Discerner la saine doctrine, Leçon 1. Lire Actes 17:10-12. Rejeter d'avance tout enseignement inconnu, ou être aussitôt séduit par une « révélation plus profonde » et des témoignages enthousiastes.
Passage principal : Actes 17:10-12
Luc dit que les Juifs de Bérée avaient « des sentiments plus nobles que ceux de Thessalonique », parce que deux choses allaient ensemble : **« ils reçurent la parole avec beaucoup d'empressement, et ils examinaient chaque jour les Écritures, pour voir si ce qu'on leur disait était exact ».** L'ouverture et l'examen ne sont pas deux tempéraments opposés, mais deux expressions d'un même amour de la vérité.
Devant un enseignement encore jamais entendu, nous avons souvent tendance à tomber dans l'un de deux extrêmes.
Le premier consiste à tout rejeter. Dès qu'une formulation n'est pas familière, on conclut d'abord qu'elle pose problème. Une telle personne est difficile à tromper, mais elle a aussi du mal à apprendre encore quelque chose : sa foi reste limitée aux quelques phrases qu'elle a l'habitude d'entendre.
Le second consiste à suivre aussitôt. Le discours paraît touchant, les témoignages sont enthousiastes, on promet une « révélation plus profonde » ; après quelques rencontres, la personne s'est déjà engagée entièrement dans cette voie. Elle veut apprendre, mais elle n'a aucun filtre.
Les trois versets d'Actes 17 corrigent ces deux extrêmes à la fois.
Regardons d'abord le contexte. Paul et Silas venaient de rencontrer des difficultés à Thessalonique : « Aussitôt les frères firent partir de nuit Paul et Silas pour Bérée. » (Actes 17:10) Ils les firent partir en pleine nuit. Arrivés à Bérée, Paul et Silas entrèrent comme d'habitude dans la synagogue.
Puis vient ce verset :
Ces Juifs avaient des sentiments plus nobles que ceux de Thessalonique; ils reçurent la parole avec beaucoup d'empressement, et ils examinaient chaque jour les Écritures, pour voir si ce qu'on leur disait était exact. (Actes 17:11)
Comptons soigneusement les raisons pour lesquelles ils sont qualifiés de plus nobles : il y en a deux, et non une seule.
La première : « ils reçurent la parole avec beaucoup d'empressement ». Ils ne venaient pas écouter les bras croisés. ⚠️ Cela ne veut pas dire qu'ils ont d'abord considéré le message comme vrai pour ne le vérifier qu'ensuite. Ils l'écoutaient sérieusement, sans hostilité, tout en continuant à l'examiner. Le texte place ces deux attitudes côte à côte.
La seconde : « ils examinaient chaque jour les Écritures, pour voir si ce qu'on leur disait était exact ». Ils n'acceptaient pas tout sans discernement. « Examinaient » est un verbe, « chaque jour » en indique la fréquence, et leur critère était les Écritures.
⚠️ Remarquons qui ils examinaient : Paul lui-même. Cet apôtre, qui écrirait plus tard plusieurs lettres du Nouveau Testament, voyait ses paroles comparées soigneusement aux Écritures, et Luc appelle cette attitude « noble ». Un enseignement qui résiste à l'examen ne craint pas d'être vérifié. Lorsqu'un enseignement interdit l'examen, cette interdiction constitue déjà une information importante.
Le résultat fut que « plusieurs d'entre eux crurent, ainsi que beaucoup de femmes grecques de distinction, et beaucoup d'hommes. » (Actes 17:12) À Bérée, examiner n'était pas contraire à croire. Luc précise immédiatement que plusieurs crurent.
Dans 1 Thessaloniciens, cette même attitude est exprimée par quatre exhortations qui se suivent :
N'éteignez pas l'Esprit. Ne méprisez pas les prophéties. Mais examinez toutes choses; retenez ce qui est bon; abstenez-vous de toute espèce de mal. (1 Thessaloniciens 5:19-22)
Ces quatre phrases doivent être lues ensemble. Les deux premières nous gardent de tout rejeter : en tenant tout à distance, nous risquons aussi d'éteindre l'Esprit. Les deux suivantes nous gardent de suivre tout ce que nous entendons. Après l'examen viennent deux actions : retenir ce qui est bon — il ne faut pas l'abandonner après l'avoir vérifié — et s'abstenir de toute espèce de mal — il ne faut pas le conserver comme une possibilité parmi d'autres.
Comment examiner concrètement ? Voici quelques repères pratiques :
Premièrement, demander d'abord de quel Jésus il est question et quel Évangile est annoncé. Ce sont les fondations ; les leçons suivantes y reviendront précisément.
Deuxièmement, relire le contexte. Que disent les versets qui précèdent et qui suivent celui que l'on cite ? Beaucoup d'erreurs fondées sur un verset sorti de son contexte deviennent visibles dès qu'on relit le passage. Pour les questions plus complexes, il faut aussi comparer avec d'autres textes bibliques pertinents.
Troisièmement, observer si cet enseignement accepte d'être examiné. Des phrases comme « seuls les spirituels peuvent comprendre » ou « si vous vérifiez, c'est que vous doutez » sont elles-mêmes des signaux d'alarme.
Quatrièmement, ne pas rendre seul le jugement final, sans pour autant faire d'une personne la norme ultime. Relisez le contexte, comparez les passages concernés, demandez conseil à plusieurs pasteurs dignes de confiance ou à des frères et sœurs mûrs dans la foi, et renseignez-vous sur la manière dont l'Église a compris ce sujet au cours de son histoire.
Cinquièmement, se donner du temps. Ne prenez pas de décision dans l'enthousiasme du moment ; rentrez chez vous et dormez avant de décider.
Il faut ajouter ceci : examiner ne signifie pas être froid. Les Béréens « reçurent la parole avec beaucoup d'empressement ». Si notre examen se réduit à relever les erreurs, il se peut que nous cherchions à nous protéger plutôt qu'à rechercher la vérité avec un cœur ouvert. Les Béréens réunissaient les deux : ils écoutaient attentivement et examinaient sérieusement.
Voici donc l'essentiel de cette leçon : écouter avec ouverture, examiner sérieusement, puis retenir ce qui est bon.
1. Paul et Silas durent partir en pleine nuit. Ils venaient de rencontrer des difficultés à Thessalonique.
2. Leur noblesse se voit dans deux attitudes. Ils reçurent la parole avec empressement et ils l'examinèrent chaque jour.
3. « Recevoir avec beaucoup d'empressement » et « examiner chaque jour » vont ensemble. Ils ne considéraient pas d'abord le message comme vrai pour l'examiner plus tard ; ils écoutaient sans hostilité tout en vérifiant sérieusement.
4. « Examinaient » est un verbe, et « chaque jour » en indique la fréquence. Leur critère était les Écritures.
5. La personne dont ils examinaient l'enseignement était Paul. Et Luc qualifie leur attitude de « noble ».
6. L'examen conduisit à la foi. « Plusieurs d'entre eux crurent. »
7. Les quatre exhortations de 1 Thessaloniciens 5:19-22 doivent être lues ensemble. Les deux premières nous gardent de tout rejeter ; les suivantes nous gardent de tout suivre.
Question d'ouverture : lorsque vous achetez quelque chose ou lisez les nouvelles, comment jugez-vous si une information est digne de confiance ? (Une personne présente pour la première fois peut aussi répondre.)
Conseil pour l'animation : gardez un ton détendu ; les réponses seront sans doute nombreuses. On entend souvent : vérifier la source, chercher si d'autres sources disent la même chose, demander à quelqu'un qui connaît bien le sujet. Cette question prépare la suite.
Rappel de la leçon (l'animateur le lit à voix haute, environ 1 minute, pour ceux qui n'ont pas fait la préparation)
Cette leçon porte sur Actes 17:10-12. Aussitôt, les frères firent partir de nuit Paul et Silas pour Bérée. Lorsqu'ils furent arrivés, ils entrèrent dans la synagogue des Juifs. Ces Juifs avaient des sentiments plus nobles que ceux de Thessalonique : ils reçurent la parole avec beaucoup d'empressement et examinaient chaque jour les Écritures pour voir si ce qu'on leur disait était exact. Plusieurs d'entre eux crurent, ainsi que beaucoup de femmes grecques de distinction et beaucoup d'hommes. Le passage parallèle est 1 Thessaloniciens 5 : « N'éteignez pas l'Esprit. Ne méprisez pas les prophéties. Mais examinez toutes choses; retenez ce qui est bon; abstenez-vous de toute espèce de mal. » Aujourd'hui, nous allons parler de l'examen qui naît de l'amour de la vérité.
1. Lisez le verset 10. Dans quelles circonstances Paul et Silas arrivèrent-ils à Bérée ? Où allèrent-ils d'abord après leur arrivée ?
Conseil pour l'animation : les frères les firent partir de nuit. Lorsqu'ils arrivèrent, ils entrèrent dans la synagogue des Juifs.
2. Lisez le verset 11. Luc dit que les Béréens avaient des sentiments « plus nobles » que ceux de Thessalonique. Combien de raisons donne-t-il ? Nommez-les séparément.
Conseil pour l'animation : deux raisons. Ils reçurent la parole avec beaucoup d'empressement ; ils examinaient chaque jour les Écritures pour voir si ce qu'on leur disait était exact. Les deux sont nécessaires.
3. Lisez le verset 12 et 1 Thessaloniciens 5:19-22. Quel fut le résultat de l'examen ? Que dit chacune des quatre exhortations de 1 Thessaloniciens ?
Conseil pour l'animation : plusieurs d'entre eux crurent. Les quatre exhortations sont : « N'éteignez pas l'Esprit » ; « Ne méprisez pas les prophéties » ; « examinez toutes choses; retenez ce qui est bon » ; « abstenez-vous de toute espèce de mal ».
4. « Recevoir la parole avec beaucoup d'empressement » et « examiner chaque jour » peuvent sembler opposés. Pourquoi Luc les réunit-il dans une même approbation ?
Conseil pour l'animation : c'est la question centrale ; prenez du temps. Recevoir sans examiner nous rend vulnérables aux erreurs ; examiner sans être disposé à recevoir nous empêche d'apprendre. Vous pouvez demander : lequel de ces deux aspects nous manque le plus ?
5. (Question facultative, si vous avez le temps.) Celui dont les Béréens examinaient l'enseignement à la lumière des Écritures était Paul. Qu'est-ce que cela nous apprend ?
Conseil pour l'animation : un enseignement vrai ne craint pas d'être examiné. Vous pouvez aussi demander : si quelqu'un dit « le fait de vérifier montre que vous n'êtes pas spirituel », que révèle cette phrase elle-même ?
6. Dans 1 Thessaloniciens 5, deux actions suivent l'examen. Pourquoi ne faut-il pas s'arrêter à l'examen lui-même ?
Conseil pour l'animation : retenir ce qui est bon signifie s'y attacher après l'avoir vérifié, au lieu de tout abandonner. S'abstenir de toute espèce de mal signifie ne pas garder le mal comme simple matière à réflexion. Vous pouvez demander : lorsque nous avons examiné quelque chose, passons-nous habituellement à l'action ?
7. Lorsque vous écoutez une prédication ou lisez un livre chrétien, revenez-vous ensuite aux Écritures pour vérifier ? (Répondez simplement avec honnêteté. Une personne présente pour la première fois peut décrire ses habitudes.)
Conseil pour l'animation : l'animateur peut commencer par parler de sa propre pratique, y compris des moments où il vérifie rarement. Ne jugez personne et ne transformez pas la question en évaluation des prédications de votre Église.
8. Cette semaine, quel enseignement déjà entendu aimeriez-vous ramener aux Écritures pour l'examiner ?
Conseil pour l'animation : soyez concret. Par exemple, relire dans son contexte un passage cité dans une prédication, ou étudier un texte que l'on cite souvent sans l'avoir lu attentivement. Le plan d'action ci-dessous prolonge directement cette question.
Demandez d'abord à un membre du groupe de lire lentement Actes 17:11, puis 1 Thessaloniciens 5:19-22. Gardez ensuite deux minutes de silence. Que chacun se demande intérieurement : lequel de ces deux aspects me manque le plus, la disposition à recevoir ou la volonté d'examiner ? Ceux qui le souhaitent peuvent prier en une ou deux phrases. Ceux qui préfèrent ne pas parler peuvent prier en silence ; c'est aussi une vraie prière. Les personnes présentes pour la première fois peuvent simplement écouter, sans aucune obligation de prier ou de prendre position. À la fin, l'animateur rassemble ces prières et intercède pour que chacun dans le groupe aime la vérité. Les sujets de prière restent dans le groupe ; les sujets sensibles ne sont ni saisis dans l'application ni envoyés dans la messagerie du groupe. En règle générale, avant tout suivi, demandez l'accord de la personne et ne notez en privé qu'une ou deux phrases indispensables. Lorsque la sécurité d'un enfant ou d'une personne incapable de se protéger est en jeu, ou qu'il existe un danger immédiat d'automutilation ou de violence envers autrui, l'accord préalable n'est pas requis : contactez sans délai les secours, la police ou le service de protection compétent du lieu où vous vous trouvez.
Vous pouvez commencer ainsi (piste de prière) :
Seigneur, les Béréens reçurent la parole avec beaucoup d'empressement et examinèrent chaque jour les Écritures pour voir si ce qu'on leur disait était exact. Nous reconnaissons que nous tombons souvent dans l'un des deux extrêmes : soit nous refusons d'écouter quoi que ce soit, soit nous suivons aussitôt une parole touchante. Donne-nous un cœur disposé à recevoir et la patience nécessaire pour examiner. Apprends-nous à prendre Ta Parole pour critère, plutôt que nos impressions, la popularité d'une personne ou l'assurance avec laquelle elle parle. Aide-nous à retenir ce qui est bon et à nous abstenir de toute espèce de mal. Au nom de Jésus. Amen.
Après la prière, chacun choisit une seule action parmi les suivantes pour cette semaine. Une seule suffit, et il n'y a aucun problème si vous ne savez pas encore laquelle choisir.
Il n'est pas nécessaire de la noter ni d'en rendre compte. Si vous le souhaitez, vous pourrez en parler lors de la prochaine rencontre. Si vous ne l'avez pas faite, apportez simplement à Dieu dans la prière ce qui vous a arrêté.
Vous pouvez choisir la leçon « Distinguer faux christs, faux prophètes et faux docteurs » (2 Pierre 2:1-10), ou la leçon « Comment la Bible est-elle interprétée ? » (2 Pierre 3:14-18).