:16). Ni la soumission, ni la patience, ni le pardon n'obligent une personne à rester en danger. La personne blessée peut aussi être le mari ; le même principe s'applique.
En Chine continentale, la violence conjugale n'est pas une simple « affaire de famille ». La Loi contre la violence domestique permet d'appeler la police au 110. La police peut adresser un avertissement écrit à l'auteur des violences ; la victime peut demander au tribunal une ordonnance de protection de la sécurité personnelle ; la Fédération des femmes propose une ligne de défense des droits au 12338. En cas de blessure, allez à l'hôpital et conservez les photos des blessures, les dossiers médicaux, les récépissés de la police et l'historique des messages. Dans les autres régions, contactez la police locale et les services d'aide aux victimes de violence conjugale.
« L'Éternel est un refuge pour l'opprimé » (Psaumes 9:10). Jésus a dit qu'il est venu « pour renvoyer libres les opprimés » (Luc 4:19). À ses yeux, une personne frappée, insultée ou contrôlée n'est pas quelqu'un qui n'a pas fait assez bien, mais quelqu'un qui a besoin d'être protégé. L'auteur des violences a lui aussi besoin de se repentir. Mais la repentance ne consiste pas à présenter une seule excuse, puis à faire revenir l'autre à la maison. Elle consiste à mettre fin à toute violence, à accepter la discipline de l'Église et une aide professionnelle, et à assumer les conséquences. Il faudra beaucoup de temps et l'aide d'autres personnes avant de pouvoir même parler de confiance.
1. Le jugement du texte sur Nabal. Le verset 3 dit qu'il était « dur et méchant dans ses actions ». Au verset 17, le serviteur dit qu'« il est si méchant qu'on n'ose lui parler ». Au verset 25, Abigaïl dit que son mari mérite bien son nom : Nabal signifie « insensé ».
2. « Elle ne dit rien à Nabal, son mari ». Le verset 19 précise qu'Abigaïl n'a pas d'abord demandé l'accord de son mari. Comme le désastre approchait, elle a agi avec sagesse pour protéger la vie de tous. La Bible ne lui adresse aucun reproche, et David loue même son bon sens.
3. Cette histoire concerne d'abord David. Abigaïl empêche David de se venger lui-même et de verser le sang innocent (versets 26, 31 et 33). Le texte ne dit pas que Nabal a frappé son épouse. L'appliquer aujourd'hui à la violence conjugale consiste à discerner la sagesse à partir de la situation de ce foyer, non à prétendre que le passage parlait à l'origine de violence conjugale.
4. « Voit le mal et se cache ». Proverbes 22:3 dit que l'homme prudent voit le mal et s'en éloigne. Éviter le danger est une preuve de sagesse, non de faiblesse.
5. La Bible ne permet pas de faire de la soumission une excuse pour blesser. Éphésiens 5:28-29 demande aux maris d'aimer leurs femmes comme leur propre corps ; Colossiens 3:19 leur dit de ne pas s'aigrir contre elles ; Malachie 2:16 dit que Dieu hait celui qui couvre son vêtement de violence.
Pour commencer (l'animateur lit)
Ce qui est dit dans le groupe ne doit pas être raconté ailleurs. Il y a toutefois une exception : si quelqu'un subit actuellement des violences, si la sécurité d'un enfant ou d'une personne vulnérable est menacée, ou s'il existe un danger immédiat qu'une personne se blesse ou blesse quelqu'un d'autre, l'animateur ne peut pas promettre une confidentialité totale. En règle générale, il essaiera d'abord d'en parler avec la personne concernée et ne transmettra que les renseignements nécessaires à ceux qui peuvent apporter une aide réelle. S'il s'agit d'un enfant, d'une personne incapable de se protéger ou d'un danger immédiat, il n'attendra pas le consentement de la personne. Selon la situation, il contactera un pasteur, un professionnel qualifié, la police locale, les services d'urgence ou les services médicaux. En cas de danger immédiat, demandez de l'aide sur-le-champ et ne laissez pas la personne seule.
Mise en route : quand vous étiez enfant et que vous vous trouviez en danger — perdu, poursuivi par un chien ou près de l'eau — qu'est-ce que les adultes vous avaient appris à faire ? (Une personne venue pour la première fois peut aussi répondre.)
Conseil pour l'animateur : gardez un ton léger : rester immobile, courir vers un endroit fréquenté, retenir le numéro de téléphone de la maison. Concluez en une phrase : face au danger, se protéger d'abord est une chose que chacun doit apprendre dès l'enfance.
Rappel de la leçon (l'animateur lit ; environ 1 minute, pour ceux qui n'ont pas préparé)
Cette leçon porte sur 1 Samuel 25:2-35. Nabal est un homme très riche ; sa femme, Abigaïl, est belle et de bon sens, mais Nabal est dur et méchant. David lui envoie des hommes pour le saluer et lui demander un peu de nourriture ; Nabal les insulte. David entre dans une grande colère et s'avance avec quatre cents hommes armés d'épées. L'un des serviteurs de Nabal prévient Abigaïl : un désastre va frapper notre maître et toute sa maison ; vois ce que tu dois faire, car il est si méchant que personne n'ose lui parler. Abigaïl prépare rapidement du pain, du vin, des moutons et des gâteaux de raisins. Sans prévenir son mari, elle monte elle-même sur un âne, se prosterne devant David et lui parle. David lui dit : béni soit ton bon sens, car tu m'as empêché aujourd'hui de me venger moi-même et de verser le sang. Le passage de comparaison se trouve en Proverbes 22 : l'homme prudent voit le mal et se cache, mais les simples avancent et sont punis. Aujourd'hui, nous allons parler de la violence et du contrôle dans le mariage.
1. Lisez les versets 2-3 et 14-17. Comment le texte et le serviteur décrivent-ils Nabal ? Quelle attitude les membres de sa maison ont-ils envers lui ?
Conseil pour l'animateur : il est dur et méchant ; il est si méchant que personne n'ose lui parler. Tous les membres de sa maison ont peur de lui. Quand un problème arrive, ils n'osent pas le lui dire et vont trouver Abigaïl.
2. Lisez les versets 18-22. Comment Abigaïl agit-elle ? Que précise le verset 19 ?
Conseil pour l'animateur : elle prépare rapidement des présents, envoie les serviteurs devant elle et les suit sur un âne. Le verset 19 précise qu'elle ne dit rien à Nabal, son mari.
3. Lisez les versets 23-35. Qu'est-ce qu'Abigaïl empêche ? Que dit David à son sujet ?
Conseil pour l'animateur : elle empêche David de se venger lui-même et de verser le sang. David bénit Dieu, félicite Abigaïl et son bon sens, puis la laisse retourner chez elle en paix.
4. Sans consulter d'abord son mari dur et méchant, Abigaïl agit rapidement, protège la vie de toute sa maison, et son discernement est loué dans le récit biblique. Que nous rappelle ce récit sur les mauvais usages souvent faits de la « soumission » et de la « patience » ?
Conseil pour l'animateur : c'est la question centrale de la leçon ; accordez-lui du temps. Précisez d'abord que l'histoire concerne avant tout David, qui a été empêché de se venger, et que le texte ne dit pas que Nabal a frappé sa femme. Nous discernons la sagesse à partir de la situation de ce foyer. La soumission ne consiste pas à suivre une personne violente vers le désastre ; la patience ne signifie pas qu'il faille rester dans le danger. La Bible loue le bon sens d'Abigaïl. Elle dit aussi que Dieu hait celui qui couvre son vêtement de violence (Malachie 2:16) et que les maris ne doivent pas s'aigrir contre leurs femmes (Colossiens 3:19).
5. Proverbes 22:3 dit : « L'homme prudent voit le mal et se cache ». Dans le mariage, quelles situations constituent le « mal » et exigent de chercher d'abord la sécurité ? Pourquoi les phrases « Il ne faut pas exposer les problèmes de famille » et « Pour les enfants, supporte encore un peu » maintiennent-elles les personnes en danger ?
Conseil pour l'animateur : coups, menaces, contrainte sexuelle, contrôle de l'argent et des papiers, surveillance du téléphone, interdiction de voir d'autres personnes, insultes répétées, menace d'utiliser les enfants ou de se suicider : tous ces signes exigent de chercher d'abord la sécurité. La violence peut alterner entre des périodes calmes et des périodes graves, et elle tend souvent à s'aggraver. Le simple fait pour un enfant d'être témoin de violences lui fait déjà du mal. Se mettre à l'abri et demander de l'aide protège la personne et ses enfants.
6. (Question facultative, à aborder si le temps le permet.) Si l'auteur des violences affirme : « J'ai changé », à quoi ressemble une repentance véritable ? Pourquoi une seule excuse ne suffit-elle pas pour demander à l'autre de revenir ?
Conseil pour l'animateur : une repentance véritable consiste à mettre fin à toute violence, à ne pas exiger que l'autre pardonne ou revienne immédiatement, à accepter la discipline de l'Église et une aide professionnelle, et à assumer les conséquences juridiques et autres. Il faudra beaucoup de temps et l'aide d'autres personnes avant de pouvoir même parler de confiance. La personne blessée a le droit de ne pas revenir.
7. Si quelqu'un vous confie discrètement qu'il est frappé ou contrôlé chez lui, comment pouvez-vous lui répondre ? Quelles paroles ne faut-il surtout pas prononcer ? (Ne parlez pas de personnes précises ; si vous préférez ne pas répondre, vous pouvez simplement écouter. Une personne venue pour la première fois peut aussi participer.)
Conseil pour l'animateur : vous pouvez dire : « Merci de me l'avoir dit », « Ce n'est pas ta faute », « Ta sécurité est prioritaire », puis aider la personne à trouver des personnes et des organismes capables d'apporter une aide concrète. Ne dites pas : « Tu as aussi une part de responsabilité », « Supporte encore un peu », « Fais-le pour les enfants » ni « Je vais aller lui parler ». N'allez pas vous-même trouver l'auteur des violences.
8. Cette semaine, quelle action êtes-vous prêt à accomplir pour vous-même ou pour une personne de votre entourage qui subit peut-être des violences ?
Conseil pour l'animateur : orientez vers une action concrète : enregistrer les numéros d'aide dans un endroit sûr ; préparer un plan de sécurité pour soi-même ; accompagner un ami à l'hôpital ou au poste de police. Le plan d'action qui suit reprend cette idée.
Demandez à un membre de lire lentement Psaumes 9:10-11, puis gardez tous le silence pendant une minute. Ceux qui le souhaitent peuvent prononcer une ou deux phrases : demander une protection et une issue pour les personnes blessées dans leur foyer, prier pour la sécurité des enfants ou demander une repentance véritable pour les auteurs de violences. Ceux qui ne souhaitent pas parler peuvent prier en silence : cela aussi est une prière. Une personne venue pour la première fois peut écouter en silence, sans devoir prier ni prendre position. Pour finir, l'animateur prie pour le foyer de chacun. Les sujets de prière restent dans le groupe. Les sujets sensibles ne sont ni enregistrés dans l'application ni publiés dans la messagerie du groupe. Pour un suivi ordinaire, demandez d'abord le consentement de la personne, puis notez en privé seulement une ou deux phrases nécessaires. Si la sécurité d'un enfant ou d'une personne incapable de se protéger est en jeu, ou s'il existe un danger immédiat d'automutilation ou de violence contre autrui, n'attendez pas le consentement : contactez immédiatement les services d'urgence, la police ou un service de protection approprié.
Vous pouvez commencer ainsi (orientation de prière) :
Ô Éternel, Tu es un refuge pour l'opprimé, un refuge au temps de la détresse. Veille sur ceux qui sont frappés, menacés et contrôlés chez eux ; fais-leur savoir que ce n'est pas leur faute. Donne-leur sagesse et courage, ainsi que des personnes capables de les aider. Protège les enfants du foyer. Arrête ceux qui commettent des violences et conduis-les à une véritable repentance. Seigneur Jésus, Tu es venu pour renvoyer libres les opprimés ; accomplis cette oeuvre parmi nous. En Ton nom, amen.
Après la prière, chacun choisit ci-dessous une action à accomplir cette semaine. Une seule suffit ; si vous n'arrivez pas encore à choisir, ce n'est pas grave.
Il n'est pas nécessaire de la noter ni d'en rendre compte. Si vous le souhaitez, vous pourrez en parler à la prochaine rencontre. Si vous n'avez pas pu la réaliser, apportez à Dieu dans la prière ce qui vous a arrêté.
Cette leçon ne propose pas d'exercice à faire en couple. Si vous vivez dans la violence ou sous contrôle, vous pouvez réfléchir discrètement aux points suivants. Si l'autre personne vérifie votre téléphone ou votre carnet, gardez seulement ces réponses dans votre mémoire ou demandez à une personne digne de confiance de les noter pour vous.
Si la découverte de ce plan risque d'augmenter le danger, donnez la priorité à votre sécurité et ne l'écrivez pas. Si vous avez besoin d'aide, adressez-vous à une personne extérieure à la situation et digne de confiance, ou contactez la police locale et les services d'aide aux victimes de violence conjugale.
Vous pouvez choisir la leçon « Pardon et restauration, avec la sécurité nécessaire » dans la série « Vivre l'harmonie dans le couple » (Matthieu 18:21-35), ou la leçon « Se soumettre l'un à l'autre, comme Christ a aimé l'Église » dans la même série (Éphésiens 5:21-33).