Annoncer l'Évangile est un processus : préparer le sol, puis semer · Petits groupes

Apprendre à annoncer l'Évangile, Leçon 1. Lire 1 Corinthiens 3:1-9. Vouloir présenter dès la première conversation la création, le péché, la croix et la résurrection ; l'autre ne comprend plus rien et nous repartons découragés.

Passage principal : 1 Corinthiens 3:1-9

Paul dit : « J'ai planté, Apollos a arrosé, mais Dieu a fait croître ». Annoncer l'Évangile ressemble au travail de la terre : c'est un processus qui suit un certain ordre. On ameublit d'abord le sol — en établissant la confiance et en apaisant l'opposition intérieure ; puis on sème — en levant peu à peu les obstacles rationnels, depuis la création et le péché jusqu'à la croix et la résurrection ; enfin, on invite la personne à une véritable repentance. Rien ne doit manquer au cœur de l'Évangile, mais l'ordre et la quantité de ce que nous expliquons peuvent s'adapter à ce que la personne est capable de recevoir.

Introduction

Quand nous voulons expliquer en une seule conversation la création, le péché, la croix, la résurrection, le jugement et la vie éternelle, nous finissons souvent tous les deux épuisés : l'autre ne comprend plus rien, nous sommes découragés, et la fois suivante nous osons encore moins parler. Il existe aussi une autre forme de précipitation : avant même que la personne ait compris l'Évangile, nous la pressons de se prononcer, comme si un simple « oui » comptait davantage qu'une vraie connaissance de Christ.

Dans 1 Corinthiens 3, Paul rappelle la manière dont il avait enseigné les Corinthiens. ⚠️ Précisons d'abord le contexte : 1 Corinthiens 3 s'adresse à des personnes déjà croyantes, mais dont la jalousie et les disputes révèlent l'immaturité ; il ne s'adresse pas directement à des personnes qui découvrent la foi. Ce passage n'est donc pas un enseignement direct sur la méthode d'évangélisation. Nous y trouvons toutefois, par analogie, une juste mesure conforme à l'ensemble de la Bible : enseigner quelqu'un en tenant compte de ce qu'il peut recevoir à ce moment-là, sans diluer ni remplacer l'Évangile lui-même.

Je vous ai donné du lait, non de la nourriture solide, car vous ne pouviez pas la supporter; et vous ne le pouvez pas même à présent, parce que vous êtes encore charnels. (1 Corinthiens 3:2)

Ici, « donner du lait » contient un reproche : Paul ajoute qu'ils sont « encore charnels », puisqu'il y a parmi eux jalousie et disputes (1 Corinthiens 3:3). Le « lait » n'est pas non plus un Évangile dilué : le même Paul expose pleinement la mort et la résurrection de Christ dans 1 Corinthiens 15. La différence entre le lait et la nourriture solide ne tient pas au vrai et au faux, mais aux fondements et à l'approfondissement, à ce qu'une personne peut ou ne peut pas recevoir maintenant. Dans son discours d'adieu, Jésus dit aussi : « J'ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les porter maintenant. » (Jean 16:12) Même le Seigneur choisit parfois de ne pas tout dire immédiatement.

Paul emploie ensuite l'image d'un champ :

J'ai planté, Apollos a arrosé, mais Dieu a fait croître, (1 Corinthiens 3:6)

Le travail de la terre suit un ordre. Dans la parabole du semeur, Jésus parle d'une semence tombée le long du chemin, sur un sol peu profond et pierreux, parmi les épines ou dans la bonne terre (Marc 4:3-8). Cette parabole décrit différentes façons dont le cœur reçoit la parole de Dieu. À partir de cette image, remarquons ceci : la même semence ne peut pas pénétrer dans un chemin durci par les pas. Nous ne pouvons pas changer le cœur de quelqu'un à sa place ; c'est l'œuvre de Dieu. Mais nous pouvons suivre un ordre et accomplir fidèlement la part qui nous revient. Cette série suit donc trois étapes :

Première étape, ameublir le sol : établir la confiance et apaiser l'opposition. Beaucoup de personnes ont déjà entendu parler de l'Évangile, mais se mettent aussitôt sur la défensive : elles craignent qu'on veuille les « convertir à une religion », qu'on les traite comme une cible, ou elles ont été blessées par des croyants. Même un raisonnement juste ne pénètre pas un tel sol. Pour l'ameublir, il faut prier, vivre une relation authentique, écouter d'abord ce que l'autre pense, raconter ce que Dieu a fait dans notre propre vie et répondre avec douceur. Une fois le sol ameubli, la semence peut y entrer.

Deuxième étape, semer : lever peu à peu les obstacles rationnels. Avec une personne qui n'a pas la notion de « Créateur », il faut commencer par la création — il existe un Dieu qui a créé le ciel et la terre et qui ne cesse de faire du bien aux êtres humains ; parler ensuite du péché — l'être humain ne croit plus à la bonté de Dieu et décide lui-même du bien et du mal ; puis parler de la croix et de la résurrection — Dieu a donné même son propre Fils afin que l'être humain lui fasse de nouveau confiance et soit réconcilié avec lui. Dans cet ordre, chaque étape trouve sa place.

Troisième étape, appeler à une vraie repentance : lancer l'invitation. Une fois le message expliqué, il faut réellement inviter la personne à se tourner vers Dieu. Il ne s'agit pas de réciter une phrase, mais de changer de direction, de rendre à Dieu l'autorité de définir le bien et le mal et d'accueillir Christ. L'invitation doit être claire tout en respectant le cheminement de la personne.

Ces trois étapes ne sont pas un schéma rigide : chez certains, le sol est déjà meuble et la conversation passe directement aux semailles ; d'autres, après avoir entendu parler de la croix, reviennent à leurs questions sur la création. Cet ordre nous aide à ne pas paniquer ; il ne sert pas à enfermer les gens dans des cases.

Rappelons-nous aussi la phrase suivante de Paul : « en sorte que ce n'est pas celui qui plante qui est quelque chose, ni celui qui arrose, mais Dieu qui fait croître. » (1 Corinthiens 3:7) C'est un remède pour ceux qui veulent aller trop vite. Si nous voulons tout expliquer d'un seul coup, c'est souvent parce que nous portons intérieurement la responsabilité du résultat. Or la croissance ne dépend pas de nous. Cela nous soulage, sans nous faire mépriser la petite part de plantation ou d'arrosage qui nous revient : « nous sommes ouvriers avec Dieu » (1 Corinthiens 3:9).

Précisons encore ceci : « prendre son temps » n'est pas une excuse pour remettre toujours à plus tard. Paul regrette que les Corinthiens ne puissent « même à présent » recevoir une nourriture solide. Prendre son temps, c'est respecter ce que l'autre peut recevoir, et non céder à notre peur. Quand le sol est meuble, il faut semer ; après avoir semé, il faut attendre, mais aussi inviter.

Voici donc le point essentiel de cette leçon : annoncer l'Évangile est un processus — on ameublit le sol, on sème, puis on appelle à une vraie repentance. Le cœur du message n'est pas réduit ; l'ordre tient compte de ce que la personne peut recevoir. Nous plantons et arrosons avec sérieux, et nous remettons la croissance à Dieu.

Notes d’étude

1. « Donner du lait » n'est pas un compliment. Paul ajoute qu'ils sont encore charnels et qu'il y a parmi eux jalousie et disputes.

2. La quantité et l'ordre peuvent changer ; le contenu ne peut pas être réduit. Dans 1 Corinthiens 15, le même Paul expose pleinement la mort et la résurrection de Christ.

3. « Vous ne pouvez pas les porter maintenant. » Même le Seigneur choisit parfois de ne pas tout dire immédiatement.

4. Le travail de la terre suit un ordre. On ameublit le sol, on sème, puis, au moment approprié, on appelle à la repentance. Cette série suit ces trois étapes, sans en faire un schéma rigide.

5. « Dieu a fait croître ». C'est un remède pour ceux qui veulent aller trop vite : nous n'avons pas à porter le résultat.

6. Dire que celui qui plante « n'est pas quelque chose » ne signifie pas qu'il n'a rien à faire. Le verset suivant dit : « chacun recevra sa propre récompense selon son propre travail » ; nous sommes ouvriers avec Dieu.

7. Prendre son temps n'est pas une excuse pour remettre toujours à plus tard. La vraie patience prépare l'étape suivante. Si nous n'ouvrons plus jamais la bouche, demandons-nous aussi si la peur nous retient.

Discussion

Ouverture (environ 10 minutes)

Un mot préalable (à lire par l'animateur)

Ce qui est partagé dans le groupe ne doit pas être répété ailleurs. Il existe cependant une exception : si quelqu'un subit actuellement des violences, si la sécurité d'un enfant ou d'une personne vulnérable est en jeu, ou s'il existe un danger immédiat de se faire du mal ou de blesser quelqu'un, l'animateur ne peut pas promettre un secret absolu. En général, il cherchera d'abord à en parler avec la personne concernée et ne transmettra que les informations nécessaires à ceux qui peuvent réellement aider. S'il s'agit d'un enfant, d'une personne incapable de se protéger ou d'un danger immédiat, il n'attendra pas nécessairement son accord et contactera, selon la situation, un pasteur, un professionnel qualifié, la police locale ou les services d'urgence et de santé. En cas de danger immédiat, il faut demander de l'aide sur-le-champ et ne pas laisser la personne seule.

Question d'entrée : avez-vous déjà appris quelque chose à quelqu'un ? Qu'avez-vous enseigné en premier ? (Apprendre à un enfant à écrire, montrer un logiciel à un collègue ou enseigner une recette comptent aussi. Une personne venue pour la première fois peut également répondre.)

Conseil d'animation : gardez un ton léger. Le groupe constatera que personne n'enseigne tout dès la première leçon ; on commence par donner à l'autre l'envie d'apprendre. Cette question prépare la suite.

Rappel de la leçon (à lire par l'animateur en environ une minute, pour ceux qui n'ont pas fait la préparation)

Cette leçon porte sur 1 Corinthiens 3:1-9. Paul explique qu'il n'a pas pu parler aux Corinthiens comme à des personnes spirituelles, mais comme à des personnes charnelles, comme à des enfants en Christ. Il leur a donné du lait et non de la nourriture solide, car ils ne pouvaient pas la supporter et ne le peuvent toujours pas. Leur jalousie et leurs disputes montrent qu'ils sont encore charnels. Certains disent appartenir à Paul, d'autres à Apollos. Mais Paul et Apollos ne sont que des serviteurs par qui ils ont cru, selon ce que le Seigneur a donné à chacun. Paul a planté, Apollos a arrosé, mais Dieu a fait croître. Celui qui plante et celui qui arrose ne sont rien ; seul Dieu fait croître. Ils sont égaux et chacun recevra sa récompense selon son travail, car nous sommes ouvriers avec Dieu. En parallèle, Jean 16 dit que Jésus avait encore beaucoup de choses à dire à ses disciples, mais qu'ils ne pouvaient pas les porter à ce moment-là. Dans la parabole du semeur en Marc 4, la semence tombe le long du chemin, sur un sol pierreux, parmi les épines et dans la bonne terre. Aujourd'hui, nous allons parler de l'évangélisation comme d'un processus.

Observation

1. Lisez les versets 1-4. Comment Paul voyait-il alors les Corinthiens ? Leur « donner du lait » était-il un compliment ?

Conseil d'animation : il les voyait comme des enfants en Christ. Ce n'était pas un compliment : il ajoute qu'ils sont encore charnels, car il y a parmi eux jalousie et disputes.

2. Lisez les versets 5-7. Qu'ont fait Paul et Apollos ? Qui a fait croître ?

Conseil d'animation : Paul a planté, Apollos a arrosé, mais Dieu a fait croître. Paul dit aussi que celui qui plante et celui qui arrose ne sont rien.

3. Lisez les versets 8-9, puis Jean 16:12 et Marc 4:3-8. Quelles sont les deux affirmations ajoutées par Paul ? Sur quels types de sol la semence tombe-t-elle dans la parabole du semeur ?

Conseil d'animation : chacun recevra sa propre récompense selon son travail ; nous sommes ouvriers avec Dieu. La semence tombe le long du chemin, sur un sol pierreux et peu profond, parmi les épines et dans la bonne terre.

Interprétation

4. Quelle différence y a-t-il entre « adapter l'ordre et la quantité » et « ne raconter que la moitié de l'Évangile » ?

Conseil d'animation : c'est la question centrale ; accordez-lui du temps. Une conversation peut ne faire qu'une étape, mais au fil du processus on ne peut ni omettre ni remplacer le fait que Christ est mort pour nos péchés, a été enseveli et est ressuscité. Vous pouvez demander à chacun de donner un exemple.

5. (Question facultative, si vous avez le temps.) Pourquoi faut-il souvent « ameublir le sol » avant de semer ? Avec une personne qui n'a pas la notion de Créateur, pourquoi commencer par la création, parler ensuite du péché, puis de la croix ?

Conseil d'animation : quand le cœur est en opposition, même un raisonnement juste ne pénètre pas. Nous ne pouvons pas changer le cœur d'une personne à sa place, mais la prière, une relation authentique et l'écoute peuvent apaiser cette opposition. En parlant d'abord de la création, on comprend contre qui le péché est commis ; une fois le péché expliqué, on comprend le sens de la croix. Rappelez aussi que cet ordre nous aide à ne pas paniquer ; ce n'est pas une procédure rigide.

6. « Établir d'abord une relation » et « attendre le bon moment » : comment discerner si nous sommes attentionnés ou si nous nous cachons ?

Conseil d'animation : l'attention et la peur coexistent souvent ; inutile de diviser les gens en deux catégories. Nous pouvons nous demander : ai-je vraiment écouté sa question ? Ai-je préparé une prochaine étape adaptée ? Si je conclus chaque fois que « ce n'est pas encore le moment », je peux aussi me demander honnêtement si la peur me retient.

Application

7. Pensez à une personne pour qui vous priez : son principal obstacle ressemble-t-il plutôt à une opposition émotionnelle ou à une question rationnelle ? Quelle pourrait être votre prochaine étape ? (Une personne venue pour la première fois peut également dire ce dont elle avait d'abord besoin.)

Conseil d'animation : ceux qui le souhaitent peuvent répondre en une ou deux phrases, sans nommer la personne. Veillez à ne pas passer de « réfléchir à ce dont elle a besoin » à « porter un jugement sur elle ». Ne comparez pas ici les efforts d'évangélisation des participants.

8. Jusqu'où aimeriez-vous aller dans votre conversation avec cette personne cette semaine ?

Conseil d'animation : cherchez quelque chose de précis : l'inviter à partager un repas, écouter vraiment de ses nouvelles, répondre à une question qu'elle a déjà posée ou fixer une prochaine conversation. Si vous commencez cette fois-ci à expliquer l'Évangile, ne réduisez pas tout à « Dieu t'aidera » : préparez-vous à expliquer clairement la mort et la résurrection de Christ dans les conversations suivantes. Le plan d'action ci-dessous va dans ce sens.

Prière et mise en pratique

Prier ensemble (environ 15 minutes)

Demandez à un membre du groupe de lire lentement 1 Corinthiens 3:6-9, puis gardez deux minutes de silence. Que chacun remette intérieurement cette personne à Dieu et lui dise : « La croissance est entre Tes mains. » Ceux qui le souhaitent peuvent prier en une ou deux phrases et demander à Dieu d'ameublir le sol de son cœur. Ceux qui ne souhaitent pas parler peuvent prier en silence ; une personne venue pour la première fois peut simplement écouter, sans devoir prier ni prendre position. Pour conclure, l'animateur demande la patience pour chacun dans le groupe, ainsi que le courage. Les sujets de prière restent dans le groupe ; les sujets sensibles ne sont ni saisis dans l'application ni publiés dans le groupe de discussion en ligne. En général, demandez l'accord de la personne avant tout suivi, puis notez seulement, en privé, une ou deux phrases indispensables. Si la sécurité d'un enfant ou d'une personne incapable de se protéger est en jeu, ou s'il existe un danger immédiat de se faire du mal ou de blesser quelqu'un, il n'est pas nécessaire d'attendre son accord : contactez immédiatement les services d'urgence, la police locale ou un organisme de protection approprié.

Vous pouvez commencer ainsi (orientation de prière) :

Seigneur, Paul a planté, Apollos a arrosé, mais c'est Toi qui fais croître. Nous reconnaissons que nous voulons souvent tout expliquer d'un seul coup, comme si le résultat dépendait de nos forces ; nous reconnaissons aussi que, parfois, « attendre le bon moment » cache simplement notre peur. Nous T'en prions, ameublis le sol du cœur de nos amis afin que leurs défenses tombent peu à peu. Aide-nous aussi à suivre un ordre sans rien retirer à Ton Évangile. Donne-nous la patience et le courage. Au nom de Jésus. Amen.

Plan d'action de la semaine (environ 5 minutes)

Après la prière, chacun choisit une seule action ci-dessous pour cette semaine. Une seule suffit ; il n'y a aucun problème si vous ne savez pas encore laquelle choisir.

Il n'est pas nécessaire de la noter ni d'en rendre compte. Si vous le souhaitez, vous pourrez en parler à la prochaine rencontre. Si vous n'avez pas réussi, apportez simplement à Dieu dans la prière ce qui vous a arrêté.

Pour aller plus loin

Vous pouvez choisir la leçon « Commencer par la prière et une relation authentique » (Colossiens 4:2-6), ou la leçon « Commencer par la création » (Actes 14:8-18).

Guide de l’animateur