Garder un verset dans son cœur et le méditer lentement · Petits groupes

Apprendre pas à pas la prière méditative, Leçon 2. Lire Jean 3:16–21. Oublier un verset aussitôt après l'avoir lu, sans savoir comment s'arrêter sur une phrase et prier Dieu à partir d'elle.

Passage principal : Jean 3:16–21

Si nous oublions ce que nous avons lu dans la Bible, ce n'est pas toujours un problème de mémoire ; nous lisons parfois trop vite. Lorsque nous parcourons Jean 3:16 lentement, mot après mot, puis le relisons dans son contexte, ce verset commence à parler à notre cœur. Enfin, quand nous nous en servons pour parler à Dieu, la méditation se prolonge en prière.

Introduction

Voici une expérience très courante : le matin, nous lisons un chapitre ; le soir, nous ne savons déjà plus ce que nous avons lu. Certains augmentent alors la quantité et passent à trois chapitres par jour, pour les oublier encore plus vite. D'autres abandonnent complètement, convaincus qu'ils ne sont pas faits pour lire la Bible.

Le problème ne vient souvent pas de notre mémoire, mais du peu de temps pendant lequel nous nous arrêtons sur le texte. Nous lisons la Bible comme on roule sur une autoroute : le paysage disparaît aussitôt. Méditer, c'est garer la voiture, en descendre et aller regarder un arbre de près.

Essayons avec l'un des versets les plus connus :

Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle. (Jean 3:16)

Nous connaissons si bien ce verset que nous le parcourons souvent sans nous arrêter. Ralentissons et avançons mot après mot : Dieu a aimé le monde — c'est lui qui aime le premier ; Dieu a tant aimé le monde — il ne se contente pas de le tolérer, il l'aime ; Dieu a tant aimé le monde — cela comprend la personne qui me fait souffrir aujourd'hui, et moi aussi ; Dieu a tant aimé — ce mot donne la mesure ; il a donné son Fils unique — il ne l'a ni prêté ni échangé : il l'a donné gratuitement ; quiconque croit en lui — la porte n'est pas fermée, la condition n'est pas un mérite mais la foi ; ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle — les deux issues sont clairement énoncées.

Nous n'avons pas ajouté un seul mot à la phrase ; pourtant, en la parcourant lentement, mot après mot, son sens a pris plus de poids.

Il faut ensuite la replacer dans son contexte. Cette phrase n'est pas un slogan détaché. Avant elle, Nicodème vient voir Jésus de nuit (Jean 3:1-15), et Jésus vient de parler du serpent élevé par Moïse dans le désert. Le verset suivant dit : « Dieu, en effet, n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour qu'il juge le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. » (Jean 3:17). Un peu plus loin, le ton change : « Et ce jugement c'est que, la lumière étant venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs oeuvres étaient mauvaises. » (Jean 3:19). L'amour de Dieu n'est pas seulement une parole agréable ; il vient avec la lumière. On peut fuir la lumière ou venir à elle. Relu au sein de ce passage, le verset 16 est à la fois chaleureux et grave.

L'auteur du Psaume 119 vivait ainsi : « Combien j'aime ta loi! Elle est tout le jour l'objet de ma méditation. » (Psaume 119:97). Il dit encore : « Je suis plus instruit que tous mes maîtres, Car tes préceptes sont l'objet de ma méditation. » (Psaume 119:99). Ce n'est pas parce qu'il est naturellement plus doué, mais parce qu'il demeure longtemps dans la parole de Dieu et qu'il y obéit. Il emploie aussi une comparaison pleine de saveur : « Que tes paroles sont douces à mon palais, Plus que le miel à ma bouche! » (Psaume 119:103). Méditer, ce n'est pas ronger un os dur, c'est goûter.

N'oublions pas la dernière étape : transformons ce que nous avons médité en paroles adressées à Dieu. Si nous remarquons qu'il nous a aimés le premier, remercions-le. Si nous voyons que les hommes préfèrent les ténèbres à la lumière, remettons-lui ce que nous refusons de laisser éclairer. Si nous nous arrêtons sur « quiconque croit en lui », prions pour les membres de notre famille qui ne croient pas encore. Quand la méditation devient prière, le verset passe de la page à notre vie.

Ne vous inquiétez donc pas si vous oubliez ce que vous avez lu. Choisissez un verset, parcourez-le lentement, replacez-le dans son contexte et servez-vous-en pour parler à Dieu. Ne mesurez pas son enracinement à ce dont vous vous souvenez quelques minutes plus tard. Demandons plutôt à Dieu de nous faire mieux connaître, par cette parole, le salut qu'il nous donne en Christ et de nous aider à lui répondre dans la prière.

Notes d’étude

1. « Le monde ». En 3:16, le grec κόσμος (kosmos), traduit par « le monde », peut désigner dans l'Évangile selon Jean le monde créé ou l'humanité qui se détourne de Dieu ; le contexte détermine le sens. En 3:16-21, il s'agit du monde que Dieu aime et qui pourtant se cache de la lumière. Le point central n'est pas qu'il mérite cet amour, mais que Dieu aime le premier.

2. « Fils unique » et « donné ». « Unique » désigne celui qui est sans pareil ; « donné » dit que le Père a donné ce Fils unique. La grâce offerte gratuitement ressort de tout le passage, mais elle ne constitue pas à elle seule le sens du verbe « donner ». Pris ensemble, ces mots montrent le poids de cet amour : Dieu a aimé jusqu'à donner celui qui lui est le plus précieux.

3. Le contexte : le serpent d'airain. Jean 3:14-15 dit : « Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert, il faut de même que le Fils de l'homme soit élevé ». La « foi » du verset 16 n'est donc pas une conviction vague : elle consiste à regarder celui qui est élevé, comme les personnes mordues par les serpents l'avaient fait autrefois.

4. La lumière et les ténèbres (19-21). La condamnation ne vient pas de ce que Dieu refuserait d'aimer, mais de ce que « les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière ». La lumière révèle notre amour des ténèbres et nous invite aussi à nous présenter tels que nous sommes devant Christ. Venir à la lumière ne signifie pas commencer par nous remettre en ordre pour mériter d'être accueillis.

5. « Plus instruit que tous mes maîtres » en Psaume 119:99. Le contexte en donne clairement la raison : « Car tes préceptes sont l'objet de ma méditation. » Il ajoute aussi : « Je retiens mon pied loin de tout mauvais chemin » (Psaume 119:101). C'est son témoignage personnel : il relie la compréhension à la méditation et à l'obéissance. Ce n'est pas une promesse selon laquelle méditer rendrait forcément supérieur à ses enseignants.

Discussion

Ouverture (environ 10 minutes)

Pour commencer : y a-t-il une chanson ou un film que vous connaissiez déjà très bien, mais dans lequel vous avez un jour compris une phrase qui vous avait échappé jusque-là ? (Les personnes qui viennent pour la première fois peuvent aussi répondre.)

Conseil d'animation : gardez un ton léger. Quand nous ralentissons devant quelque chose de familier, nous y découvrons souvent du nouveau. Cette question prépare le fait de rester plus longtemps dans une seule phrase.

Rappel de la leçon (à lire par l'animateur, environ 1 minute, pour les personnes qui n'ont pas préparé la rencontre)

Nous lisons Jean 3:16-21. Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle. Il n'a pas envoyé son Fils pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. Celui qui croit n'est pas jugé ; celui qui ne croit pas est déjà jugé. La lumière est venue dans le monde, mais les hommes ont préféré les ténèbres parce que leurs œuvres étaient mauvaises. Celui qui fait le mal hait la lumière et la fuit, tandis que celui qui agit selon la vérité vient à la lumière. Le passage en parallèle est le Psaume 119 : le psalmiste aime la loi de Dieu, en fait tout le jour l'objet de sa méditation et trouve ses paroles plus douces que le miel. Aujourd'hui, nous allons voir comment méditer lentement une seule phrase, puis prier avec elle, lorsque nous oublions ce que nous venons de lire.

Observation

1. Lisez les versets 16 à 18. Que disent-ils de ce que Dieu a fait ? De quoi dépend la différence du côté humain ?

Conseil d'animation : Dieu a aimé le monde, donné son Fils unique et envoyé son Fils non pour juger le monde, mais pour le sauver. Du côté humain, la différence se trouve entre croire et ne pas croire. Invitez le groupe à remarquer que le verset 17 énonce clairement le but de l'envoi du Fils.

2. Lisez les versets 19 à 21. Quelles sont les deux images opposées ? Qui vient à la lumière, et qui la fuit ?

Conseil d'animation : la lumière et les ténèbres. Celui qui fait le mal hait la lumière et n'y vient pas, de peur que ses œuvres ne soient dévoilées. Celui qui agit selon la vérité vient à la lumière, afin qu'il soit manifesté que ses œuvres sont faites en Dieu.

3. Lisez Psaume 119:97-104. Par quels verbes et quelles expressions le psalmiste décrit-il sa relation avec la parole de Dieu ?

Conseil d'animation : il aime la loi et en fait tout le jour l'objet de sa méditation ; il garde les préceptes, retient son pied loin du mauvais chemin et observe les ordonnances. Il emploie aussi l'image du goût : les paroles de Dieu sont plus douces à sa bouche que le miel.

Interprétation

4. Relisons Jean 3:16 lentement, mot après mot. Quel mot a aujourd'hui un poids particulier pour vous ? Pourquoi ?

Conseil d'animation : c'est la question centrale de la leçon ; donnez-lui du temps. Vous pouvez parcourir le verset ensemble : Dieu / a tant aimé / le monde / qu'il a donné / son Fils unique / afin que / quiconque croit en lui / ne périsse point / mais qu'il ait la vie éternelle. Invitez quelques personnes à dire sur quel mot elles se sont arrêtées, sans classer leurs réponses ni obliger tout le monde à parler.

5. (Question facultative, si le temps le permet) Que voyez-vous en replaçant le verset 16 au milieu des versets 17 à 21, qui pourrait nous échapper si nous le lisions seul ?

Conseil d'animation : le Fils n'est pas envoyé pour juger mais pour sauver (17) ; l'être humain peut fuir la lumière (19-20) ; celui qui agit selon la vérité vient à la lumière (21). L'amour de Dieu vient avec la lumière : il est à la fois chaleureux et sérieux.

6. Comment un verset peut-il devenir une prière ? Si vous le souhaitez, choisissez le mot qui vous a arrêté et adressez à Dieu une seule phrase ; vous pouvez aussi la dire intérieurement.

Conseil d'animation : si l'on remarque que Dieu nous a aimés le premier, on peut le remercier ; si l'on s'arrête sur « les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière », on peut confesser et demander sa lumière ; si l'on s'arrête sur « quiconque croit en lui », on peut intercéder pour sa famille. La prière n'a pas besoin d'être longue. Une seule phrase suffit : cette étape relie la méditation à la vie.

Application

7. Y a-t-il un verset très familier que vous remarquez souvent lire sans vraiment vous y arrêter ? (Les personnes qui viennent pour la première fois peuvent aussi répondre.)

Conseil d'animation : invitez deux ou trois personnes à répondre. La familiarité peut devenir un obstacle : plus nous connaissons un texte, plus nous risquons de le survoler. Il n'est pas nécessaire d'examiner chaque verset cité ; recueillez simplement les réponses.

8. Quel verset aimeriez-vous méditer cette semaine ? Comment allez-vous parcourir ces trois étapes ?

Conseil d'animation : invitez chacun à choisir un verset, de préférence en lien avec sa situation présente. Répétez les trois étapes : parcourir lentement chaque mot, lire quelques versets avant et après, puis s'en servir pour dire une phrase à Dieu. Le plan d'action qui suit reprend cette démarche.

Prière et mise en pratique

Prier ensemble (environ 20 minutes)

Faites l'exercice pendant la rencontre. L'animateur lit lentement Jean 3:16 à trois reprises, en appuyant chaque fois sur des mots différents : « Dieu a tant aimé le monde », « qu'il a donné son Fils unique », « afin que quiconque croit en lui ». Gardez ensuite cinq minutes de silence. Chacun s'arrête sur un mot et se pose deux questions : que me dit cette phrase sur Dieu ? Et qu'en est-il de moi maintenant ? Invitez ensuite le groupe à lire en silence les versets 17 à 21 pour voir ce qui entoure le verset 16. Après ce temps, les personnes qui le souhaitent peuvent prier en une ou deux phrases, en utilisant directement le mot choisi pour remercier Dieu, confesser ou intercéder. La prière silencieuse est aussi une prière ; les personnes qui viennent pour la première fois peuvent simplement écouter, sans devoir prier ni exprimer une position. Enfin, l'animateur conclut par des remerciements et une intercession pour le groupe. Les sujets de prière restent dans le groupe ; les sujets sensibles ne sont ni saisis dans l'application ni envoyés dans une discussion de groupe. S'il faut assurer un suivi, l'animateur demande l'accord de la personne avant de noter en privé une ou deux phrases strictement nécessaires.

Vous pouvez commencer ainsi (orientation pour la prière) :

Père céleste, Tu as tant aimé le monde que Tu nous as donné Ton Fils unique. Nous avons entendu cette parole tant de fois, et pourtant nous la parcourons souvent sans nous arrêter. Aide-nous à ralentir, à demeurer dans Ta parole et à T'écouter mot après mot. Ta lumière révèle les endroits que nous ne voulons pas montrer ; donne-nous le courage de venir à la lumière. Tu n'as pas envoyé Ton Fils dans le monde pour qu'Il juge le monde, mais pour que le monde soit sauvé par Lui. Au nom du Seigneur Jésus, amen.

Plan d'action de la semaine (environ 5 minutes)

Après la prière, chacun choisit une seule action à mettre en pratique cette semaine. Une seule suffit, et il n'y a aucun problème si vous ne savez pas encore laquelle choisir.

Il n'est pas nécessaire de noter ce que vous faites ni d'en rendre compte. Si vous le souhaitez, vous pourrez en parler lors de la prochaine rencontre. Si vous ne l'avez pas fait, apportez simplement dans la prière ce qui vous en a empêché.

Pour poursuivre

Vous pouvez choisir la leçon « Faire silence et commencer par la Parole de Dieu » (Psaume 1:1-3), ou, dans la série « Comprendre la volonté de Dieu en lisant la Bible », la leçon « Garder la Parole de Dieu dans son cœur » (Psaume 119:9-16).

Guide de l’animateur