Quand les enfants sont partis et que nous restons seuls à la maison · Petits groupes

Vieillir ensemble : le couple dans le grand âge, Leçon 1. Lire Ecclésiaste 4:7-12. Après le mariage et le départ des enfants, la maison devient soudain silencieuse et le couple découvre qu'il a peu de choses à se dire.

Passage principal : Ecclésiaste 4:7-12

L'Ecclésiaste dit : « Deux valent mieux qu'un » ; si l'un tombe, l'autre le relève, et si deux couchent ensemble, ils ont chaud. Même après le départ des enfants, les époux âgés restent les compagnons que Dieu a donnés l'un à l'autre. Dans la grâce de Christ, ils peuvent se tenir ensemble devant Dieu et réapprendre à cheminer côte à côte.

Introduction

Le dernier enfant est parti avec ses valises dans une autre ville, ou il s'est marié et a emménagé dans son propre logement. Le jour de son départ, la maison a été soigneusement rangée et le dîner n'a été préparé que pour deux. Pendant des dizaines d'années, toute la vie tournait autour des enfants : les conduire, les cours supplémentaires, les examens, la recherche d'un emploi, le mariage et l'achat d'un logement. Soudain, il n'y a presque plus rien à organiser. Les deux époux sont assis de part et d'autre de la table ; la télévision est allumée, mais personne ne parle. Dans d'autres familles, l'un des conjoints va en ville garder les petits-enfants chez leur fille tandis que l'autre reste au village pour surveiller la maison. Ils ne se voient que quelques fois par an, et au téléphone, ils ne parlent que des enfants.

À ce stade de la vie, une question surgit souvent : pourquoi avons-nous tant couru pendant toutes ces années ? Que nous reste-t-il à vivre ensemble ? Dans Ecclésiaste 4, un homme se pose une question assez semblable. L'Ecclésiaste voit sous le soleil un homme seul, sans fils ni frère, qui travaille sans fin et dont les yeux ne sont jamais rassasiés de richesses. Cet homme se demande :

Pour qui donc est-ce que je travaille, et que je prive mon âme de jouissances? (Ecclésiaste 4:8)

L'Ecclésiaste dit que cela aussi est vanité et une chose mauvaise. Il poursuit par des paroles très simples :

Deux valent mieux qu'un, parce qu'ils retirent un bon salaire de leur travail. (Ecclésiaste 4:9)

Car, s'ils tombent, l'un relève son compagnon; mais malheur à celui qui est seul et qui tombe, sans avoir un second pour le relever! (Ecclésiaste 4:10)

Ce passage ne traite pas uniquement du mariage, mais de toute forme de compagnonnage : travailler ensemble, voyager ensemble ou habiter sous le même toit. Pourtant, ces paroles prennent une force particulière pour deux époux qui vieillissent ensemble. Avec l'âge, tomber n'est souvent pas seulement une image : on glisse en se levant la nuit, on oublie un médicament contre l'hypertension, on fait la queue à l'hôpital sans retrouver le bon service. Avoir quelqu'un à ses côtés est alors une grâce très concrète. L'Ecclésiaste ajoute : « De même, si deux couchent ensemble, ils auront chaud; mais celui qui est seul, comment aura-t-il chaud? » (Ecclésiaste 4:11). Dans l'Antiquité, les nuits étaient froides et les personnes se serraient les unes contre les autres pour se réchauffer. C'est une scène très concrète qui exprime aussi la chaleur d'une vie où l'on dépend l'un de l'autre.

La dernière phrase du verset 12 est souvent lue lors des mariages : « la corde à trois fils ne se rompt pas facilement » (Ecclésiaste 4:12). Beaucoup expliquent que le troisième fil représente Dieu. C'est une application ultérieure ; le texte lui-même affirme que plus les compagnons sont nombreux, plus il est difficile de les vaincre. Cette application reste possible, à condition de la présenter comme telle. Elle indique aussi une réalité : la force de deux personnes reste limitée, et c'est Dieu lui-même qui nous soutient jusqu'au bout.

Au début de l'Évangile selon Luc, nous rencontrons un couple âgé :

Tous deux étaient justes devant Dieu, observant d'une manière irréprochable tous les commandements et toutes les ordonnances du Seigneur. (Luc 1:6)

Ils n'avaient pas d'enfant et « ils étaient l'un et l'autre avancés en âge » (Luc 1:7). Ils avaient vécu de longues années sans enfant et étaient tous deux âgés. Plus tard, lorsqu'Élisabeth devient enceinte, elle dit que le Seigneur a jeté les yeux sur elle « pour ôter mon opprobre parmi les hommes » (Luc 1:25), ce qui montre combien ce manque avait pesé sur elle. Pourtant, lorsque Luc les présente, il parle d'abord de leur vie commune devant Dieu : le manque est là, mais leur crainte de Dieu et leur obéissance à sa voie le sont aussi.

La présence ou l'absence des enfants ne détermine pas la valeur d'un couple devant Dieu. Christ a donné sa propre vie pour racheter la nôtre. Nous sommes aimés parce qu'il nous a aimés le premier, non parce que nous avons parfaitement élevé nos enfants ou parce que notre conjoint dépend encore de nous. Enracinés dans cette grâce, des époux âgés peuvent redevenir compagnons : marcher ensemble, prendre leurs repas ensemble, lire quelques versets, tendre la main quand l'autre tombe et remonter sa couverture quand il a froid la nuit.

Il y a peut-être dans le groupe des personnes dont le conjoint est décédé ou vit loin, et des couples dont la santé ne leur permet plus de prendre soin l'un de l'autre. Le passage de l'Ecclésiaste leur apporte également une consolation : les compagnons que Dieu place auprès de nous comprennent aussi nos enfants, nos voisins et nos frères et sœurs dans l'Église. L'Église est précisément un peuple où nous pouvons nous relever les uns les autres.

Notes d’étude

1. Commencez par l'homme seul des versets 7-8. L'Ecclésiaste dit qu'il n'a ni fils ni frère, que son travail n'a pas de fin et que ses yeux ne sont jamais rassasiés de richesses. Il finit par se demander pour qui il travaille. La parole du verset 9, « Deux valent mieux qu'un », répond à cette scène.

2. Le passage parle de toute forme de compagnonnage. Ecclésiaste 4 ne traite pas exclusivement du mariage. Travailler avec un bon résultat, être relevé après une chute, avoir chaud en dormant et résister ensemble à une attaque peuvent concerner des amis, des collègues ou une famille. Ces paroles conviennent particulièrement bien aux époux qui vieillissent ensemble.

3. « si deux couchent ensemble, ils auront chaud » est une image très concrète. Dans le Proche-Orient ancien, les nuits étaient souvent froides. Voyageurs et membres d'une même famille se serraient les uns contre les autres pour se réchauffer. Le texte parle d'une chaleur physique, tout en montrant le poids réel du soutien mutuel.

4. « La corde à trois fils ». Passer de un à deux, puis à trois, est une progression courante dans les livres de sagesse : plus les compagnons sont nombreux, plus ils sont solides. Lors d'un mariage, on dit souvent que le troisième fil représente Dieu. C'est une application ultérieure, non le sens explicite du texte.

5. Le couple âgé de Luc 1:6-7. Zacharie et Élisabeth sont présentés ainsi : « Tous deux étaient justes devant Dieu […] » ; ils étaient aussi « l'un et l'autre avancés en âge ». Leur vie connaissait un manque ancien (Luc 1:25), mais Luc commence par décrire la manière dont ils se tenaient ensemble devant Dieu.

Discussion

Ouverture (environ 10 minutes)

Pour commencer (l'animateur lit)

Ce qui est dit dans le groupe ne doit pas être raconté ailleurs. Il y a toutefois une exception : si quelqu'un subit actuellement des violences, si la sécurité d'un enfant ou d'une personne vulnérable est menacée, ou s'il existe un danger immédiat qu'une personne se blesse ou blesse quelqu'un d'autre, l'animateur ne peut pas promettre une confidentialité totale. En règle générale, il essaiera d'abord d'en parler avec la personne concernée et ne transmettra que les renseignements nécessaires à ceux qui peuvent apporter une aide réelle. S'il s'agit d'un enfant, d'une personne incapable de se protéger ou d'un danger immédiat, il n'attendra pas son consentement. Selon la situation, il contactera un pasteur, un professionnel qualifié, la police locale, les services d'urgence ou les services médicaux. En cas de danger immédiat, demandez de l'aide sur-le-champ et ne laissez pas la personne seule.

Mise en route : quand vous étiez jeune, comment imaginiez-vous votre vieillesse ? (Une personne venue pour la première fois peut aussi répondre.)

Conseil pour l'animateur : gardez un ton léger et acceptez les sourires. Certains rêvaient de voyager dans tout le pays ; d'autres voulaient seulement un petit jardin où cultiver des légumes. Cette question introduit la vie après la retraite, sans parler immédiatement du mariage.

Rappel de la leçon (l'animateur lit ; environ 1 minute, pour ceux qui ne l'ont pas préparée)

Cette leçon porte sur Ecclésiaste 4:7-12. L'Ecclésiaste voit sous le soleil un homme seul, sans fils ni frère, qui travaille sans fin et dont les yeux ne sont jamais rassasiés de richesses. Il se demande : pour qui donc est-ce que je travaille et prive mon âme de jouissances ? L'Ecclésiaste poursuit : deux valent mieux qu'un, car ils retirent un bon salaire de leur travail ; si l'un tombe, l'autre relève son compagnon, mais malheur à celui qui tombe sans avoir un second pour le relever ; si deux couchent ensemble, ils auront chaud, mais comment celui qui est seul aura-t-il chaud ? Si quelqu'un est plus fort qu'un seul, les deux peuvent lui résister, et la corde à trois fils ne se rompt pas facilement. Le passage parallèle se trouve en Luc 1 : Zacharie et Élisabeth étaient tous deux justes devant Dieu, mais ils n'avaient pas d'enfant et étaient l'un et l'autre avancés en âge. Aujourd'hui, nous parlerons de la manière dont deux époux peuvent rester compagnons après le départ des enfants.

Observation

1. Lisez les versets 7-8. Quel genre d'homme l'Ecclésiaste voit-il ? Quelle question cet homme se pose-t-il ?

Conseil pour l'animateur : il est seul, sans fils ni frère, travaille sans fin et ses yeux ne sont jamais rassasiés de richesses. Il se demande pour qui il travaille ainsi et se prive de jouissances. L'Ecclésiaste dit que c'est encore une vanité et une chose mauvaise.

2. Lisez les versets 9-12. Quels avantages l'Ecclésiaste voit-il au fait d'être deux ?

Conseil pour l'animateur : ils retirent un bon salaire de leur travail ; si l'un tombe, l'autre le relève ; ils ont chaud en couchant ensemble ; si quelqu'un les attaque, ils peuvent lui résister ensemble. La dernière phrase dit que la corde à trois fils ne se rompt pas facilement.

3. Lisez Luc 1:5-7. Comment Luc présente-t-il Zacharie et Élisabeth ? Quel manque a marqué leur vie ?

Conseil pour l'animateur : ils étaient tous deux justes devant Dieu, observant d'une manière irréprochable les commandements et les ordonnances du Seigneur. Mais ils n'avaient pas d'enfant et étaient tous deux avancés en âge. En 1:25, Élisabeth dit que le Seigneur a ôté son opprobre parmi les hommes, ce qui montre que ce manque durait depuis longtemps.

Interprétation

4. L'homme des versets 7-8 a travaillé toute sa vie avant de se demander pour qui il faisait tout cela. Après le départ des enfants, beaucoup se posent une question semblable. Pourquoi l'Ecclésiaste ajoute-t-il aussitôt : « Deux valent mieux qu'un » ? Quel don de Dieu le compagnonnage représente-t-il ?

Conseil pour l'animateur : c'est la question centrale ; accordez-lui du temps. L'Ecclésiaste oppose l'homme qui travaille seul à celui qui a un compagnon. Seul, même un travail sans fin tombe dans la vanité ; avec un compagnon, le travail produit un bon résultat et celui qui tombe est relevé. En Genèse 2:18, Dieu lui-même dit qu'il n'est pas bon que l'homme soit seul. Pour des époux âgés, rester compagnons est encore un don de Dieu sur la dernière partie du chemin, non un simple reste de vie après le départ des enfants.

5. Que signifie « la corde à trois fils ne se rompt pas facilement » dans le texte lui-même ? Comment peut-on l'appliquer au mariage, et quelle erreur faut-il éviter ?

Conseil pour l'animateur : le texte progresse de un à deux, puis à trois, pour dire que plus les compagnons sont nombreux, plus ils sont solides. Présenter Dieu comme le troisième fil est une application possible si on la nomme comme telle. Il faut éviter d'en faire un slogan selon lequel un couple « avec Dieu » ne rencontrerait plus de difficulté. Dieu nous soutient, mais les difficultés demeurent.

6. (Question facultative, si vous avez le temps.) Zacharie et Élisabeth connaissaient un manque ancien, mais le texte dit d'abord qu'ils étaient tous deux justes devant Dieu. Quelle différence y a-t-il entre se tenir ensemble devant Dieu et simplement habiter sous le même toit ?

Conseil pour l'animateur : se tenir ensemble devant Dieu, c'est recevoir chacun et ensemble sa grâce et vivre devant lui avec responsabilité : prier ensemble, participer au culte et lui apporter le manque. Le texte ne dit pas qu'ils n'étaient jamais tristes ; il montre que leur manque ne les avait pas éloignés de Dieu.

Application

7. Dans votre vie, que signifie : « quelqu'un me relève quand je tombe » ? Qui vous a soutenu au fil des années, et qui avez-vous soutenu ? (Il peut s'agir d'un conjoint, d'un membre de la famille, d'un voisin ou de quelqu'un de l'Église. Vous pouvez aussi parler seulement de ce que vous avez observé ; une personne venue pour la première fois peut répondre.)

Conseil pour l'animateur : cette question ne se limite volontairement pas au mariage, afin que les veufs et les personnes seules puissent aussi répondre. Commencez par un petit exemple personnel. Si quelqu'un est ému, arrêtez-vous un instant et remerciez-le d'avoir parlé.

8. Cette semaine, quel petit geste pourriez-vous faire pour « relever » ou « réchauffer » la personne la plus proche de vous ? (Si votre conjoint n'est pas là, vous pouvez penser à un voisin ou à une personne du groupe.)

Conseil pour l'animateur : cherchez un geste précis : faire une promenade, aller au marché, accompagner quelqu'un à l'hôpital, préparer ses médicaments pour le soir, ou passer un appel où l'on ne parle pas seulement des enfants. Le plan d'action ci-dessous suit ces pistes.

Prière et mise en pratique

Prier ensemble (environ 15 minutes)

Demandez à quelqu'un de lire lentement Ecclésiaste 4:9-12, puis gardez une minute de silence. Ceux qui le souhaitent prient en une ou deux phrases : ils peuvent remercier Dieu pour leur conjoint, prier pour un proche qui vit loin ou pour les personnes seules du groupe. Celui qui ne veut pas parler peut prier en silence ; une personne venue pour la première fois peut simplement écouter, sans prier ni prendre position. L'animateur conclut en priant pour les familles représentées dans le groupe. Les sujets de prière restent dans le groupe ; les questions sensibles ne sont ni enregistrées dans l'application ni publiées dans une conversation de groupe. Pour assurer un suivi, demandez d'abord l'accord de la personne et ne notez en privé qu'une ou deux phrases nécessaires. Si la sécurité d'un enfant ou d'une personne incapable de se protéger est menacée, ou s'il existe un danger immédiat d'automutilation ou de violence envers autrui, n'attendez pas son consentement : contactez aussitôt les services d'urgence, la police locale ou un organisme de protection compétent.

Vous pouvez commencer ainsi (orientation pour la prière) :

Seigneur, Ta Parole dit que deux valent mieux qu'un. Merci d'avoir placé notre conjoint à nos côtés pendant toutes ces années, afin que quelqu'un nous relève quand nous tombons et nous réchauffe quand la nuit est froide. Nos enfants sont partis loin : prends soin d'eux. Apprends-nous aussi à redevenir compagnons, à nous comprendre, à nous soutenir et à nous tenir ensemble devant Toi. Souviens-Toi des frères et sœurs qui vivent seuls, dont le conjoint est décédé ou dont le conjoint est malade ; ne les laisse pas tomber sans quelqu'un pour les relever. Merci de nous avoir aimés le premier en Christ. Au nom de Jésus. Amen.

Plan d'action de la semaine (environ 5 minutes)

Après la prière, chacun choisit une seule action ci-dessous pour cette semaine. Une seule suffit, et il n'y a aucun problème si vous ne savez pas encore laquelle choisir.

Vous n'avez pas à la noter ni à en rendre compte. Si vous le souhaitez, vous pourrez en reparler lors de la prochaine rencontre. Si vous ne l'avez pas faite, apportez simplement à Dieu dans la prière ce qui vous a arrêté.

À la maison : un exercice à deux

Si votre conjoint est venu avec vous, prenez chacun le temps de réfléchir à ces questions chez vous, puis partagez vos réponses. Si vous êtes venu seul, vous pouvez aussi y réfléchir ou en parler à un ami de longue date en qui vous avez confiance.

  1. Au fil des années, dans quelle situation mon conjoint m'a-t-il « relevé » ?
  2. Dans les années qui viennent, quelle est la chose que j'aimerais le plus faire avec lui ?

Pendant l'échange, l'un parle et l'autre écoute : sans interrompre, sans corriger et sans comparer ce que chacun a donné. Après avoir écouté, dites simplement : « J'ai entendu. » Si les mots sont difficiles à dire, vous pouvez les écrire sur une feuille et la donner à l'autre. S'il y a à la maison des coups, des menaces, un contrôle de l'argent ou des papiers, une interdiction de voir certaines personnes, ou si l'un craint que cette conversation provoque des représailles, ne faites pas cet exercice. Ne l'utilisez pas non plus pour organiser une négociation ou une confrontation ; demandez d'abord de l'aide de votre côté, en suivant l'action correspondante de la liste.

Pour poursuivre la discussion

Vous pouvez choisir la leçon « Vieillir et sentir son corps faiblir » dans la série « Les circonstances de la vie » (Josué 14:6-15), ou la leçon « Le mariage est une alliance pour toute la vie » dans la série « Vivre l'harmonie dans le couple » (Genèse 2:18-25).

Guide de l’animateur