Apprendre à annoncer l'Évangile, Leçon 3. Lire Marc 10:46-52. Réciter jusqu'au bout un discours bien préparé sans écouter réellement l'histoire ni les questions de l'autre.
Passage principal : Marc 10:46-52
Bartimée a crié deux fois au bord du chemin. Jésus s'est arrêté, l'a fait appeler, puis lui a demandé : « Que veux-tu que je te fasse? » **Il n'a pas décidé à sa place ; il lui a permis de l'exprimer lui-même.** Dans l'annonce de l'Évangile, la première chose à apprendre n'est pas de parler, mais d'écouter : entendre la vraie question de l'autre et lui permettre de la formuler lui-même.
Après avoir appris une présentation de l'Évangile, il est très facile de tomber dans ce défaut : parler sans s'arrêter. Nous n'écoutons pas vraiment ce que l'autre dit, ce qui l'inquiète ou ce qui le bloque. Nous attendons simplement qu'il ait fini afin d'enchaîner avec la prochaine phrase préparée. Après la conversation, nous nous étonnons encore : j'ai pourtant été très clair ; pourquoi n'a-t-il pas réagi ?
Le récit qui termine Marc 10 nous montre une autre manière de faire.
Regardons d'abord la situation. « le fils de Timée, Bartimée, mendiant aveugle, était assis au bord du chemin. » (Marc 10:46) Marc l'identifie précisément comme le fils de Timée, Bartimée. Ce n'est pas un cas médical sans identité, mais une personne concrète dont le nom a été gardé.
Lorsqu'il apprend que Jésus de Nazareth passe, il crie : « Fils de David, Jésus aie pitié de moi! » (Marc 10:47) Puis se produit une scène très réaliste : « Plusieurs le reprenaient, pour le faire taire; » (Marc 10:48). Les personnes qui entourent Jésus deviennent un obstacle pour celui qui cherche à s'approcher. Mais il ne recule pas ; « il criait beaucoup plus fort; Fils de David, aie pitié de moi! » (Marc 10:48)
Jésus fait alors quelque chose :
Jésus s'arrêta, et dit: Appelez-le. (Marc 10:49)
Il s'arrête. Il est en chemin, sortant de Jéricho avec ses disciples et une grande foule, et il s'arrête. Puis il ne va pas directement vers Bartimée, mais dit : « Appelez-le. » Ceux qui le reprenaient deviennent alors les messagers : « Prends courage, lève-toi, il t'appelle. » (Marc 10:49) L'aveugle jette son manteau, se lève d'un bond et vient vers Jésus.
Vient ensuite le cœur de cette leçon :
Jésus, prenant la parole, lui dit: Que veux-tu que je te fasse? Rabbouni, lui répondit l'aveugle, que je recouvre la vue. (Marc 10:51)
Tout le monde sait qu'il est un mendiant aveugle. Il pourrait demander de l'argent ou demander à être guéri. Jésus lui demande pourtant : « Que veux-tu que je te fasse? » Le récit laisse Bartimée exprimer lui-même sa demande, au lieu de laisser quelqu'un d'autre décider de la réponse à sa place.
Remarquons aussi que, plus tôt dans le même chapitre, lorsque Jacques et Jean demandent des places d'honneur, Jésus leur pose une question semblable : « Que voulez-vous que je fasse pour vous? » (Marc 10:36) La même question reçoit des réponses très différentes : ces deux disciples demandent une place d'honneur ; Bartimée demande à recouvrer la vue.
Le récit se termine ainsi : « Et Jésus lui dit: Va, ta foi t'a sauvé. Aussitôt il recouvra la vue, et suivit Jésus dans le chemin. » (Marc 10:52)
Actes 17 présente un autre exemple. À Athènes, Paul observe les objets de culte de la ville tout en parlant chaque jour de Jésus et de la résurrection dans la synagogue et sur la place publique. Devant l'Aréopage, il part de ce que ses auditeurs connaissent, puis les conduit vers le Créateur : « Le Dieu qui a fait le monde et tout ce qui s'y trouve, étant le Seigneur du ciel et de la terre, n'habite point dans des temples faits de main d'homme; » (Actes 17:24) ; « Il a fait que tous les hommes, sortis d'un seul sang, habitassent sur toute la surface de la terre, » (Actes 17:26) ; « il a voulu qu'ils cherchassent le Seigneur, et qu'ils s'efforçassent de le trouver en tâtonnant, bien qu'il ne soit pas loin de chacun de nous, » (Actes 17:27). Il cite même leurs propres poètes, mais finit tout de même par parler de repentance, de jugement et de résurrection. Comprendre d'abord où se trouve l'autre, puis lui indiquer le chemin, ce n'est pas faire des compromis ; c'est lui transmettre réellement le message.
Il faut être clair : écouter d'abord ne signifie pas ne jamais parler. Après sa question, Jésus guérit Bartimée. Après avoir observé et dialogué à Athènes, Paul parle toujours du Créateur, de la repentance, du jugement et de la résurrection. Nous écoutons afin de parler avec justesse, et non afin de ne jamais parler.
L'exercice de cette leçon est donc très concret : parler un peu moins, poser une question de plus, puis laisser l'autre finir. Lorsque nous parlons de la foi, les mots « Qu'en pensez-vous ? » sont souvent plus utiles qu'un long paragraphe appris par cœur.
1. Marc l'identifie précisément comme le fils de Timée, Bartimée. Ce n'est pas un cas médical sans identité, mais une personne concrète dont le nom a été gardé.
2. « Plusieurs le reprenaient, pour le faire taire ». Les personnes qui entourent Jésus deviennent un obstacle pour celui qui cherche à s'approcher.
3. « Jésus s'arrêta ». Il est en train de quitter Jéricho avec ses disciples et une grande foule lorsqu'il s'arrête en chemin.
4. « Appelez-le. » Ceux qui le reprenaient deviennent alors les messagers.
5. La question lui permet d'exprimer lui-même sa demande. Tout le monde sait qu'il est un mendiant aveugle ; il pourrait demander de l'argent ou demander à être guéri. Jésus le laisse parler pour lui-même.
6. Dans le même chapitre, Jésus pose la même question à Jacques et Jean. « Que voulez-vous que je fasse pour vous? » La même question reçoit des réponses très différentes : ces deux disciples demandent une place d'honneur ; Bartimée demande à recouvrer la vue.
7. Écouter d'abord ne signifie pas ne jamais parler. Après sa question, Jésus guérit Bartimée. Après avoir observé et dialogué à Athènes, Paul parle toujours du Créateur, de la repentance, du jugement et de la résurrection.
Un mot avant de commencer (lu par l'animateur)
Ce qui est partagé dans le groupe ne doit pas être répété ailleurs. Il y a toutefois une exception : si quelqu'un subit actuellement des violences, si la sécurité d'un enfant ou d'une personne vulnérable est menacée, ou s'il existe un danger immédiat qu'une personne se fasse du mal ou fasse du mal à quelqu'un d'autre, l'animateur ne peut pas promettre une confidentialité absolue. En règle générale, il essaiera d'abord d'en parler avec la personne concernée et ne transmettra que les informations nécessaires à ceux qui peuvent réellement aider. Lorsqu'un enfant ou une personne incapable de se protéger est concerné, ou en cas de danger immédiat, il n'est pas nécessaire d'attendre son accord : selon la situation, contactez un pasteur, un professionnel qualifié, la police, les services d'urgence ou les services médicaux locaux. En cas de danger immédiat, demandez de l'aide sur-le-champ et ne laissez pas la personne seule.
Mise en route : vous est-il déjà arrivé de parler longuement sans que l'autre comprenne vraiment ce que vous vouliez dire ? (Cela peut être en faisant des achats, chez le médecin ou en expliquant quelque chose à votre famille. Les personnes présentes pour la première fois peuvent aussi répondre.)
Conseil pour l'animateur : gardez un ton léger ; beaucoup se reconnaîtront. Souvent, le problème ne vient pas d'une mauvaise formulation, mais du fait que l'on n'a pas d'abord compris ce que l'autre voulait. Cette question prépare la suite.
Rappel de la leçon (lu par l'animateur, environ 1 minute, pour ceux qui n'ont pas fait la préparation)
Cette leçon porte sur Marc 10:46-52. Lorsque Jésus sort de Jéricho avec ses disciples et une assez grande foule, le fils de Timée, Bartimée, mendiant aveugle, est assis au bord du chemin. Il entend que c'est Jésus de Nazareth et se met à crier : Fils de David, Jésus, aie pitié de moi ! Plusieurs le reprennent pour le faire taire, mais il crie beaucoup plus fort : Fils de David, aie pitié de moi ! Jésus s'arrête et dit de l'appeler. Ils appellent l'aveugle en lui disant de prendre courage, de se lever, car Jésus l'appelle. L'aveugle jette son manteau, se lève d'un bond et vient vers Jésus. Jésus lui demande ce qu'il veut qu'il fasse pour lui. L'aveugle répond qu'il veut recouvrer la vue. Jésus lui dit que sa foi l'a sauvé. Aussitôt, il recouvre la vue et suit Jésus dans le chemin. Le passage parallèle est Actes 17 : à Athènes, Paul parle du Dieu qui a fait le monde et tout ce qui s'y trouve, Seigneur du ciel et de la terre, qui n'habite pas dans des temples faits de main d'homme. Il a fait que tous les hommes, sortis d'un seul sang, habitent sur toute la surface de la terre afin qu'ils le cherchent ; pourtant, il n'est pas loin de chacun de nous. Aujourd'hui, nous parlerons de l'importance d'écouter d'abord ce que pense l'autre.
1. Lisez les versets 46-48. Comment Marc présente-t-il cet homme ? Comment les gens autour de lui le traitent-ils ?
Conseil pour l'animateur : Marc donne son nom et le nom de son père : le fils de Timée, Bartimée. Les gens le reprennent pour le faire taire ; lui crie encore plus fort.
2. Lisez les versets 49-50. Quelles sont les deux actions de Jésus ? Comment le rôle de la foule change-t-il ?
Conseil pour l'animateur : Jésus s'arrête et dit : « Appelez-le. » Ceux qui reprenaient Bartimée deviennent les messagers : « Prends courage, lève-toi, il t'appelle. »
3. Lisez les versets 51-52, puis Actes 17:24-27. Que demande Jésus ? Par quoi Paul commence-t-il à Athènes ?
Conseil pour l'animateur : Jésus demande : « Que veux-tu que je te fasse? » Paul commence par le Créateur : il est le Seigneur du ciel et de la terre, il n'habite pas dans des temples faits de main d'homme, il a fait tous les peuples à partir d'un seul sang et il n'est pas loin de chacun de nous.
4. Jésus n'agit pas immédiatement, mais pose d'abord une question. Comment cette question donne-t-elle à Bartimée la possibilité de s'exprimer lui-même ?
Conseil pour l'animateur : c'est la question centrale de la leçon ; accordez-lui du temps. Bartimée pourrait demander de l'argent ou demander à être guéri. Jésus le laisse parler lui-même au lieu de décider de la réponse à sa place. Vous pouvez demander : lorsque nous parlons de la foi, partons-nous de ce que l'autre dit ou du discours que nous avons préparé ?
5. (Question facultative, si le temps le permet) Dans le même chapitre, Jésus demande aussi à Jacques et Jean : « Que voulez-vous que je fasse pour vous? » En quoi les deux réponses diffèrent-elles ?
Conseil pour l'animateur : ces deux disciples demandent une place d'honneur ; Bartimée demande à recouvrer la vue. Une question ne choisit pas la réponse de l'autre ; elle lui donne la place nécessaire pour exprimer ce qu'il veut.
6. Écouter d'abord risque-t-il de devenir une manière de ne jamais parler ? Comment éviter cela ?
Conseil pour l'animateur : après sa question, Jésus guérit Bartimée. Après avoir observé et dialogué à Athènes, Paul parle toujours du Créateur, de la repentance, du jugement et de la résurrection. Nous écoutons pour parler avec justesse. Vous pouvez convenir d'une question d'autoévaluation : dans cette conversation, ai-je dit la parole qu'il fallait dire ?
7. Pour ceux qui le souhaitent, formez des binômes. Une personne parle pendant trois minutes d'une situation récente qu'elle accepte de partager et qui ne demande pas d'intervention immédiate ; il peut aussi s'agir du quotidien. L'autre écoute et pose uniquement des questions de clarification, sans donner de réponse. Vous pouvez ensuite échanger les rôles si vous le souhaitez. (Chacun peut aussi seulement écouter ou ne pas participer.)
Conseil pour l'animateur : demandez ensuite à deux ou trois personnes comment elles ont vécu l'exercice. Ne supposez pas ce qu'elles devraient répondre et ne les interrogez pas sur ce qu'elles ont raconté. Si quelqu'un mentionne un risque immédiat pour sa sécurité, arrêtez l'exercice et appliquez aussitôt l'exception à la confidentialité annoncée au début.
8. Cette semaine, qui aimeriez-vous écouter attentivement ? Après l'avoir écouté, s'il le souhaite, comment pourriez-vous dire une phrase claire et honnête au sujet de Jésus sans reprendre aussitôt la parole ni monopoliser la conversation ?
Conseil pour l'animateur : vous pouvez demander : « Qu'est-ce qui vous préoccupe le plus en ce moment ? » ou « Qu'est-ce qui est le plus difficile pour vous dans cette situation ? » Écoutez vraiment jusqu'au bout, sans répondre trop vite. Si le moment convient, dites brièvement pourquoi vous avez de l'espérance en Jésus. Le plan d'action qui suit partira de là.
Demandez à un membre du groupe de lire lentement Marc 10:49-52, puis gardez deux minutes de silence. Que chacun pense à une personne et se pose cette question : est-ce que je sais vraiment ce qui l'inquiète ? Ceux qui le souhaitent peuvent prier en une ou deux phrases. Ceux qui ne souhaitent pas parler peuvent prier en silence ; cela aussi est une prière. Les personnes présentes pour la première fois peuvent simplement écouter, sans avoir à prier ni à prendre position. Enfin, l'animateur conclut en intercédant pour les personnes auxquelles chacun pense. Les sujets de prière restent dans le groupe ; les sujets sensibles ne doivent pas être notés dans l'application ni publiés dans une messagerie de groupe. Pour un suivi ordinaire, demandez d'abord l'accord de la personne et ne notez en privé qu'une ou deux phrases nécessaires. Si la sécurité d'un enfant ou d'une personne incapable de se protéger est menacée, ou s'il existe un danger immédiat d'automutilation ou de violence envers autrui, n'attendez pas son accord : contactez immédiatement les services d'urgence, la police ou un service de protection approprié de votre région.
Vous pouvez commencer ainsi (orientation de prière) :
Seigneur Jésus, il y avait une grande foule sur le chemin, et pourtant Tu T'es arrêté. Tu n'as pas décidé à la place de Bartimée ce qu'il voulait ; Tu lui as demandé : que veux-tu que Je te fasse ? Nous reconnaissons que, lorsque nous parlons de la foi, nous sommes souvent occupés à dire ce que nous avons préparé. Donne-nous la patience de nous arrêter et des oreilles qui acceptent d'écouter. Après avoir écouté, aide-nous aussi à dire ce qui doit être dit. Ne permets pas que nous devenions un obstacle pour ceux qui veulent s'approcher de Toi. Nous Te le demandons en Ton nom, amen.
Après la prière, chacun choisit une action parmi les suivantes pour cette semaine. Une seule suffit ; si vous n'arrivez pas encore à choisir, ce n'est pas grave.
Il n'est pas nécessaire de noter ce que vous avez fait ni d'en rendre compte. Si vous le souhaitez, vous pourrez en parler à la prochaine rencontre. Si vous n'y êtes pas arrivé, apportez dans la prière ce qui vous a arrêté.
Vous pouvez choisir la leçon Répondre avec douceur et oser dire : « Je ne sais pas » (1 Pierre 3:13-17), ou la leçon « Commencer par la prière et une relation authentique » (Colossiens 4:2-6).