Les circonstances de la vie, Leçon 5. Lire Josué 14:6-15. Voir son corps perdre ses forces d'année en année et croire qu'on ne fait plus qu'ajouter des soucis à ses enfants.
Passage principal : Josué 14:6-15
À quatre-vingt-cinq ans, Caleb déclare qu'il a autant de force qu'autrefois, mais le texte n'en fait pas une promesse pour chacun. Le Psaume 71 présente une autre réalité : « Quand mes forces s'en vont, ne m'abandonne pas! », puis le désir d'annoncer la force de Dieu à la génération suivante. Nous ne décidons pas de ce que deviendra notre corps avec l'âge ; une personne âgée peut toutefois demander à Dieu de ne pas l'abandonner et témoigner de ses œuvres avec les forces qu'elle possède aujourd'hui.
Avec l'âge, le corps tient ses comptes jour après jour : il faut s'arrêter après avoir marché un peu, se tenir à la rampe pour monter l'escalier, passer d'un compartiment à trois dans la boîte à médicaments. Ce que l'on faisait autrefois seul demande maintenant à un enfant de prendre congé pour nous accompagner.
Beaucoup de personnes âgées finissent alors par penser : désormais, je ne fais que compliquer la vie de mes enfants.
Josué 14 nous présente un homme. Commençons par son histoire.
À quarante ans, Caleb avait été envoyé par Moïse pour explorer le pays de Canaan. Parmi les douze explorateurs, seuls Josué et lui avaient fait un rapport inspiré par la foi. Quarante-cinq ans plus tard, Caleb vient voir Josué, rappelle la promesse faite autrefois, puis dit :
Maintenant voici, l'Éternel m'a fait vivre, comme il l'a dit. Il y a quarante-cinq ans que l'Éternel parlait ainsi à Moïse, lorsqu'Israël marchait dans le désert; et maintenant voici, je suis âgé aujourd'hui de quatre-vingt-cinq ans. (Josué 14:10)
Le verset suivant est souvent cité : « Je suis encore vigoureux comme au jour où Moïse m'envoya; j'ai autant de force que j'en avais alors, soit pour combattre, soit pour sortir et pour entrer. » (Josué 14:11) Il ne demande ensuite pas un endroit paisible pour sa retraite, mais une région montagneuse qui n'a pas encore été conquise, où se trouvent les Anakim et de grandes villes fortifiées (Josué 14:12). Josué le bénit et lui donne Hébron (Josué 14:13).
Ce récit est encourageant, mais il faut préciser honnêtement une chose : Caleb dit que l'Éternel l'a gardé en vie pendant quarante-cinq ans comme il l'avait dit, puis il témoigne juste après qu'il possède encore la force de combattre. Le texte place ces deux réalités l'une à côté de l'autre, mais ne dit pas que Dieu lui avait promis que sa force physique ne diminuerait jamais. La Bible rapporte aussi d'autres réalités : devenu vieux, Isaac ne voyait plus ; Jacob a dit que les années de sa vie avaient été peu nombreuses et mauvaises ; à quatre-vingts ans, Barzillaï a dit à David qu'il ne distinguait plus le goût de ce qu'il mangeait et n'entendait plus la voix des chanteurs. Présenter l'expérience de Caleb comme la norme de tous les croyants ferait penser aux personnes âgées réellement affaiblies que leur foi est insuffisante.
Que pouvons-nous donc apprendre de Caleb ? Le texte le souligne deux fois : « il avait pleinement suivi la voie de l'Éternel » (Josué 14:8, 14). Il ne s'agit pas de capacité physique, mais de l'orientation de toute une vie. Autre point : Caleb demande la montagne que Dieu lui avait promise par Moïse. Devant les Anakim et les villes fortifiées, il déclare que l'Éternel sera peut-être avec lui et qu'il les chassera comme l'Éternel l'a dit. Ce que nous pouvons imiter, ce n'est pas la volonté de prouver son utilité à quatre-vingt-cinq ans, mais le fait de continuer à avancer en se fondant sur la promesse de Dieu.
L'autre moitié du tableau, plus proche de l'expérience de la majorité, se trouve dans le Psaume 71 :
Ne me rejette pas au temps de la vieillesse; Quand mes forces s'en vont, ne m'abandonne pas! (Psaume 71:9)
C'est la prière d'une personne qui reconnaît clairement son affaiblissement. La Bible ne demande pas de serrer les dents et de faire comme si l'on était toujours fort. Ce psaume contient aussi une phrase qui décrit avec grande justesse la valeur de la vieillesse :
Ne m'abandonne pas, ô Dieu! même dans la blanche vieillesse, Afin que j'annonce ta force à la génération présente, Ta puissance à la génération future! (Psaume 71:18)
Remarquez pourquoi le psalmiste demande à rester en vie : pour raconter les œuvres de Dieu à la génération suivante. On peut encore le faire à quatre-vingt-cinq ans ou à quatre-vingt-dix ans, même alité : tant que l'on peut parler, et même simplement par la présence que les autres peuvent voir.
Voici donc quelques pistes concrètes pour cette leçon.
Pour les frères et sœurs âgés :
Premièrement, regardez honnêtement les changements de votre corps. Utilisez les aides dont vous avez besoin. Pour une opération ou un traitement, écoutez attentivement l'avis de médecins qualifiés, puis décidez en tenant compte de votre situation et de vos souhaits. Prenez vos médicaments selon les prescriptions. Ce n'est pas capituler devant l'âge, mais prendre soin du corps que Dieu vous a donné.
Deuxièmement, distinguez ce que vous ne pouvez plus faire de ce que vous pouvez encore faire. Confiez paisiblement à d'autres ce qui dépasse maintenant vos forces, sans abandonner trop tôt ce qui reste possible : prier, téléphoner à quelqu'un, raconter une histoire à vos petits-enfants ou simplement être présent au culte pour que les plus jeunes vous voient sont de vrais services.
Troisièmement, racontez votre histoire. C'est précisément ce que dit le Psaume 71:18. Comment vous avez cru au Seigneur, comment Dieu vous a aidé telle année, comment vous avez traversé telle épreuve : si vous ne l'écrivez pas et ne le racontez pas, la génération suivante ne le saura vraiment pas.
Quatrièmement, acceptez de l'aide sans vous excuser. Vous pouvez demander à vos enfants, à des proches, à l'Église ou à des services de proximité de vous accompagner à un rendez-vous médical. Si une relation familiale n'est pas sûre, vous n'êtes pas obligé de dépendre uniquement de cette personne.
Pour les enfants et pour l'Église :
Premièrement, ne posez pas seulement des questions sur le corps ; demandez aussi comment va le cœur. Ce que les personnes âgées craignent le plus n'est pas toujours la maladie, mais le sentiment de ne plus servir à rien et de n'avoir personne à qui parler.
Deuxièmement, donnez-leur une vraie place. Demandez d'abord comment elles souhaitent participer : prier pour le groupe, raconter une expérience ou donner leur avis lors d'une visite. Faites aussi comprendre à celles qui ne peuvent plus servir que leur valeur ne dépend pas de ce qu'elles peuvent encore apporter.
Troisièmement, rendez un service concret : accompagnez-les chez le médecin, installez une barre d'appui, préparez leurs médicaments, prévoyez une place facile d'accès lors des rencontres ou organisez leur transport.
Quatrièmement, demandez ce qu'elles-mêmes souhaitent. Ne décidez pas à leur place ; elles ont toujours leurs propres idées.
Un dernier mot : les années passent et les forces diminuent ; que Dieu nous garde toute notre vie dans une marche pleinement attachée à lui. Ce dont on se souvient chez Caleb, ce n'est pas sa force à quatre-vingt-cinq ans, mais une orientation restée la même pendant quarante-cinq ans. Cette fidélité ne repose ni sur la force physique ni sur la volonté de tenir coûte que coûte.
1. La vigueur de Caleb vient d'une protection particulière de Dieu. Le texte dit : « L'Éternel m'a fait vivre, comme il l'a dit. » Il ne s'agit pas d'une garantie faite à chacun. La Bible dit aussi qu'Isaac ne voyait plus, que Jacob a trouvé ses années peu nombreuses et mauvaises, et que Barzillaï ne distinguait plus le goût des aliments.
2. Le texte répète deux fois qu'il avait « pleinement suivi la voie de l'Éternel » (versets 8 et 14). C'est l'orientation de sa vie qui est retenue, non sa capacité physique.
3. À quatre-vingt-cinq ans, il demande le pays promis. Il s'appuie sur ce que Dieu avait déclaré par Moïse ; il ne cherche pas à prouver qu'il est encore utile.
4. Le Psaume 71:9 est une prière honnête. « Quand mes forces s'en vont » : la Bible ne demande pas aux personnes âgées de faire comme si elles étaient encore fortes.
5. Le Psaume 71:18 confie une mission à la personne âgée. Le psalmiste demande à vivre pour annoncer la force de Dieu à la génération suivante. Les formes de participation varient selon l'état de santé ; même quand une personne ne peut plus parler ni agir, sa valeur n'en est pas diminuée.
Une parole préalable (à lire par l'animateur)
Ce qui est dit dans le groupe ne doit pas être raconté à l'extérieur. Il y a toutefois une exception : si quelqu'un subit actuellement des violences, si la sécurité d'un enfant ou d'une personne vulnérable est en jeu, ou s'il existe un danger immédiat qu'une personne se fasse du mal ou fasse du mal à autrui, l'animateur ne peut pas promettre une confidentialité totale. En règle générale, il cherchera d'abord à en parler avec la personne concernée et ne transmettra que les informations nécessaires à ceux qui peuvent réellement aider. S'il s'agit d'un enfant ou d'une personne qui ne peut pas se protéger, ou s'il y a un danger immédiat, il ne faut pas attendre son accord : selon la situation, contactez un pasteur, un professionnel qualifié, la police locale, les secours ou les services médicaux. En cas de danger immédiat, demandez de l'aide sur-le-champ et ne laissez pas la personne seule.
Pour commencer : connaissez-vous une personne âgée que vous admirez ? Qu'est-ce que vous admirez chez elle ? (Ceux qui viennent pour la première fois peuvent aussi répondre.)
Conseil pour l'animateur : quelques phrases légères suffisent. La plupart des réponses ne porteront probablement pas sur la force physique, mais sur le caractère, l'orientation de la vie ou la manière de traiter les autres. Cela donnera le ton juste à la rencontre.
Rappel de la leçon (à lire par l'animateur, environ 1 minute, pour ceux qui n'ont pas pu se préparer)
Cette leçon porte sur Josué 14:6-15. Les fils de Juda s'approchent de Josué à Guilgal. Caleb, fils de Jephunné, rappelle que Moïse l'avait envoyé de Kadès Barnéa pour explorer le pays alors qu'il avait quarante ans. Il avait fait un rapport avec droiture de cœur. Ses frères qui étaient montés avec lui avaient découragé le peuple, mais lui avait pleinement suivi la voie de l'Éternel, son Dieu. Ce jour-là, Moïse avait juré que le pays foulé par son pied serait son héritage et celui de ses enfants, parce qu'il avait pleinement suivi la voie de l'Éternel. Caleb dit : « L'Éternel m'a fait vivre, comme il l'a dit. » Quarante-cinq ans ont passé ; il a maintenant quatre-vingt-cinq ans. Il affirme qu'il est encore vigoureux et qu'il a autant de force qu'autrefois pour combattre, sortir et entrer. Il demande à Josué de lui donner la montagne où se trouvent les Anakim et de grandes villes fortifiées. Josué bénit Caleb et lui donne Hébron pour héritage, parce qu'il avait pleinement suivi la voie de l'Éternel, le Dieu d'Israël. Le passage parallèle se trouve dans le Psaume 71 : « Ne me rejette pas au temps de la vieillesse; Quand mes forces s'en vont, ne m'abandonne pas! » Puis le psalmiste demande à ne pas être abandonné jusque dans la blanche vieillesse, afin d'annoncer la force de Dieu à la génération présente et sa puissance à la génération future. Aujourd'hui, nous allons parler du moment où l'âge avance et où le corps n'est plus comme autrefois.
1. Lisez les versets 6-9. À quelle période de sa vie Caleb fait-il référence ? D'après le texte, en quoi s'était-il distingué des autres ?
Conseil pour l'animateur : il parle du moment où Moïse l'avait envoyé explorer le pays, quarante-cinq ans plus tôt, alors qu'il avait quarante ans. Ses frères avaient découragé le peuple, mais lui avait pleinement suivi la voie de l'Éternel.
2. Lisez les versets 10-12. Que dit Caleb de son âge et de sa force ? Que demande-t-il ?
Conseil pour l'animateur : il a maintenant quatre-vingt-cinq ans et autant de force qu'autrefois. Il demande la montagne où se trouvent les Anakim et des villes fortifiées. Remarquez qu'il relie ce qui lui est arrivé à cette déclaration : « L'Éternel m'a fait vivre, comme il l'a dit. »
3. Lisez les versets 13-15, puis le Psaume 71:9 et 18. Comment Josué répond-il ? Que demande la personne âgée dans le psaume ?
Conseil pour l'animateur : Josué bénit Caleb et lui donne Hébron. Dans le psaume, la personne demande que Dieu ne l'abandonne pas dans la vieillesse, quand ses forces s'en vont, et qu'il lui permette d'annoncer sa force à la génération suivante.
4. Le texte rapporte à la fois que Caleb est resté vigoureux et, deux fois, qu'il a pleinement suivi la voie de l'Éternel. Que nous apprend chacun de ces deux éléments ? Lequel relève de son expérience personnelle particulière et lequel constitue l'appréciation répétée du texte ?
Conseil pour l'animateur : c'est la question centrale de la leçon ; prenez du temps. Sa vigueur physique est son expérience personnelle. Le texte l'apprécie à deux reprises pour avoir pleinement suivi la voie de l'Éternel. On peut se demander : si quelqu'un parlait de moi dans quarante-cinq ans, de quoi se souviendrait-il ?
5. (Question facultative, si vous avez le temps.) « J'ai autant de force que j'en avais alors » : est-ce une promesse faite à toute personne âgée ?
Conseil pour l'animateur : non. La Bible rapporte aussi qu'Isaac ne voyait plus, que Jacob a qualifié ses années de peu nombreuses et mauvaises, et que Barzillaï ne distinguait plus le goût des aliments. Dites-le clairement, sinon des personnes âgées affaiblies pourraient croire que leur foi est insuffisante.
6. Lisez le Psaume 71:18. Pourquoi le psalmiste demande-t-il à rester en vie ? Quelles formes de participation conviennent à des personnes dont l'état de santé diffère ? Comment l'Église peut-elle aussi respecter et accompagner celles qui ne peuvent plus parler ni agir ?
Conseil pour l'animateur : il veut annoncer la force de Dieu à la génération suivante. Les manières de participer varient : raconter une expérience, prier pour quelqu'un, passer un appel téléphonique, être présent lors d'une rencontre. Il faut aussi dire clairement ceci : la valeur des personnes âgées qui ne peuvent plus faire ces choses n'en est pas diminuée. Vous pouvez demander directement aux aînés présents : « Y a-t-il une chose que vous aimeriez encore faire aujourd'hui ? »
7. Aux frères et sœurs âgés : qu'est-ce qui vous a récemment donné le sentiment de manquer de force ? Aux plus jeunes : qu'est-ce qui est le plus difficile quand vous prenez soin d'une personne âgée ? (Ceux qui viennent pour la première fois peuvent aussi répondre.)
Conseil pour l'animateur : donnez la parole aux deux côtés. Veillez à ce que la discussion ne devienne pas une plainte contre les personnes âgées, et à ce que celles-ci ne soient pas seulement là pour écouter. L'animateur peut répondre le premier.
8. Quelle action aimeriez-vous accomplir cette semaine ?
Conseil pour l'animateur : soyez aussi concret que possible : demander à une personne âgée de raconter comment elle a cru au Seigneur et l'enregistrer ; accompagner ses parents à l'hôpital ; installer une barre d'appui ou préparer les médicaments ; pour une personne âgée, appeler un plus jeune cette semaine. Le plan d'action qui suit reprend ces pistes.
Demandez d'abord à un membre du groupe de lire lentement le Psaume 71:9 et 18, puis gardez deux minutes de silence. Les frères et sœurs âgés peuvent se demander intérieurement : « Qu'est-ce que je souhaite encore transmettre ? » Les plus jeunes peuvent penser à une chose qu'ils aimeraient faire pour une personne âgée. Ceux qui le souhaitent prient ensuite en une ou deux phrases, sans devoir donner de détails. Ceux qui ne veulent pas parler peuvent prier en silence ; c'est aussi une prière. Les personnes qui viennent pour la première fois peuvent simplement écouter, sans devoir prier ni prendre position. Pour finir, l'animateur remercie Dieu pour les membres du groupe et intercède pour eux. Les sujets de prière restent dans le groupe ; les sujets sensibles ne doivent pas être écrits dans l'application ni envoyés dans le groupe de discussion. Pour un suivi ordinaire, demandez d'abord l'accord de la personne, puis notez en privé seulement une ou deux phrases nécessaires. Si la sécurité d'un enfant ou d'une personne incapable de se protéger est menacée, ou s'il existe un danger immédiat d'automutilation ou de violence envers autrui, n'attendez pas l'accord de la personne : contactez sans délai les secours, la police locale ou le service de protection approprié.
Vous pouvez commencer ainsi (orientation de prière) :
Ô Dieu, ne nous rejette pas au temps de la vieillesse ; quand nos forces s'en vont, ne nous abandonne pas. Parmi nous, certaines personnes âgées voient leur corps s'affaiblir d'année en année et pensent souvent qu'elles ne font que compliquer la vie des autres. Ôte cette pensée de leur cœur et fais-leur savoir que Tu veux encore, par leur vie, annoncer Ta force à la génération suivante. Donne-leur des choses qu'elles peuvent faire et la volonté d'accepter de l'aide. Prends soin de leurs enfants qui les accompagnent ; donne-leur force et patience. Comme Caleb, même si nos forces changent, que l'orientation de notre vie ne change pas. Au nom de Jésus. Amen.
Après la prière, chacun choisit une seule chose à faire cette semaine. Une seule suffit ; si vous ne savez pas encore quoi choisir, ce n'est pas grave.
Il n'est pas nécessaire de noter ce que vous avez choisi ni d'en rendre compte. Si vous le souhaitez, vous pourrez en parler lors de la prochaine rencontre. Si vous n'avez pas réussi, apportez simplement à Dieu dans la prière ce qui vous a arrêté.
Vous pouvez choisir la leçon « Faire face à la mort » (2 Timothée 4:6-18), ou la leçon « Prendre soin de parents âgés » (Genèse 47:1-12).