Être sel et lumière dans la ville et le quartier, Leçon 5. Lire Luc 14:12-24. Garder de plus en plus sa porte fermée et n'inviter que les personnes que nous connaissons déjà.
Passage principal : Luc 14:12-24
À la table de quelqu'un d'autre, Jésus prononce une parole très directe : « Lorsque tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles. » La raison est tout aussi claire : **« Ils ne peuvent pas te rendre la pareille. »** Puis Il raconte la parabole d'un repas : **les invités ont décliné leur place, et le maître est allé chercher les gens dans les rues.**
Lorsque nous invitons quelqu'un, nous tenons souvent sans le dire un petit compte : nous invitons généralement une personne parce qu'elle nous invitera à son tour, ou parce que cette invitation nous sera utile. Ce n'est pas forcément mauvais ; ce sont les usages ordinaires des relations humaines.
Mais c'est justement ainsi que la porte de notre maison se referme peu à peu. Nous invitons toujours les mêmes personnes. Avec le temps, inviter quelqu'un nous paraît même pénible : la maison n'est pas rangée, nous ne cuisinons pas assez bien, nous craignons que l'autre ne se sente pas à l'aise.
Jésus prononce les paroles de Luc 14 alors qu'Il mange chez un pharisien.
Voyons d'abord ce qu'Il dit à celui qui L'a invité :
Il dit aussi à celui qui l'avait invité: Lorsque tu donnes à dîner ou à souper, n'invite pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni des voisins riches, de peur qu'ils ne t'invitent à leur tour et qu'on ne te rende la pareille. (Luc 14:12)
⚠️ Cela ne signifie pas qu'il serait interdit d'inviter ses amis ou sa famille. Jésus emploie un contraste volontairement appuyé pour faire ressortir l'essentiel, qui vient dans la phrase suivante :
Mais, lorsque tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles. Et tu seras heureux de ce qu'ils ne peuvent pas te rendre la pareille; car elle te sera rendue à la résurrection des justes. (Luc 14:13-14)
Remarquons le critère : « ils ne peuvent pas te rendre la pareille ». Jésus ne rejette pas les échanges ordinaires entre proches. Il demande : y a-t-il à votre table une personne qui ne peut rien vous rendre ?
Quelqu'un qui se trouvait à table prononce alors cette belle parole : « Heureux celui qui prendra son repas dans le royaume de Dieu ! » (Luc 14:15). Jésus lui répond par une histoire, et cette histoire vient précisément bousculer cette belle déclaration.
Un homme donna un grand souper et invita beaucoup de gens. À l'heure du repas, son serviteur alla dire aux invités : « Venez, car tout est déjà prêt » (Luc 14:17). Remarquons « tout est déjà prêt » : la table est dressée ; il ne manque plus que les convives.
Viennent alors trois excuses, toutes plus légitimes les unes que les autres :
« J'ai acheté un champ, et je suis obligé d'aller le voir. » (Luc 14:18) « J'ai acheté cinq paires de boeufs, et je vais les essayer. » (Luc 14:19) « Je viens de me marier, et c'est pourquoi je ne puis aller. » (Luc 14:20)
Un champ, des bœufs, un mariage : aucune de ces choses n'est un péché. C'est précisément ce qui rend la parabole si pénétrante : tous se servent de ces raisons pour refuser le repas que le maître a déjà préparé. Une bonne chose qui devient une raison de refuser l'invitation du maître peut, elle aussi, nous arrêter.
Le maître de la maison se met en colère et ordonne : « Va promptement dans les places et dans les rues de la ville, et amène ici les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux » (Luc 14:21). Le serviteur revient en disant qu'il y a encore de la place. Le maître lui répond alors : « Va dans les chemins et le long des haies, et ceux que tu trouveras, contrains-les d'entrer, afin que ma maison soit remplie » (Luc 14:23).
« Afin que ma maison soit remplie » : voilà le désir du maître. ⚠️ Dans l'histoire, l'expression « contrains-les d'entrer » a été détournée pour justifier la contrainte religieuse. Dans ce contexte, elle signifie inviter instamment des personnes à entrer au repas déjà préparé ; elle ne donne à personne le droit d'imposer la foi. Le texte ne dit pas pourquoi les personnes le long des chemins devaient être ainsi pressées, et nous ne leur prêtons pas de motivations. L'invitation peut être insistante, mais elle doit aussi respecter le refus de l'autre.
L'épître aux Hébreux exprime cela par un commandement très simple :
N'oubliez pas l'hospitalité; car, en l'exerçant, quelques-uns ont logé des anges, sans le savoir. (Hébreux 13:2)
« N'oubliez pas » : cela montre à quel point l'hospitalité s'oublie facilement.
Cela se traduit par quelques réalités très concrètes :
Premièrement, abaissons nos exigences. La maison n'a pas besoin d'être parfaitement rangée, ni le repas d'être raffiné. Un bol de nouilles ou une théière peuvent suffire pour commencer. Deuxièmement, fixons un rythme que nous pouvons tenir. Une fois par mois vaut mieux que « quand j'aurai le temps ». Troisièmement, gardons sur notre liste une personne qui « ne peut pas nous rendre la pareille ». Une personne nouvelle, quelqu'un qui vit seul, qui vient d'arriver en ville ou qui traverse une période difficile. Quatrièmement, si recevoir chez soi n'est pas possible, ce n'est pas un problème. Le logement est petit, nous vivons avec d'autres personnes ou la situation familiale ne s'y prête pas : retrouver quelqu'un ailleurs, à l'église ou autour d'une tasse de thé est aussi une forme d'accueil. Cinquièmement, accueillir, c'est aussi laisser de l'espace à l'autre. Ne remplissons pas tout le programme et ne lui donnons pas le sentiment de nous devoir quelque chose.
⚠️ Une limite doit aussi être posée : l'hospitalité demande une prudence élémentaire. Lorsqu'on connaît peu une personne, il vaut mieux qu'une autre personne soit présente ; une famille avec des enfants doit être particulièrement attentive. Penser à la sécurité n'est pas manquer d'amour.
Voici donc l'essentiel de cette leçon : la table n'a pas besoin d'être abondante, mais une place doit y être gardée pour la personne qui ne peut rien nous rendre, car c'est ainsi que la table du festin de Dieu est dressée.
1. Jésus prononce ces paroles à la table de quelqu'un d'autre. Il s'adresse à celui qui L'a invité.
2. « N'invite pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents » est un contraste volontairement appuyé. L'essentiel vient dans la phrase suivante.
3. Le critère est : « Ils ne peuvent pas te rendre la pareille. » Y a-t-il une telle personne à notre table ?
4. « Tout est déjà prêt. » La table est dressée ; il ne manque plus que les convives.
5. Les trois raisons invoquées ne sont pas des péchés en elles-mêmes. Le problème est que ces personnes les utilisent pour refuser un repas déjà préparé.
6. « Afin que ma maison soit remplie. » Voilà le désir du maître.
7. « Contrains-les d'entrer » a été détourné dans l'histoire. Dans ce contexte, cela signifie insister pour inviter les gens au repas, non donner le droit d'imposer la foi. L'invitation peut être insistante, mais elle doit aussi respecter un refus.
Un mot préalable (l'animateur le lit à voix haute)
Ce qui est dit dans le groupe ne doit pas être rapporté à l'extérieur. Il existe toutefois une exception : si une situation concerne des violences en cours, la sécurité d'un enfant ou d'une personne vulnérable, ou un danger immédiat qu'une personne se blesse ou blesse quelqu'un d'autre, l'animateur ne peut pas promettre une confidentialité absolue. En règle générale, il essaiera d'abord d'en parler avec la personne concernée et ne communiquera que les informations nécessaires à des personnes réellement en mesure d'aider. S'il s'agit d'un enfant ou d'une personne incapable de se protéger, ou s'il existe un danger immédiat, il n'attendra pas d'obtenir son accord et contactera, selon la situation, un pasteur, un professionnel qualifié, la police locale, les services d'urgence ou les services médicaux. En cas de danger immédiat, il faut demander de l'aide sur-le-champ et ne pas laisser la personne seule.
Question d'ouverture : quelqu'un vous a-t-il déjà invité chez lui pour un repas qui vous a laissé un souvenir particulier ? Qu'avez-vous mangé ? (Une personne présente pour la première fois peut aussi répondre.)
Conseil pour l'animation : gardez un ton léger et chaleureux. La plupart des personnes se souviendront moins des plats que de la liberté qu'elles ont ressentie. Cette question prépare la suite.
Rappel de la leçon (l'animateur le lit à voix haute, environ 1 minute, pour ceux qui n'ont pas fait la préparation)
Cette leçon porte sur Luc 14:12-24. Le texte rapporte : Il dit aussi à celui qui l'avait invité: Lorsque tu donnes à dîner ou à souper, n'invite pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni des voisins riches, de peur qu'ils ne t'invitent à leur tour et qu'on ne te rende la pareille. Mais, lorsque tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles. Et tu seras heureux de ce qu'ils ne peuvent pas te rendre la pareille; car elle te sera rendue à la résurrection des justes. Un de ceux qui étaient à table, après avoir entendu ces paroles, dit à Jésus: Heureux celui qui prendra son repas dans le royaume de Dieu! Et Jésus lui répondit: Un homme donna un grand souper, et il invita beaucoup de gens. A l'heure du souper, il envoya son serviteur dire aux conviés: Venez, car tout est déjà prêt. Mais tous unanimement se mirent à s'excuser. Le premier lui dit: J'ai acheté un champ, et je suis obligé d'aller le voir; excuse-moi, je te prie. Un autre dit: J'ai acheté cinq paires de boeufs, et je vais les essayer; excuse-moi, je te prie. Un autre dit: Je viens de me marier, et c'est pourquoi je ne puis aller. Le serviteur, de retour, rapporta ces choses à son maître. Alors le maître de la maison irrité dit à son serviteur: Va promptement dans les places et dans les rues de la ville, et amène ici les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux. Le serviteur dit: Maître, ce que tu as ordonné a été fait, et il y a encore de la place. Et le maître dit au serviteur: Va dans les chemins et le long des haies, et ceux que tu trouveras, contrains-les d'entrer, afin que ma maison soit remplie. Car, je vous le dis, aucun de ces hommes qui avaient été invités ne goûtera de mon souper. Le passage parallèle est Hébreux 13:2 : N'oubliez pas l'hospitalité; car, en l'exerçant, quelques-uns ont logé des anges, sans le savoir. Aujourd'hui, nous allons parler d'ouvrir notre porte pour accueillir.
1. Lisez les versets 12-14. Qui Jésus demande-t-Il au maître de maison d'inviter ? Quelle raison donne-t-Il ?
Conseil pour l'animation : inviter les pauvres, les estropiés, les boiteux et les aveugles. La raison est : « Ils ne peuvent pas te rendre la pareille ; car elle te sera rendue à la résurrection des justes. »
2. Lisez les versets 16-20. Quel message le serviteur transmet-il ? Quelles raisons les trois personnes donnent-elles pour s'excuser ?
Conseil pour l'animation : « Venez, car tout est déjà prêt. » Les raisons sont : avoir acheté un champ et devoir aller le voir ; avoir acheté cinq paires de bœufs et aller les essayer ; venir de se marier et ne pas pouvoir venir. Remarquez qu'aucune de ces trois choses n'est mauvaise.
3. Lisez les versets 21-24, puis Hébreux 13:2. Combien de fois le maître donne-t-il un ordre ? Que désire-t-il ? Que dit Hébreux 13:2 ?
Conseil pour l'animation : deux fois — d'abord aller dans les places et les rues de la ville, puis dans les chemins et le long des haies. Il veut que « sa maison soit remplie ». Hébreux 13:2 dit : « N'oubliez pas l'hospitalité ; car, en l'exerçant, quelques-uns ont logé des anges, sans le savoir. »
4. « Ils ne peuvent pas te rendre la pareille » : qu'est-ce que ce critère vient renverser ?
Conseil pour l'animation : c'est la question centrale ; prenez du temps. Il renverse le compte des retours que nous tenons intérieurement. Vous pouvez demander : y a-t-il une telle personne à notre table ?
5. (Question facultative, si vous avez le temps.) Les trois raisons invoquées ne sont pas des péchés en elles-mêmes. Où se trouve donc le problème ?
Conseil pour l'animation : ils se servent de ces raisons pour refuser le repas que le maître a déjà préparé. Une bonne chose qui devient une raison de refuser son invitation peut, elle aussi, nous arrêter. Vous pouvez demander : pour quelles raisons ai-je récemment décliné une invitation ?
6. Comment l'expression « contrains-les d'entrer » a-t-elle été détournée dans l'histoire ? Que signifie-t-elle dans ce contexte ?
Conseil pour l'animation : elle a servi à justifier la contrainte religieuse. Ici, elle signifie inviter instamment à entrer au repas déjà préparé ; elle ne donne à personne le droit d'imposer la foi. Le texte ne décrit pas les pensées de ces personnes. L'invitation peut être insistante, mais elle doit aussi respecter leur refus. Ne sautez pas cette question.
7. Quand avez-vous invité quelqu'un chez vous pour la dernière fois, ou proposé à quelqu'un de partager un repas ? Qu'est-ce qui vous en empêche le plus souvent ? (Une personne présente pour la première fois peut aussi répondre.)
Conseil pour l'animation : l'animateur commence par parler de lui-même, y compris de raisons très réelles comme « la maison est en désordre » ou « je suis gêné ». Ne mettez pas de pression sur ceux dont le logement ne permet pas de recevoir.
8. Qui aimeriez-vous inviter cette semaine, ou au cours de ce mois ?
Conseil pour l'animation : soyez aussi concret que possible : une personne nouvelle, quelqu'un qui vit seul, un frère, une sœur ou un voisin qui vient d'arriver en ville. Si recevoir chez soi n'est pas possible, proposez de vous retrouver ailleurs. Le plan d'action ci-dessous prolonge directement cette question.
Demandez d'abord à un membre du groupe de lire lentement Luc 14:13-14, puis 14:21-23. Gardez ensuite deux minutes de silence. Que chacun pense intérieurement à une personne qu'il pourrait inviter. Ceux qui le souhaitent peuvent prier en une ou deux phrases. Ceux qui préfèrent ne pas parler peuvent prier en silence ; c'est aussi une vraie prière. Les personnes présentes pour la première fois peuvent simplement écouter, sans aucune obligation de prier ou de prendre position. À la fin, l'animateur rassemble ces prières et intercède pour que les foyers des membres du groupe deviennent des lieux d'accueil. Les sujets de prière restent dans le groupe ; les sujets sensibles ne sont ni saisis dans l'application ni envoyés dans la messagerie du groupe. En règle générale, avant tout suivi, demandez l'accord de la personne et ne notez en privé qu'une ou deux phrases indispensables. Lorsque la sécurité d'un enfant ou d'une personne incapable de se protéger est en jeu, ou qu'il existe un danger immédiat d'automutilation ou de violence envers autrui, l'accord préalable n'est pas requis : contactez sans délai les secours, la police ou le service de protection compétent du lieu où vous vous trouvez.
Vous pouvez commencer ainsi (piste de prière) :
Seigneur Jésus, Tu as dit : « Lorsque tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles », parce qu'ils ne peuvent pas nous rendre la pareille. Nous reconnaissons que nous invitons toujours les mêmes personnes et que nous tenons encore intérieurement le compte de ce qui nous sera rendu. Nous fermons aussi souvent notre porte en disant que la maison est en désordre ou que nous sommes trop occupés. Apprends-nous à abaisser nos exigences et à ouvrir notre porte. Garde une place à notre table pour la personne qui ne peut rien nous rendre. Merci parce que Tu es Toi-même le maître qui déclare que tout est déjà prêt et qui envoie chercher les gens dans les rues. Que Ta maison soit remplie. Nous Te le demandons en Ton nom. Amen.
Après la prière, chacun choisit une seule action parmi les suivantes pour cette semaine. Une seule suffit, et il n'y a aucun problème si vous ne savez pas encore laquelle choisir.
Il n'est pas nécessaire de noter ce que vous avez choisi ni d'en rendre compte. Ceux qui le souhaitent pourront en reparler lors de la prochaine rencontre. Si vous n'y arrivez pas, apportez simplement à Dieu dans la prière ce qui vous a arrêté.
Vous pouvez choisir la leçon « Témoigner à la fois par les bonnes œuvres et par l'Évangile » (Matthieu 5:13-16), ou la leçon « Qui est mon prochain ? » (Luc 10:25-37).