Les vieux comptes de plusieurs décennies · Petits groupes

Vieillir ensemble : le couple dans le grand âge, Leçon 3. Lire Colossiens 3:12-15. Les blessures de jeunesse, l'attitude de la belle-famille et les années où le conjoint s'occupait peu du foyer reviennent encore dans les reproches du grand âge.

Passage principal : Colossiens 3:12-15

L'épître aux Colossiens dit : « De même que Christ vous a pardonné, pardonnez-vous aussi. » Les anciennes blessures de plusieurs dizaines d'années peuvent encore faire mal dans la vieillesse. Pardonner ne signifie pas faire comme si rien ne s'était passé. Parce que Christ nous a pardonné, nous pouvons lui remettre encore et encore ce registre de dettes, afin que sa paix règne dans notre cœur.

Introduction

Une dispute entre deux époux âgés commence aujourd'hui et remonte vite à trente ans auparavant : le regard de la belle-mère pendant le mois qui a suivi la naissance de l'enfant ; ces années où il faisait des affaires loin de la maison pendant qu'elle portait seule toutes les responsabilités ; l'argent qu'elle avait prêté de sa propre initiative à son frère et qui n'a jamais été rendu. Quand ils étaient jeunes, ils étaient trop occupés pour s'y arrêter et ont tout gardé en eux. Avec l'âge et davantage de temps libre, ces événements remontent un à un et deviennent de plus en plus précis dans leur mémoire.

Quelqu'un dira : « J'ai dit que je lui pardonnais, mais le registre est toujours resté ouvert dans mon cœur. » À force de ressortir les vieilles dettes, les deux se fatiguent. L'un pense : « Après toutes ces années, tu en parles encore ? » L'autre répond intérieurement : « Tu n'as jamais reconnu ce que tu as fait. » Tant que le compte reste ouvert, il manque toujours quelque chose à leur vie commune.

Colossiens 3 commence par rappeler qui nous sommes, avant de dire comment nous traiter les uns les autres :

Ainsi donc, comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés, revêtez-vous d'entrailles de miséricorde, de bonté, d'humilité, de douceur, de patience. (Colossiens 3:12)

Choisis par Dieu, mis à part pour lui et bien-aimés : voilà comment Paul appelle les croyants avant toute exigence. Le verbe traduit par « revêtez-vous » est le même qu'au verset 10, où il parle d'avoir « revêtu l'homme nouveau ». C'est comme enfiler chaque matin un vêtement et se revêtir de ces dispositions du cœur.

Paul aborde ensuite les dettes qui existent entre les personnes :

Supportez-vous les uns les autres, et, si l'un a sujet de se plaindre de l'autre, pardonnez-vous réciproquement. De même que Christ vous a pardonné, pardonnez-vous aussi. (Colossiens 3:13)

L'expression « a sujet de se plaindre » évoque une réclamation ou une accusation. Dans le contexte de cette leçon, nous pouvons la comparer à une dette inscrite dans notre cœur contre quelqu'un. Paul ne prétend pas que les croyants ou les époux n'auront jamais rien à se reprocher. Il dit ce qu'il faut faire lorsque cela arrive : se supporter et se pardonner réciproquement. La mesure et la source du pardon se trouvent dans ces mots : « De même que Christ vous a pardonné. » Nous avions envers Dieu une dette impossible à rembourser, et Christ l'a portée pour nous à la croix. Le pardon du Seigneur est le fondement sur lequel nous apprenons à pardonner et la source de notre force. Cette force ne vient pas d'un effort désespéré ; le Saint-Esprit la fait grandir peu à peu dans le cœur de ceux qui se savent aimés.

Pardonner ne signifie pas faire comme si rien ne s'était passé. Cela comprend le renoncement à la vengeance personnelle et à l'usage des vieilles fautes pour contrôler l'autre, ainsi que le choix de remettre le jugement final à Dieu. Mais pardonner n'oblige pas à dire : « Ce n'était pas grave. » Cela n'empêche ni de dire la vérité, ni de demander que l'autre assume sa responsabilité et répare le mal, ni d'appeler la police ou de rechercher une protection juridique. Cela ne signifie pas non plus que toute la confiance revient en une seule nuit. Une blessure vieille de plusieurs dizaines d'années doit parfois être apportée au Seigneur à de nombreuses reprises. Inversement, celui qui a blessé l'autre peut aider davantage en disant précisément : « Ce jour-là, j'ai eu tort », sans se justifier ni ajouter : « Moi aussi, j'avais mes raisons », qu'en fournissant dix années d'explications.

Mais par-dessus toutes ces choses revêtez-vous de la charité, qui est le lien de la perfection. (Colossiens 3:14)

La phrase suivante dit : « Et que la paix de Christ […] règne dans vos coeurs » (Colossiens 3:15). Le verbe traduit par « règne » évoque aussi la décision d'un arbitre. Quand deux voix se disputent dans le cœur — l'une dit : « Cette dette ne peut pas être effacée ainsi », l'autre rappelle : « Le Seigneur m'a pardonné » — laissons la paix de Christ trancher. Paul ajoute encore : « Et soyez reconnaissants. » Après toutes ces années, il n'y a pas seulement des dettes ; il y a aussi beaucoup de grâces pour lesquelles rendre grâce.

L'épître aux Éphésiens contient une parole semblable : « Que toute amertume, toute animosité, toute colère, toute clameur, toute calomnie, et toute espèce de méchanceté, disparaissent du milieu de vous » (Éphésiens 4:31), puis : « Soyez bons les uns envers les autres, compatissants, vous pardonnant réciproquement, comme Dieu vous a pardonné en Christ » (Éphésiens 4:32).

Il faut encore le dire clairement : pardonner ne signifie pas continuer à subir du mal. Si le mal subi autrefois se poursuit aujourd'hui — coups, insultes menaçantes, contrôle de l'argent qui empêche de l'utiliser — il faut d'abord chercher la sécurité et de l'aide. Le pardon n'annule pas non plus la responsabilité de celui qui a causé le mal. La responsabilité et le renoncement à la haine peuvent exister ensemble.

Notes d’étude

1. L'identité vient avant la manière de traiter les autres. Le verset 12 commence par « Ainsi donc », puis appelle les croyants « élus de Dieu, saints et bien-aimés » avant de leur demander de se revêtir de miséricorde et de bonté. Notre manière de traiter les autres découle de la manière dont Dieu nous a traités.

2. Le verbe signifie « se revêtir ». C'est le même verbe qu'au verset 10, où il est question d'avoir « revêtu l'homme nouveau ». Ces dispositions du cœur ressemblent à un vêtement qu'il faut enfiler chaque jour.

3. L'expression « a sujet de se plaindre ». Elle évoque une réclamation ou une accusation. Paul ne suppose pas que les croyants n'auront jamais rien à se reprocher ; il leur dit quoi faire lorsque cela arrive.

4. La mesure et la source du pardon. « De même que Christ vous a pardonné, pardonnez-vous aussi » : le pardon de Christ précède le nôtre. La prière du Seigneur relie également ces deux réalités (Matthieu 6:12).

5. Le verbe « règne » peut aussi évoquer la décision d'un arbitre. Le verset 15 demande que la paix de Christ règne dans notre cœur et ajoute : « Et soyez reconnaissants. »

Discussion

Ouverture (environ 10 minutes)

Pour commencer (l'animateur lit)

Ce qui est dit dans le groupe ne doit pas être raconté ailleurs. Il y a toutefois une exception : si quelqu'un subit actuellement des violences, si la sécurité d'un enfant ou d'une personne vulnérable est menacée, ou s'il existe un danger immédiat qu'une personne se blesse ou blesse quelqu'un d'autre, l'animateur ne peut pas promettre une confidentialité totale. En règle générale, il essaiera d'abord d'en parler avec la personne concernée et ne transmettra que les renseignements nécessaires à ceux qui peuvent apporter une aide réelle. S'il s'agit d'un enfant, d'une personne incapable de se protéger ou d'un danger immédiat, il n'attendra pas son consentement. Selon la situation, il contactera un pasteur, un professionnel qualifié, la police locale, les services d'urgence ou les services médicaux. En cas de danger immédiat, demandez de l'aide sur-le-champ et ne laissez pas la personne seule.

Mise en route : y a-t-il dans votre famille un vieil objet utilisé depuis plusieurs dizaines d'années et que personne ne veut jeter ? (Une personne venue pour la première fois peut aussi répondre.)

Conseil pour l'animateur : gardez un ton léger : une machine à coudre, une tasse émaillée, un vieux manteau. Concluez en une phrase : certains vieux objets sont de précieux souvenirs ; d'autres réalités anciennes deviennent de plus en plus lourdes lorsqu'elles restent dans notre cœur.

Rappel de la leçon (l'animateur lit ; environ 1 minute, pour ceux qui ne l'ont pas préparée)

Cette leçon porte sur Colossiens 3:12-15. Paul dit : comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés, revêtez-vous d'entrailles de miséricorde, de bonté, d'humilité, de douceur et de patience. Si l'un a sujet de se plaindre de l'autre, supportez-vous et pardonnez-vous réciproquement ; de même que Christ vous a pardonné, pardonnez-vous aussi. Par-dessus tout, revêtez-vous de la charité, qui est le lien de la perfection. Que la paix de Christ règne dans vos cœurs, et soyez reconnaissants. Le passage parallèle se trouve en Éphésiens 4 : que toute amertume, toute animosité et toute colère disparaissent ; soyez bons et compatissants, vous pardonnant comme Dieu vous a pardonné en Christ. Aujourd'hui, nous parlerons de la manière de remettre au Seigneur un registre de dettes vieux de plusieurs dizaines d'années.

Observation

1. Lisez le verset 12. Comment Paul appelle-t-il d'abord les croyants ? De quelles dispositions doivent-ils ensuite se revêtir ?

Conseil pour l'animateur : ils sont les élus de Dieu, saints et bien-aimés. Ils doivent se revêtir de miséricorde, de bonté, d'humilité, de douceur et de patience. Vous pouvez préciser que le verbe signifie « se revêtir ».

2. Lisez le verset 13. Que demande Paul lorsqu'une personne a sujet de se plaindre d'une autre ? Quelle est la mesure du pardon ?

Conseil pour l'animateur : se supporter et se pardonner réciproquement ; de même que Christ nous a pardonné, nous devons pardonner.

3. Lisez les versets 14-15, puis Éphésiens 4:31-32. De quoi faut-il se revêtir par-dessus tout ? Qu'est-ce qui doit régner dans notre cœur ? Quelles réalités l'épître aux Éphésiens demande-t-elle de faire disparaître ?

Conseil pour l'animateur : il faut se revêtir de la charité ; la paix de Christ doit régner dans notre cœur, et nous devons être reconnaissants. Il faut faire disparaître toute amertume, animosité, colère, clameur, calomnie et toute espèce de méchanceté.

Interprétation

4. « De même que Christ vous a pardonné, pardonnez-vous aussi. » D'où vient la force de pardonner ? Pourquoi le pardon de Christ est-il le fondement de notre pardon envers les autres ?

Conseil pour l'animateur : c'est la question centrale ; accordez-lui du temps. Nous avions envers Dieu une dette impossible à rembourser, et Christ l'a portée pour nous à la croix. Quand nous nous souvenons de la grandeur du pardon reçu, le registre de notre cœur peut commencer à se fermer. Ce n'est pas une générosité produite par la seule volonté ; le Saint-Esprit l'accomplit dans le cœur de ceux qui se savent aimés. Voilà pourquoi le verset 12 commence par rappeler qui nous sommes.

5. Pardonner signifie-t-il faire comme si rien ne s'était passé ? Quelle différence y a-t-il entre le pardon, la réconciliation et le rétablissement de la confiance ?

Conseil pour l'animateur : pardonner signifie renoncer à la vengeance personnelle et à l'usage des vieilles fautes pour contrôler l'autre, tout en remettant le jugement final à Dieu. Il n'est pas nécessaire de dire : « Ce n'était pas grave. » Le pardon n'annule pas la vérité, la responsabilité, la réparation, l'appel à la police ou la protection juridique. La réconciliation exige l'engagement des deux personnes et le changement de celle qui a fait du mal. La confiance se reconstruit lentement. Si le mal se poursuit, cherchez d'abord la sécurité ; le pardon n'est jamais une raison de continuer à le subir.

6. (Question facultative, si vous avez le temps.) Pourquoi les événements vieux de plusieurs dizaines d'années remontent-ils parfois davantage dans la vieillesse ? Qu'attend peut-être une personne qui ressort constamment les vieux comptes ?

Conseil pour l'animateur : avec l'âge et davantage de temps libre, on regarde plus souvent en arrière. Une blessure jamais entendue ou une faute jamais reconnue reste ouverte. La personne attend parfois une parole simple : « Ce jour-là, tu as souffert » ou « Ce jour-là, j'ai eu tort. » Nommer ce besoin ouvre davantage de possibilités que recompter sans cesse les fautes.

Application

7. Y a-t-il dans votre cœur un « vieux registre » ? Sans en révéler le contenu, voulez-vous dire quel poids il a pour vous ? (Vous pouvez dire seulement s'il existe ou non, ou simplement écouter. Une personne venue pour la première fois peut aussi répondre.)

Conseil pour l'animateur : écoutez sans demander ce qui s'est passé et sans commenter la famille de la personne. Remerciez celui qui accepte de parler. Si quelqu'un commence à énumérer les fautes de son conjoint, ramenez-le doucement à ce que cette affaire produit dans son propre cœur. Mais s'il parle de violence, de menaces ou de contrôle, ne le ramenez pas ainsi à lui-même ; appliquez les consignes de sécurité données plus haut.

8. Cette semaine, comment voulez-vous apporter au Seigneur une ancienne dette ? Si vous avez blessé quelqu'un, accepteriez-vous de reconnaître précisément votre faute ?

Conseil pour l'animateur : cette reconnaissance doit se faire seulement si la relation est sûre. Elle doit être précise, sans justification et sans exiger de réponse ou de pardon immédiat. Si l'autre continue à faire du mal, n'organisez pas une rencontre pour présenter des excuses ; protégez d'abord la sécurité. Le plan d'action ci-dessous suit ces pistes.

Prière et mise en pratique

Prier ensemble (environ 15 minutes)

Demandez à quelqu'un de lire lentement Colossiens 3:12-15, puis gardez deux minutes de silence. Chacun peut parler intérieurement au Seigneur d'une dette ancienne qu'il n'arrive pas à lâcher. Ceux qui le souhaitent prient en une ou deux phrases : pour remercier Dieu de leur avoir pardonné, demander son aide pour pardonner ou recevoir le courage de reconnaître une faute. Celui qui ne veut pas parler peut prier en silence ; une personne venue pour la première fois peut simplement écouter, sans prier ni prendre position. L'animateur conclut en priant pour les familles représentées dans le groupe. Les sujets de prière restent dans le groupe ; les questions sensibles ne sont ni enregistrées dans l'application ni publiées dans une conversation de groupe. Pour assurer un suivi, demandez d'abord l'accord de la personne et ne notez en privé qu'une ou deux phrases nécessaires. Si la sécurité d'un enfant ou d'une personne incapable de se protéger est menacée, ou s'il existe un danger immédiat d'automutilation ou de violence envers autrui, n'attendez pas son consentement : contactez aussitôt les services d'urgence, la police locale ou un organisme de protection compétent.

Vous pouvez commencer ainsi (orientation pour la prière) :

Seigneur, notre dette envers Toi dépassait tout ce que nous pouvions rembourser, et Tu l'as entièrement portée à la croix. Merci de nous appeler Tes bien-aimés. Certains vieux comptes font encore mal après des dizaines d'années ; Tu les connais tous. Aide-nous à Te les remettre, à ne plus les laisser nous contrôler et à renoncer à la vengeance personnelle. Donne aussi à ceux d'entre nous qui ont blessé quelqu'un le courage de reconnaître précisément leur faute. Que la paix de Christ règne dans notre cœur et rends-nous reconnaissants. Protège ceux qui subissent encore du mal aujourd'hui ; conduis-les vers la sécurité et vers une aide réelle. Au nom de Jésus. Amen.

Plan d'action de la semaine (environ 5 minutes)

Après la prière, chacun choisit une seule action ci-dessous pour cette semaine. Une seule suffit, et il n'y a aucun problème si vous ne savez pas encore laquelle choisir.

Vous n'avez pas à la noter ni à en rendre compte. Si vous le souhaitez, vous pourrez en reparler lors de la prochaine rencontre. Si vous ne l'avez pas faite, apportez simplement à Dieu dans la prière ce qui vous a arrêté.

À la maison : un exercice à deux

Si votre conjoint est venu avec vous, prenez chacun le temps de réfléchir à ces questions chez vous. Gardez la première réponse pour vous et apportez-la à Dieu dans la prière ; ne l'échangez pas. Plus tard, si vous souhaitez en parler et si vous êtes certain que la relation est sûre, vous pourrez décider de la partager. Lorsque vous êtes prêt pour la deuxième question, partagez votre réponse. Si vous êtes venu seul, vous pouvez réfléchir seulement à la deuxième question et l'apporter à Dieu dans la prière.

  1. Y a-t-il une situation ancienne pour laquelle j'espère encore entendre l'autre me dire : « Pardon » ? (Vous pouvez l'écrire seulement pour vous.)
  2. Y a-t-il une situation ancienne pour laquelle je voudrais dire à l'autre : « Pardon » ?

Seule la deuxième réponse est échangée. L'un parle et l'autre écoute, sans se justifier ni faire ressortir une autre faute. Si les mots sont difficiles à prononcer, vous pouvez les écrire sur une feuille. Si l'un devient trop bouleversé, arrêtez-vous et reprenez une autre fois. S'il y a à la maison des coups, des menaces, un contrôle de l'argent ou des papiers, une interdiction de voir certaines personnes, ou si l'un craint que cette conversation provoque des représailles, ne faites pas cet exercice. Ne l'utilisez pas non plus pour organiser une négociation ou une confrontation ; demandez d'abord de l'aide de votre côté, en suivant l'action correspondante de la liste.

Pour poursuivre la discussion

Vous pouvez choisir la leçon « Pardon et restauration, avec la sécurité nécessaire » dans la série « Vivre l'harmonie dans le couple » (Matthieu 18:21-35), ou la leçon « Après un conflit, la réconciliation reste possible » dans la série « Communication et relations proches » (Genèse 33:1-11).

Guide de l’animateur