Traverser les périodes difficiles du mariage, Leçon 4. Lire Matthieu 5:21-26. Après chaque dispute, rester plusieurs jours sans se parler, car celui qui parle le premier aurait perdu.
Passage principal : Matthieu 5:21-26
Jésus place la colère et les insultes sous le commandement « Tu ne tueras point », puis il dit : « va d'abord te réconcilier avec ton frère; puis, viens présenter ton offrande. » Une guerre froide peut refroidir peu à peu tout un foyer sans qu'aucune insulte soit prononcée. Dieu a pris l'initiative de nous réconcilier avec lui par Christ ; nous pouvons donc, sans attendre l'autre, faire nous-mêmes le premier pas.
Après cette dispute, plus aucun des deux ne parle à l'autre. Un jour, trois jours, une semaine. Chacun mange de son côté ; l'un dort dans la chambre et l'autre sur le canapé. Pour transmettre une information, on passe par l'enfant : « Va demander à ton père s'il vient chez grand-mère ce week-end. » Sur WhatsApp, on ne répond pas, sans pour autant bloquer l'autre ; on le laisse simplement attendre. Chacun retient sa colère et se dit : pourquoi serait-ce à moi de parler en premier ? Celui qui ouvre la bouche en premier a perdu.
La guerre froide ne casse rien et ne contient aucune insulte. Elle semble donc plus civilisée qu'une dispute. Pourtant, les paroles de Jésus dans le sermon sur la montagne nous obligent à y réfléchir autrement :
Mais moi, je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère mérite d'être puni par les juges; que celui qui dira à son frère: Raca! mérite d'être puni par le sanhédrin; et que celui qui lui dira: Insensé! mérite d'être puni par le feu de la géhenne. (Matthieu 5:22)
« Raca » était probablement une insulte proche de « sans cervelle », et « Insensé » traite l'autre d'imbécile. Jésus les place dans le prolongement de « Tu ne tueras point » pour nous montrer qu'aux yeux de Dieu la racine du meurtre se trouve dans la colère et le mépris du cœur. Dans une guerre froide, aucune insulte n'est prononcée, mais la colère qui dit « je ne t'adresserai plus la parole » refroidit elle aussi peu à peu tout un foyer.
Jésus donne ensuite un exemple :
Si donc tu présentes ton offrande à l'autel, et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, (Matthieu 5:23)
laisse là ton offrande devant l'autel, et va d'abord te réconcilier avec ton frère; puis, viens présenter ton offrande. (Matthieu 5:24)
Présenter une offrande est un acte important d'adoration, pourtant Jésus dit de s'arrêter d'abord. Ici, la réconciliation passe avant cet acte d'adoration. Certaines personnes servent avec beaucoup de zèle à l'Église, mais rentrent chez elles et restent plusieurs jours sans parler à leur conjoint. La parole de Jésus nous rappelle que Dieu ne regarde pas seulement notre apparence devant l'autel.
Le verset 25 ajoute : « Accorde-toi promptement avec ton adversaire, pendant que tu es en chemin avec lui » (Matthieu 5:25). Jésus emploie l'image d'un procès : mieux vaut parvenir rapidement à un accord pendant que l'on est encore en chemin, avant que l'affaire ne grossisse et qu'il ne soit trop tard devant le juge. Il en va aussi ainsi des conflits conjugaux : plus ils durent, plus le cœur s'endurcit et plus il devient difficile de parler.
Paul dit : « Si vous vous mettez en colère, ne péchez point; que le soleil ne se couche pas sur votre colère » (Éphésiens 4:26), puis : « et ne donnez pas accès au diable » (Éphésiens 4:27). La colère en elle-même n'est pas nécessairement un péché ; la garder longtemps ouvre un espace à l'ennemi. Cela ne veut pas dire que tout conflit doit être résolu le jour même. Dire : « Je suis trop en colère maintenant, j'ai besoin de me calmer ; reparlons-en demain soir », puis tenir cet engagement, n'est pas la même chose que punir l'autre par le silence. Dans le premier cas, on protège la relation ; dans le second, on punit une personne.
Qui parlera en premier ? L'Évangile répond : Dieu a parlé et agi en premier. Alors même que nous étions ses ennemis, il nous a réconciliés avec lui par Christ. Celui qui a reçu cet amour premier peut faire le premier pas sans attendre l'autre : prononcer une parole ordinaire, demander pardon pour sa propre part. Celui qui parle le premier n'a pas perdu ; il apprend de son Seigneur.
L'appel à se réconcilier a aussi des limites. Si le silence de l'autre fait partie d'un contrôle — il vous interdit de sortir, refuse de donner l'argent nécessaire au foyer ou utilise le silence pour vous contraindre à céder — ou s'il y a des coups et des menaces à la maison, il ne suffit pas de « faire le premier pas ». Il faut d'abord chercher la sécurité et demander de l'aide.
1. Jésus conduit le commandement jusqu'au cœur. Aux versets 21-22, « Tu ne tueras point » est étendu à la colère et aux insultes. Dieu ne regarde pas seulement les mains ; il regarde aussi le cœur et la langue.
2. « Raca » et « Insensé ». Le texte français conserve « Raca » et traduit la seconde insulte par « Insensé ». Ces deux mots expriment le mépris envers une personne.
3. La réconciliation passe avant l'offrande. Aux versets 23-24, c'est le frère qui « a quelque chose contre toi » : l'autre nous en veut, et Jésus nous demande de prendre l'initiative. Cela ne signifie pas que l'adoration est sans importance, mais que nos relations avec les autres sont liées à notre adoration de Dieu.
4. L'image des versets 25-26. Il faut parvenir rapidement à un accord pendant que l'on est encore en chemin vers le tribunal, avant que l'affaire ne grossisse. L'accent porte sur le mot « promptement » : ne pas laisser traîner.
5. « que le soleil ne se couche pas sur votre colère » ne signifie pas que tout doit être réglé le jour même. Éphésiens 4:26 dit de ne pas pécher dans la colère et de ne pas la laisser s'enraciner. Lorsqu'il faut se calmer, on peut fixer un moment pour reprendre la conversation ; l'essentiel est de ne pas utiliser le silence pour punir.
Une parole préalable (à lire par l'animateur)
Ce qui est partagé dans le groupe ne doit pas être raconté ailleurs. Il existe toutefois une exception : s'il est question de violences en cours, de la sécurité d'un enfant ou d'une personne vulnérable, ou d'un danger immédiat de se faire du mal ou de faire du mal à quelqu'un, l'animateur ne peut pas promettre un secret absolu. En temps normal, il essaiera d'abord d'en parler avec la personne concernée et ne transmettra que les informations nécessaires à ceux qui peuvent réellement aider. Si un enfant ou une personne incapable de se protéger est concerné, ou s'il existe un danger immédiat, il ne faut pas attendre son consentement : selon la situation, contactez un pasteur, un professionnel qualifié, la police locale, les services d'urgence ou les services médicaux. En cas de danger immédiat, cherchez de l'aide sur-le-champ et ne laissez pas la personne seule.
Pour démarrer : lorsque vous vous disputiez avec un bon ami pendant votre enfance, comment vous réconciliiez-vous ensuite ? (Une personne venue pour la première fois peut aussi répondre.)
Conseil d'animation : gardez un ton léger : partager un bonbon, prêter une gomme, ou être punis ensemble par le professeur. Concluez en une phrase : enfants, nous nous réconciliions souvent très simplement ; adultes, cela devient parfois plus difficile.
Rappel de la leçon (à lire par l'animateur, environ 1 minute, pour ceux qui n'ont pas fait la préparation)
Cette leçon porte sur Matthieu 5:21-26. Jésus rappelle la parole adressée aux anciens : « Tu ne tueras point. » Puis il dit que celui qui se met en colère contre son frère mérite d'être puni, tout comme celui qui lui dit « Raca » ou « Insensé ». Lorsque tu présentes ton offrande à l'autel et que tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande devant l'autel, va d'abord te réconcilier avec lui, puis reviens présenter ton offrande. Accorde-toi promptement avec ton adversaire pendant que vous êtes encore en chemin, de peur d'être livré au juge et mis en prison. Le passage parallèle se trouve dans Éphésiens 4 : mettez-vous en colère sans pécher, que le soleil ne se couche pas sur votre colère et ne donnez pas accès au diable. Aujourd'hui, nous parlerons ensemble de la manière de sortir d'une guerre froide à la maison.
1. Lisez les versets 21-22. Jusqu'où Jésus conduit-il le commandement « Tu ne tueras point » ?
Conseil d'animation : jusqu'à la colère contre son frère et aux insultes « Raca » et « Insensé ». Vous pouvez expliquer brièvement que ces deux mots sont des insultes.
2. Lisez les versets 23-24. Lorsque tu présentes ton offrande et te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, que te demande Jésus ?
Conseil d'animation : laisser l'offrande devant l'autel, aller d'abord se réconcilier avec son frère, puis revenir présenter l'offrande.
3. Lisez les versets 25-26, puis Éphésiens 4:26-27. Pourquoi Jésus dit-il d'agir « promptement » ? Que dit Paul au sujet de la colère ?
Conseil d'animation : il faut parvenir à un accord pendant que l'on est encore en chemin, avant que l'affaire ne grossisse. Paul dit de ne pas pécher dans la colère, de ne pas laisser le soleil se coucher sur elle et de ne pas donner accès au diable.
4. Jésus place la colère et les insultes sous le commandement « Tu ne tueras point ». Dans une guerre froide, aucune insulte n'est prononcée ; pourquoi peut-elle pourtant se trouver sur la même ligne ? Qu'est-ce qu'elle refroidit peu à peu dans un foyer ?
Conseil d'animation : c'est la question centrale de la leçon ; prenez le temps. Sous la guerre froide se trouve souvent une colère que l'on refuse de lâcher, une attitude qui dit : « Tu ne mérites même pas que je te parle. » Elle refroidit la confiance et l'intimité, ainsi que le sentiment de sécurité des enfants. Jésus regarde le cœur : l'absence de cris et d'insultes ne signifie donc pas que tout va bien.
5. « va d'abord te réconcilier avec ton frère; puis, viens présenter ton offrande. » Pourquoi Jésus place-t-il la réconciliation avant l'offrande ? Que révèle le fait de servir avec zèle à l'Église tout en restant plusieurs jours sans parler à son conjoint ?
Conseil d'animation : Dieu relie nos relations avec les autres à notre adoration de lui. Cela ne signifie pas que l'adoration est sans importance, mais qu'elle ne peut pas remplacer la réconciliation. Le contraste entre un service zélé à l'Église et une guerre froide à la maison nous appelle à revenir devant Dieu et à traiter d'abord ce qui se passe dans notre foyer.
6. (Question facultative, si le temps le permet.) Quels signes permettent de distinguer un temps de calme provisoire du silence utilisé pour punir l'autre ?
Conseil d'animation : dans un temps de calme provisoire, on exprime son besoin de se calmer, on fixe un moment pour reprendre la conversation et on tient cet engagement : cela protège la relation. Punir par le silence, c'est ne rien expliquer, ne proposer aucun moment pour reparler et se servir du silence pour forcer l'autre à céder. Éphésiens 4:26 ne signifie pas que tout doit être réglé le jour même, mais que la colère ne doit pas s'enraciner.
7. Après une dispute, quelle forme de « froid » est-ce que j'utilise le plus souvent ? (Ne plus parler, dormir séparément, ne pas répondre aux messages, faire transmettre les paroles par les enfants… Chacun parle de lui-même. Ceux qui ne veulent pas parler peuvent simplement écouter ; une personne venue pour la première fois peut aussi répondre.)
Conseil d'animation : commencez par votre propre exemple. Écoutez seulement, sans commenter ni tirer de conclusion sur la famille des autres.
8. Cette semaine, quel premier pas êtes-vous prêt à faire ?
Conseil d'animation : allez vers du concret : prononcer d'abord une parole ordinaire, demander pardon pour sa propre part, fixer un moment pour parler calmement, ne plus faire porter les messages par les enfants. Le plan d'action qui suit va dans ce sens.
Demandez à un membre de lire lentement Matthieu 5:23-24, puis Éphésiens 4:26-27, et gardez une minute de silence. Chacun se demande intérieurement : y a-t-il quelqu'un avec qui je devrais d'abord chercher la réconciliation ? Ceux qui le souhaitent peuvent prier une ou deux phrases : confesser leur colère, demander à Dieu le courage de parler en premier ou intercéder pour les familles enfermées dans une guerre froide. Ceux qui ne veulent pas parler peuvent prier en silence ; c'est aussi une prière. Une personne venue pour la première fois peut simplement écouter, sans devoir prier ni prendre position. À la fin, l'animateur rassemble les prières et intercède pour les familles présentes. Les sujets de prière restent dans le groupe ; les situations sensibles ne sont ni enregistrées dans l'application ni partagées dans la messagerie du groupe. Pour un suivi ordinaire, demandez d'abord l'accord de la personne, puis notez en privé une ou deux phrases strictement nécessaires. Si la sécurité d'un enfant ou d'une personne incapable de se protéger est en jeu, ou s'il existe un danger immédiat de se faire du mal ou de faire du mal à autrui, n'attendez pas son consentement : contactez immédiatement les services d'urgence, la police ou un service de protection compétent.
Vous pouvez commencer ainsi (orientation de prière) :
Père céleste, lorsque nous étions Tes ennemis, Tu nous as réconciliés avec Toi par Christ. Nous reconnaissons que nous cachons souvent notre colère dans le silence, que nous punissons par notre froideur la personne qui nous est la plus proche et que nous faisons souffrir les enfants pris entre nous. Pardonne-nous, adoucis notre cœur et donne-nous le courage de parler en premier. Protège aussi ceux qui sont enfermés dans le silence utilisé comme violence et comme contrôle ; donne-leur sécurité et une issue. Au nom de Jésus, amen.
Après la prière, chacun choisit une seule action ci-dessous pour cette semaine. Une suffit ; si vous ne savez pas encore laquelle choisir, ce n'est pas grave.
Il n'est pas nécessaire de la noter ni d'en rendre compte. Ceux qui le souhaitent pourront en parler à la prochaine rencontre. Si vous n'avez pas réussi, apportez à Dieu dans la prière ce qui vous a bloqué.
Si les deux époux ont participé, chacun réfléchit d'abord de son côté, puis partage ses réponses avec l'autre à la maison. Si une seule personne est venue, elle peut simplement réfléchir à la première question et la porter dans la prière.
Pendant l'échange, l'un parle et l'autre écoute sans interrompre ni se justifier. Décidez ensemble de la réponse à la seconde question et écrivez-la sur une feuille. S'il y a à la maison des coups, des menaces, un contrôle de l'argent ou des papiers, une interdiction de voir d'autres personnes, ou si l'un des deux craint des représailles après avoir parlé, ne faites pas cet exercice et ne l'utilisez pas pour organiser une négociation ou une confrontation. Cherchez d'abord de l'aide seul, comme indiqué dans le plan d'action.
Vous pouvez choisir la leçon « Quand la colère monte » de la série « La sanctification de nos réactions émotionnelles » (Jonas 4), ou la leçon « Après un conflit, la réconciliation reste possible » de la série « Communication et relations proches » (Genèse 33:1-11).