Porter les faiblesses des autres et porter chacun sa propre charge · Petits groupes

Aimez-vous les uns les autres : la vie dans le corps de Christ, Leçon 7. Lire Galates 6:1-5. Tantôt porter tout à la place de quelqu'un, tantôt trouver cela trop pénible et ne plus s'en soucier.

Passage principal : Galates 6:1-5

Paul ordonne d'un côté : « Portez les fardeaux les uns des autres » (Galates 6:2), et rappelle de l'autre : « chacun portera son propre fardeau » (Galates 6:5). Ces deux paroles ne se contredisent pas : nous ne restons pas les bras croisés, mais nous ne prenons pas non plus le contrôle de la vie d'autrui. Chacun doit examiner sa propre conduite devant Dieu et assumer sa responsabilité.

Introduction

Lorsqu'il s'agit d'aider quelqu'un, beaucoup de personnes oscillent entre deux extrêmes. Pendant un temps, elles prennent tout en charge : elles font les démarches, avancent l'argent, cherchent des solutions et prennent les décisions à sa place. Puis la fatigue et la colère apparaissent : « J'ai tant fait pour lui. » Ensuite vient le retrait : elles ne répondent plus aux messages, évitent la personne et se disent : « C'est son affaire, qu'il se débrouille. » Puis elles se sentent un peu coupables. Ces deux attitudes peuvent se succéder chez la même personne, envers la même personne. Les cinq premiers versets de Galates 6 nous aident précisément à les distinguer. Paul part d'une situation très concrète :

Frères, si un homme vient à être surpris en quelque faute, vous qui êtes spirituels, redressez-le avec un esprit de douceur. Prends garde à toi-même, de peur que tu ne sois aussi tenté. (Galates 6:1)

Le verbe rendu par « surpris en quelque faute » peut évoquer le fait d'être rattrapé ou pris sur le fait ; il décrit une personne tombée dans une faute. Le texte ne précise pas si elle n'avait aucune intention de la commettre. Il s'intéresse à la manière dont les autres doivent la redresser. Dans le contexte du chapitre précédent, « vous qui êtes spirituels » désigne ceux qui marchent selon l'Esprit ; or, la douceur fait partie du fruit de l'Esprit. La manière d'agir est donc elle aussi définie : « avec un esprit de douceur ». Le ton employé fait partie de l'acte de redresser. La dernière phrase est la plus humble : « Prends garde à toi-même, de peur que tu ne sois aussi tenté. » Celui qui aide l'autre à se relever peut lui aussi tomber. Vient ensuite cette parole souvent citée :

Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi de Christ. (Galates 6:2)

Le mot grec traduit ici par « fardeaux » souligne une charge lourde, qu'une personne ne parvient pas à porter seule. Porter ensemble un tel fardeau, dit Paul, c'est accomplir la loi de Christ. On saute souvent les deux versets suivants, qui sont pourtant essentiels :

Si quelqu'un pense être quelque chose, quoiqu'il ne soit rien, il s'abuse lui-même. Que chacun examine ses propres oeuvres, et alors il aura sujet de se glorifier pour lui seul, et non par rapport à autrui; car chacun portera son propre fardeau. (Galates 6:3-5)

Ces versets ramènent tout le monde à l'examen de soi. Que nous soyons en train d'aider ou d'être aidés, nous ne devons ni nous surestimer ni nous comparer aux autres. Au verset 5, le texte grec emploie pour « fardeau » un autre mot, qui désigne une charge plus ordinaire, ce que chacun porte avec lui. Le sens du verset doit être compris dans son contexte : chacun doit examiner ses propres œuvres et rendre compte de lui-même devant Dieu. Sur ce point, aucune comparaison ni substitution n'est possible. Les versets 2 et 5 ne se contredisent donc pas. Lorsqu'un fardeau menace d'écraser quelqu'un, ne restons pas à regarder. Mais la part de responsabilité que chacun porte devant Dieu doit finalement être assumée par lui. Celui qui l'aide peut marcher à ses côtés, mais il ne peut pas prendre le contrôle de sa vie. Une parole de l'épître aux Romains nous aide à comprendre comment l'accompagner :

Nous qui sommes forts, nous devons supporter les faiblesses de ceux qui ne le sont pas, et ne pas nous complaire en nous-mêmes. Que chacun de nous complaise au prochain pour ce qui est bien en vue de l'édification. (Romains 15:1-2)

Ce passage nous demande de ne pas rechercher ce qui nous plaît, mais ce qui est bon pour notre prochain en vue de son édification. Avant d'aider, écoutons donc la personne nous dire ce dont elle a besoin, puis réfléchissons ensemble à la forme d'aide qui pourra véritablement la faire grandir. Il ne s'agit ni de lui faire plaisir à tout prix, ni de décider à sa place.

Concrètement, ne jugez pas l'effort d'une personne à partir de ce qui se voit. La dépression, un traumatisme ou une pression prolongée ne sont pas toujours visibles. Commencez par demander ce qu'elle porte et quel type d'aide elle est prête à recevoir. Discutez ensuite avec elle de ce que d'autres doivent l'aider à porter et des décisions qui doivent rester les siennes. Interrogez-vous aussi : est-ce que je l'accompagne pour qu'elle se relève, ou est-ce que je prends peu à peu le contrôle de sa vie ? Suis-je capable de porter cette part ? Lorsqu'une situation dépasse vos capacités, dites-le, faites appel à d'autres ou orientez la personne vers quelqu'un de compétent. Si vous vous épuisez jusqu'à vous effondrer, vous ne pourrez plus aider personne. Enfin, la pensée « J'ai tant fait pour lui » a-t-elle déjà surgi ? Elle indique souvent qu'il faut redéfinir les limites.

Quelques points doivent enfin être clairement établis. « Chacun portera son propre fardeau » ne doit jamais servir à justifier l'indifférence envers celui qui souffre. Une personne écrasée a besoin que quelqu'un vienne porter avec elle ; lui dire « c'est ton problème, à toi de le régler » ne fera que l'isoler davantage. Inversement, « porter les fardeaux les uns des autres » ne signifie pas décider à la place d'autrui. Aider ne consiste pas à prendre le contrôle de sa vie. Les situations dangereuses ne relèvent pas de ce dosage : violence familiale, dépression grave, risque qu'une personne se fasse du mal ou blesse quelqu'un, atteinte envers un enfant. Il faut alors demander de l'aide, contacter un pasteur non impliqué et des professionnels qualifiés et, si nécessaire, la police locale ou les services d'urgence. Les personnes qui s'occupent durablement de membres de leur famille ont elles aussi besoin que l'on prenne soin d'elles. Celui qui porte depuis longtemps un lourd fardeau a également besoin que quelqu'un l'aide à le porter.

Notes d’étude

1. Le verbe rendu par « surpris en quelque faute » peut évoquer le fait d'être rattrapé ou pris sur le fait. Le texte ne précise pas si la personne n'avait aucune intention de commettre cette faute ; il insiste sur la responsabilité du groupe de la redresser avec douceur, tout en prenant garde à lui-même.

2. « Vous qui êtes spirituels » renvoie au contexte précédent : marcher selon l'Esprit et porter son fruit. Redresser quelqu'un demande douceur et examen de soi ; il ne faut pas intervenir imprudemment sous l'effet d'un enthousiasme passager.

3. « Avec un esprit de douceur » — la manière d'agir est définie. Le ton employé fait partie de l'acte.

4. « Prends garde à toi-même, de peur que tu ne sois aussi tenté » — celui qui aide l'autre à se relever peut lui aussi tomber.

5. En Galates 6:2 et 6:5, le texte grec emploie deux mots différents, tous deux rendus par « fardeau » dans la Louis Segond. Le premier souligne une lourde charge ; le second, une charge plus ordinaire. Le contexte permet de distinguer les deux accents : se porter mutuellement et répondre personnellement de soi restent vrais en même temps.

6. « Vous accomplirez ainsi la loi de Christ » — porter la lourde charge d'autrui, c'est accomplir la loi de Christ.

7. Les versets 3 et 4 ramènent tout le monde à l'examen de soi. Celui qui aide comme celui qui est aidé ne doit ni se surestimer ni se comparer aux autres.

8. « Il aura sujet de se glorifier pour lui seul, et non par rapport à autrui » — ne pas utiliser l'échec d'autrui pour se mettre en valeur.

9. Romains 15:2 demande de rechercher ce qui est bon pour le prochain en vue de son édification. Il ne s'agit ni de lui faire plaisir à tout prix, ni de décider à sa place.

10. « Chacun portera son propre fardeau » ne doit jamais servir à justifier l'indifférence envers celui qui souffre.

11. En situation de danger, demandez d'abord de l'aide. La question n'est alors plus de savoir jusqu'où aider.

Discussion

Ouverture (environ 10 minutes)

Une parole préalable (à lire par l'animateur)

Ce qui est dit dans le groupe ne doit pas être rapporté à l'extérieur. Il existe toutefois une exception : si une situation concerne des violences en cours, la sécurité d'un enfant ou d'une personne vulnérable, ou un danger immédiat qu'une personne se blesse ou blesse quelqu'un d'autre, l'animateur ne peut pas promettre une confidentialité absolue. En règle générale, il essaiera d'abord d'en parler avec la personne concernée et ne communiquera que les informations nécessaires à des personnes réellement en mesure d'aider. S'il s'agit d'un enfant ou d'une personne incapable de se protéger, ou s'il existe un danger immédiat, il n'attendra pas d'obtenir son accord et contactera, selon la situation, un pasteur, un professionnel qualifié, la police locale, les services d'urgence ou les services médicaux. En cas de danger immédiat, il faut demander de l'aide sur-le-champ et ne pas laisser la personne seule.

Question brise-glace : vous est-il déjà arrivé de vous sentir un peu épuisé après avoir beaucoup aidé quelqu'un ? (Il n'est pas nécessaire de dire de qui il s'agit ; les personnes qui viennent pour la première fois peuvent aussi participer.)

Conseil pour l'animateur : posez la question sur un ton léger ; la plupart des personnes acquiesceront. Ne laissez personne nommer une personne précise. Recueillez une ou deux réponses, puis entrez dans le sujet.

Rappel de la leçon (à lire par l'animateur, environ 1 minute, pour les personnes qui n'ont pas fait la préparation)

Cette leçon porte sur Galates 6:1-5. Paul dit : frères, si un homme vient à être surpris en quelque faute, vous qui êtes spirituels, redressez-le avec un esprit de douceur ; prends garde à toi-même, de peur que tu ne sois aussi tenté. Portez les fardeaux les uns des autres, et vous accomplirez ainsi la loi de Christ. Il poursuit : si quelqu'un pense être quelque chose, quoiqu'il ne soit rien, il s'abuse lui-même. Que chacun examine ses propres œuvres ; il aura alors sujet de se glorifier pour lui seul et non par rapport à autrui, car chacun portera son propre fardeau. Le texte parallèle se trouve en Romains 15 : nous qui sommes forts, nous devons supporter les faiblesses de ceux qui ne le sont pas et ne pas nous complaire en nous-mêmes. Que chacun de nous complaise au prochain pour ce qui est bien en vue de l'édification. Aujourd'hui, nous allons parler de porter les faiblesses tout en assumant chacun sa propre charge.

Observation

1. Lisez le verset 1. Quelle situation ce verset décrit-il ? À qui l'action est-elle confiée ? De quelle manière faut-il agir ? Quel avertissement est donné à la fin ?

Conseil pour l'animateur : un homme vient à être surpris en quelque faute. La responsabilité est confiée à « vous qui êtes spirituels ». Il faut agir « avec un esprit de douceur ». L'avertissement : prends garde à toi-même, de peur que tu ne sois aussi tenté.

2. Lisez les versets 2 et 5. Que dit chacun de ces versets ? Semblent-ils se contredire ?

Conseil pour l'animateur : le verset 2 dit de porter les fardeaux les uns des autres ; le verset 5, que chacun portera son propre fardeau. Expliquez que le grec emploie deux mots différents : le premier souligne une lourde charge, le second une charge plus ordinaire. Les deux versets ne se contredisent pas.

3. Lisez les versets 3 et 4, puis Romains 15:2. Quel avertissement Paul insère-t-il entre les deux paroles sur les fardeaux ? Quel objectif l'épître aux Romains donne-t-elle à notre aide ?

Conseil pour l'animateur : si quelqu'un pense être quelque chose alors qu'il n'est rien, il s'abuse lui-même. Que chacun examine ses propres œuvres, afin de ne pas se glorifier par rapport à autrui. Dans l'épître aux Romains : rechercher ce qui est bon pour le prochain en vue de son édification.

Interprétation

4. Comment les versets 2 et 5 tiennent-ils ensemble le fait de « porter les fardeaux les uns des autres » et la responsabilité personnelle ? Lorsque nous aidons quelqu'un, comment éviter à la fois de rester les bras croisés et de décider à sa place ?

Conseil pour l'animateur : c'est la question centrale de la leçon ; consacrez-lui du temps. Les versets 3 et 4 montrent que chacun doit s'examiner et rendre compte de lui-même devant Dieu ; en même temps, lorsque quelqu'un est sur le point d'être écrasé, tous l'aident à porter. Concrètement, demandez-lui d'abord ce dont il a besoin et quel type d'aide il est prêt à recevoir, puis discutez-en ensemble. Rappelez au groupe de ne pas juger une personne précise.

5. Romains 15:2 nous demande de rechercher ce qui est bon pour le prochain en vue de son édification. Comment pouvons-nous écouter sérieusement ce dont il dit avoir besoin, tout en l'aidant à grandir à long terme ?

Conseil pour l'animateur : commencez par écouter, puis discutez ensemble. Il ne s'agit ni de lui faire plaisir à tout prix, ni de décider à sa place. Évitez les deux détournements : cette parole ne doit ni justifier l'indifférence ni servir à passer outre sa volonté pour décider à sa place.

6. (Question facultative, si vous avez le temps) Pourquoi Paul insère-t-il entre ces deux versets la phrase : « Si quelqu'un pense être quelque chose, quoiqu'il ne soit rien » ?

Conseil pour l'animateur : ces versets ramènent tout le monde à l'examen de soi. Celui qui aide peut facilement se surestimer ; celui qui est aidé peut aussi se comparer aux autres. Le verset 1 dit également : « Prends garde à toi-même, de peur que tu ne sois aussi tenté. » C'est la dimension la plus humble du passage : celui qui soutient aujourd'hui peut être celui que l'on soutiendra demain.

Application

7. Lorsque vous aidez quelqu'un, où vous bloquez-vous le plus facilement : vous prenez trop en charge, vous vous retirez trop loin, vous ne savez pas comment poser les bonnes questions, ou vous avez du mal à exprimer vos limites ? (Parlez de vous-même, pas des autres ; les personnes qui viennent pour la première fois peuvent aussi participer.)

Conseil pour l'animateur : commencez par répondre honnêtement pour vous-même. Vous pouvez ajouter une remarque pratique : lorsque la pensée « J'ai tant fait pour lui » apparaît, c'est souvent le signe que les limites doivent être redéfinies.

8. Laquelle de ces trois actions accepteriez-vous d'accomplir cette semaine ? (Après avoir demandé son accord et ce dont elle a besoin, prendre en charge une tâche concrète pour une personne écrasée / dans une relation sûre, dire clairement ce que vous pouvez et ne pouvez pas faire / si vous n'arrivez plus à porter, demander de l'aide.)

Conseil pour l'animateur : veillez à proposer le troisième choix, surtout s'il y a des aidants de longue durée dans le groupe. Demander de l'aide n'est pas une faiblesse. Le plan d'action qui suit va dans ce sens.

Prière et mise en pratique

Prier ensemble (environ 15 minutes)

Invitez d'abord une personne à lire lentement Galates 6:2, puis Galates 6:5. Gardez ensuite deux minutes de silence. Que chacun pense intérieurement à une personne. Ceux qui le souhaitent peuvent prier en une ou deux phrases. Ceux qui ne veulent pas parler peuvent prier en silence ; les personnes qui viennent pour la première fois peuvent simplement écouter, sans aucune obligation de prier ni de prendre position. À la fin, l'animateur conclut en priant pour les personnes du groupe qui portent un lourd fardeau et pour celles qui prennent soin des autres. Les sujets de prière restent dans le groupe ; les sujets sensibles ne sont ni inscrits dans l'application ni envoyés dans le groupe de messagerie. Pour un suivi ordinaire, demandez d'abord l'accord de la personne, puis notez en privé seulement une ou deux phrases indispensables. Si la sécurité d'un enfant ou d'une personne incapable de se protéger est en jeu, ou s'il existe un danger immédiat d'automutilation ou de violence envers autrui, n'attendez pas d'obtenir son accord : contactez immédiatement les services d'urgence, la police locale ou un service de protection approprié.

Vous pouvez commencer ainsi (pistes de prière) :

Seigneur, Tu nous soutiens d'abord par Ta grâce et Tu nous as placés dans un corps où nous pouvons prendre soin les uns des autres. Ta Parole nous dit de porter les fardeaux les uns des autres et d'accomplir ainsi la loi de Christ ; elle dit aussi que chacun portera son propre fardeau. Rends-nous prêts à porter la lourde charge d'autrui et fidèles pour assumer devant Toi notre propre responsabilité. Apprends-nous à aimer avec douceur, écoute et des limites justes, sans nous prendre pour le sauveur de quelqu'un. Garde-nous d'utiliser « chacun porte sa charge » pour couvrir notre indifférence, et d'utiliser notre « zèle » pour vivre la vie de quelqu'un à sa place. Tu nous demandes de redresser avec douceur celui qui est tombé et de prendre garde à nous-mêmes, car celui qui soutient aujourd'hui peut être celui que l'on soutiendra demain. Prends soin des frères et sœurs écrasés parmi nous, ainsi que de ceux qui s'occupent depuis longtemps des autres et sont eux-mêmes épuisés. Au nom de Jésus. Amen.

Plan d'action de la semaine (environ 5 minutes)

Après la prière, que chacun choisisse ci-dessous une seule action à accomplir cette semaine. Une seule suffit ; ce n'est pas grave si vous ne savez pas encore laquelle choisir.

Il n'est pas nécessaire de la noter ni d'en rendre compte. Si vous le souhaitez, vous pourrez en parler lors de la prochaine rencontre. Si vous ne l'avez pas fait, apportez simplement ce qui vous a arrêté dans la prière.

Pour poursuivre la discussion

Vous pouvez choisir la leçon intitulée « Que chacun mette son don au service des autres » (1 Pierre 4:7-11), ou celle intitulée « Accompagner une personne qui souffre » (2 Corinthiens 1:3-11).

Guide de l’animateur