Être sel et lumière dans la ville et le quartier, Leçon 4. Lire Ésaïe 58:6-12. Donner parfois quelques biens pour se rassurer, sans vouloir accompagner dans la durée les personnes âgées isolées, les personnes handicapées ou les travailleurs privés de leur salaire.
Passage principal : Ésaïe 58:6-12
Ce chapitre reproche au peuple de jeûner tout en opprimant les autres. Le jeûne auquel Dieu prend plaisir doit être lié à la repentance, à la justice et à la miséricorde : **« Détache les chaînes de la méchanceté, dénoue les liens de la servitude, renvoie libres les opprimés »** ; **« Partage ton pain avec celui qui a faim, et fais entrer dans ta maison les malheureux sans asile. »** Dieu donne à celui qui vit ainsi un nom : **« réparateur des brèches ».**
En matière de « miséricorde », nous restons souvent dans une position assez sûre : faire de temps à autre un petit don pour apaiser notre conscience.
Ce n'est pas forcément de l'hypocrisie ; nous sommes fatigués. Nos journées sont déjà bien remplies, et la perspective d'un accompagnement durable — auprès d'une personne âgée vivant seule, de parents qui élèvent un enfant en situation de handicap ou d'un travailleur dont le salaire n'a pas été payé — peut sembler très lourde à porter.
Ces versets d'Ésaïe 58 parlent précisément de l'écart entre une apparence religieuse et une véritable miséricorde.
⚠️ Commençons par préciser le contexte : au début du chapitre, le peuple se plaint : « Que nous sert de jeûner, si tu ne le vois pas ? » Dieu ne répond pas que le jeûne ne sert à rien, mais qu'ils jeûnent tout en opprimant les autres. Ce passage ne rabaisse donc pas les pratiques de piété. Il dit qu'une piété qui ne rejoint pas concrètement les autres est vide.
Voyons d'abord quel est le jeûne auquel Dieu prend plaisir :
Voici le jeûne auquel je prends plaisir: Détache les chaînes de la méchanceté, Dénoue les liens de la servitude, Renvoie libres les opprimés, Et que l'on rompe toute espèce de joug; (Ésaïe 58:6)
Remarquons que ce verset n'emploie que des verbes de libération : détacher, dénouer, renvoyer libres, rompre. Il s'agit de liens injustes : certaines personnes portent des fardeaux qui ne devraient pas leur être imposés. Ce verset met l'accent sur la fin de l'oppression.
Puis vient l'autre moitié :
Partage ton pain avec celui qui a faim, Et fais entrer dans ta maison les malheureux sans asile; Si tu vois un homme nu, couvre-le, Et ne te détourne pas de ton semblable. (Ésaïe 58:7)
Dans ce verset, tous les gestes consistent à donner : partager son pain, faire entrer chez soi, couvrir celui qui est nu. Il met l'accent sur le fait de pourvoir aux besoins. Les deux versets réunis manifestent la justice et la miséricorde que Dieu demande.
⚠️ Remarquons particulièrement la dernière phrase : « Ne te détourne pas de ton semblable. » L'expression sous-jacente évoque aussi « ta propre chair » : elle peut viser les membres de sa famille, ou plus largement ceux qui partagent notre humanité. Le texte n'établit pas un ordre fixe qui placerait toujours « la famille d'abord, les autres ensuite ». Il affirme au moins ceci : nous ne devons pas nous dérober aux personnes qui sont devant nous et envers lesquelles nous avons une relation ou une responsabilité concrète. Beaucoup se montrent généreux au loin tout en se détournant de leurs proches.
Viennent ensuite des promesses de Dieu, pleines de chaleur :
Alors ta lumière poindra comme l'aurore, Et ta guérison germera promptement; Ta justice marchera devant toi, Et la gloire de l'Éternel t'accompagnera. (Ésaïe 58:8)
Alors tu appelleras, et l'Éternel répondra; Tu crieras, et il dira: Me voici! Si tu éloignes du milieu de toi le joug, Les gestes menaçants et les discours injurieux, (Ésaïe 58:9)
« Me voici ! » : c'est la réponse personnelle de Dieu.
La seconde moitié du verset 9 ajoute trois choses à éloigner : « le joug, les gestes menaçants et les discours injurieux » (Ésaïe 58:9). L'expression traduite par « les gestes menaçants » évoque littéralement un doigt pointé. Le contraire de la miséricorde n'est pas toujours le refus de donner ; c'est parfois ce doigt qui ne cesse d'accuser les autres.
Le texte poursuit : « Si tu donnes ta propre subsistance à celui qui a faim, si tu rassasies l'âme indigente, ta lumière se lèvera sur l'obscurité, et tes ténèbres seront comme le midi » (Ésaïe 58:10). Puis viennent ces magnifiques images : « Tu seras comme un jardin arrosé, comme une source dont les eaux ne tarissent pas » (Ésaïe 58:11). Enfin, ce nom :
Les tiens rebâtiront sur d'anciennes ruines, Tu relèveras des fondements antiques; On t'appellera réparateur des brèches, Celui qui restaure les chemins, qui rend le pays habitable. (Ésaïe 58:12)
« Réparateur des brèches » : aller réparer l'endroit précis où quelque chose est brisé. Le livre de Michée résume toute cette vocation en une phrase :
On t'a fait connaître, ô homme, ce qui est bien; Et ce que l'Éternel demande de toi, C'est que tu pratiques la justice, Que tu aimes la miséricorde, Et que tu marches humblement avec ton Dieu. (Michée 6:8)
Ces trois choses vont ensemble : pratiquer la justice, aimer la miséricorde et marcher humblement avec Dieu. ⚠️ La troisième est essentielle : sans humilité et sans marche avec Dieu, les deux premières peuvent facilement nourrir notre propre justice.
Cela se traduit par quelques réalités très concrètes :
Premièrement, ne nous détournons pas de ceux qui sont devant nous. Les personnes avec lesquelles nous avons une relation et une responsabilité concrètes sont souvent celles que nous évitons le plus facilement. Deuxièmement, choisissons une chose à notre portée, sans chercher à tout faire. Fixons d'abord un rythme que nous pourrons réévaluer. Si nous pouvons continuer, continuons ; si nous devons l'ajuster, cela ne signifie pas que nous avons échoué. Troisièmement, n'oublions pas la dimension de la justice. Ne pas profiter des autres, ne pas retenir un salaire, agir selon les règles, dire une parole lorsqu'il faut parler : voilà aujourd'hui des manières de « détacher les chaînes de la méchanceté ». Quatrièmement, baissons ce doigt accusateur. Il pousse très facilement lorsque nous aidons quelqu'un.
⚠️ Nous devons aussi respecter nos limites : la miséricorde ne consiste pas à nous épuiser, et nous n'avons pas à agir seuls. Avec le groupe et avec l'Église, nous pouvons aller beaucoup plus loin.
Voici donc l'essentiel de cette leçon : ne pas nous détourner de ceux qui ont besoin d'aide devant nous, mais choisir avec nos frères et sœurs une action que nous pouvons porter et l'accomplir fidèlement. Dieu appelle une telle personne « réparateur des brèches ».
1. Le contexte est celui d'un peuple qui se plaint de ne recevoir aucune réponse à son jeûne. Dieu ne rabaisse pas la piété ; Il montre qu'elle ne rejoint pas concrètement les autres.
2. Le verset 6 n'emploie que des verbes de libération. Détacher, dénouer, renvoyer libres, rompre : c'est la dimension de la justice.
3. Le verset 7 n'emploie que des gestes qui donnent. Partager son pain, faire entrer chez soi, couvrir celui qui est nu : c'est la dimension de la miséricorde.
4. « Ne te détourne pas de ton semblable. » L'expression peut viser les membres de sa famille ou, plus largement, ceux qui partagent notre humanité ; l'essentiel est de ne pas nous dérober aux personnes qui sont devant nous.
5. « Me voici ! » C'est la réponse personnelle de Dieu.
6. Les « gestes menaçants ». L'expression évoque littéralement le doigt pointé. Le contraire de la miséricorde est parfois ce doigt qui accuse sans cesse.
7. « On t'appellera réparateur des brèches. » Aller réparer l'endroit précis où quelque chose est brisé.
Un mot préalable (l'animateur le lit à voix haute)
Ce qui est dit dans le groupe ne doit pas être rapporté à l'extérieur. Il existe toutefois une exception : si une situation concerne des violences en cours, la sécurité d'un enfant ou d'une personne vulnérable, ou un danger immédiat qu'une personne se blesse ou blesse quelqu'un d'autre, l'animateur ne peut pas promettre une confidentialité absolue. En règle générale, il essaiera d'abord d'en parler avec la personne concernée et ne communiquera que les informations nécessaires à des personnes réellement en mesure d'aider. S'il s'agit d'un enfant ou d'une personne incapable de se protéger, ou s'il existe un danger immédiat, il n'attendra pas d'obtenir son accord et contactera, selon la situation, un pasteur, un professionnel qualifié, la police locale, les services d'urgence ou les services médicaux. En cas de danger immédiat, il faut demander de l'aide sur-le-champ et ne pas laisser la personne seule.
Question d'ouverture : quelqu'un vous a-t-il déjà aidé dans une période difficile ? Qu'a-t-il fait ? (Une personne présente pour la première fois peut aussi répondre.)
Conseil pour l'animation : gardez un ton léger, même si l'émotion pourra être présente. La plupart des personnes se souviendront d'un geste très concret. Cette question prépare la suite.
Rappel de la leçon (l'animateur le lit à voix haute, environ 1 minute, pour ceux qui n'ont pas fait la préparation)
Cette leçon porte sur Ésaïe 58:6-12. L'Éternel dit : Voici le jeûne auquel je prends plaisir: Détache les chaînes de la méchanceté, Dénoue les liens de la servitude, Renvoie libres les opprimés, Et que l'on rompe toute espèce de joug; Partage ton pain avec celui qui a faim, Et fais entrer dans ta maison les malheureux sans asile; Si tu vois un homme nu, couvre-le, Et ne te détourne pas de ton semblable. Alors ta lumière poindra comme l'aurore, Et ta guérison germera promptement; Ta justice marchera devant toi, Et la gloire de l'Éternel t'accompagnera. Alors tu appelleras, et l'Éternel répondra; Tu crieras, et il dira: Me voici! Si tu éloignes du milieu de toi le joug, Les gestes menaçants et les discours injurieux, Si tu donnes ta propre subsistance à celui qui a faim, Si tu rassasies l'âme indigente, Ta lumière se lèvera sur l'obscurité, Et tes ténèbres seront comme le midi. L'Éternel sera toujours ton guide, Il rassasiera ton âme dans les lieux arides, Et il redonnera de la vigueur à tes membres; Tu seras comme un jardin arrosé, Comme une source dont les eaux ne tarissent pas. Les tiens rebâtiront sur d'anciennes ruines, Tu relèveras des fondements antiques; On t'appellera réparateur des brèches, Celui qui restaure les chemins, qui rend le pays habitable. Le passage parallèle est Michée 6:8 : On t'a fait connaître, ô homme, ce qui est bien; Et ce que l'Éternel demande de toi, C'est que tu pratiques la justice, Que tu aimes la miséricorde, Et que tu marches humblement avec ton Dieu. Aujourd'hui, nous allons parler de miséricorde et de justice.
1. Lisez le verset 6. Quels verbes trouve-t-on dans ce verset ? À quoi s'attaquent-ils ?
Conseil pour l'animation : détacher les chaînes de la méchanceté, dénouer les liens de la servitude, renvoyer libres les opprimés et rompre toute espèce de joug. Ils s'attaquent à des liens injustes.
2. Lisez le verset 7. Quels gestes trouve-t-on dans ce verset ? De qui parle sa dernière phrase ?
Conseil pour l'animation : partager son pain avec celui qui a faim, faire entrer chez soi les malheureux sans asile, couvrir celui qui est nu. La dernière phrase dit : « Ne te détourne pas de ton semblable » ; elle parle de ses propres proches.
3. Lisez les versets 8-12, puis Michée 6:8. Quelles promesses Dieu donne-t-Il ? Quelles sont les trois choses à éloigner dans la seconde moitié du verset 9 ? Quel nom est donné au verset 12 ? Quelles sont les trois choses mentionnées en Michée 6:8 ?
Conseil pour l'animation : les promesses comprennent une lumière qui poindra comme l'aurore, une guérison qui germera promptement, la justice qui marchera devant eux, la gloire qui les accompagnera, l'exaucement lorsqu'ils appelleront et l'image du jardin arrosé. Les trois choses à éloigner sont le joug, les gestes menaçants et les discours injurieux. Le nom est « réparateur des brèches ». Michée 6:8 : pratiquer la justice, aimer la miséricorde et marcher humblement avec son Dieu.
4. Comment les versets 6-7 montrent-ils les fruits que doit porter le jeûne auquel Dieu prend plaisir ?
Conseil pour l'animation : c'est la question centrale ; prenez du temps. Le contexte est celui d'un peuple qui jeûne tout en opprimant les autres. Dieu n'abolit pas le jeûne ; Il affirme qu'il doit être lié à la repentance, à la justice et à la miséricorde. Vous pouvez demander : quelles personnes notre vie de piété rejoint-elle concrètement ?
5. (Question facultative, si vous avez le temps.) Pourquoi la phrase « Ne te détourne pas de ton semblable » vient-elle après la mention des pauvres et de ceux qui ont faim ?
Conseil pour l'animation : parce qu'il est fréquent de se montrer généreux au loin tout en se détournant des personnes proches. Vous pouvez demander : suis-je en train d'éviter quelqu'un dont j'ai la responsabilité de prendre soin ? (Chacun peut répondre seulement dans son cœur.) ⚠️ S'il existe dans cette relation des violences ou du contrôle, contentez-vous de l'identifier intérieurement et cherchez d'abord protection et aide.
6. La troisième chose de Michée 6:8 est de « marcher humblement avec ton Dieu ». Que deviennent les deux premières si cette troisième manque ?
Conseil pour l'animation : elles peuvent nourrir notre propre justice et faire pousser ce doigt accusateur. Rappelez ici que ce doigt apparaît très facilement lorsque nous aidons quelqu'un.
7. Voyez-vous autour de vous une situation qui demande un accompagnement durable ? (Vous pouvez seulement indiquer le type de besoin, sans donner de nom ni de détail permettant d'identifier quelqu'un ; une personne présente pour la première fois peut aussi répondre.)
Conseil pour l'animation : l'animateur commence par parler de lui-même. Ne laissez pas cette question devenir une comparaison et ne poussez personne à prendre sur-le-champ un engagement impossible à porter. Vous pouvez rappeler qu'en agissant avec le groupe, on va plus loin.
8. Quel premier pas pouvez-vous faire cette semaine ? Qui pourrait partager cette responsabilité avec vous ?
Conseil pour l'animation : soyez aussi concret que possible : rendre visite chaque semaine à une personne âgée, prier régulièrement pour une famille, payer une dette, signaler selon les procédures une injustice au travail. Encouragez chacun à agir avec d'autres et ne laissez personne prendre seul un engagement impossible à porter. Le plan d'action ci-dessous prolonge directement cette question.
Demandez d'abord à un membre du groupe de lire lentement Ésaïe 58:6-7, puis 58:9-10. Gardez ensuite trois minutes de silence. Que chacun pense intérieurement à l'un de ses proches et à une personne en difficulté autour de lui. Ceux qui le souhaitent peuvent prier en une ou deux phrases, sans prononcer de nom. Ceux qui préfèrent ne pas parler peuvent prier en silence ; c'est aussi une vraie prière. Les personnes présentes pour la première fois peuvent simplement écouter, sans aucune obligation de prier ou de prendre position. À la fin, l'animateur rassemble ces prières et intercède pour que le groupe accomplisse ensemble une action. Les sujets de prière restent dans le groupe ; les sujets sensibles ne sont ni saisis dans l'application ni envoyés dans la messagerie du groupe. En règle générale, avant tout suivi, demandez l'accord de la personne et ne notez en privé qu'une ou deux phrases indispensables. Lorsque la sécurité d'un enfant ou d'une personne incapable de se protéger est en jeu, ou qu'il existe un danger immédiat d'automutilation ou de violence envers autrui, l'accord préalable n'est pas requis : contactez sans délai les secours, la police ou le service de protection compétent du lieu où vous vous trouvez.
Vous pouvez commencer ainsi (piste de prière) :
Seigneur, Tu dis que le jeûne auquel Tu prends plaisir consiste à détacher les chaînes de la méchanceté et à dénouer les liens de la servitude, à partager notre pain avec celui qui a faim, à faire entrer chez nous les malheureux sans asile et à ne pas nous détourner de notre semblable. Nous reconnaissons que notre piété reste souvent enfermée dans notre cœur : un petit don occasionnel suffit à nous rassurer. Nous sommes aussi courtois avec ceux du dehors tout en restant froids avec nos proches. Mets Ta miséricorde dans notre cœur et rends nos actes justes, afin que nous ne profitions de personne. Éloigne du milieu de nous ce doigt accusateur. Tu as dit : « Tu crieras, et il dira : Me voici ! » Merci pour cette promesse. Puissions-nous être appelés réparateurs des brèches. Au nom de Jésus. Amen.
Après la prière, chacun choisit une seule action parmi les suivantes pour cette semaine. Une seule suffit, et il n'y a aucun problème si vous ne savez pas encore laquelle choisir.
Il n'est pas nécessaire de noter ce que vous avez choisi ni d'en rendre compte. Ceux qui le souhaitent pourront en reparler lors de la prochaine rencontre. Si vous n'y arrivez pas, apportez simplement à Dieu dans la prière ce qui vous a arrêté.
Vous pouvez choisir la leçon « Ouvrir sa maison pour accueillir » (Luc 14:12-24), ou la leçon « Qui est mon prochain ? » (Luc 10:25-37).