Vaincre dans la souffrance, Leçon 8. Lire 1 Pierre 4:12-19. Être rejeté par sa famille ou traité différemment au travail parce qu'on croit au Seigneur, et se sentir à la fois blessé et effrayé.
Passage principal : 1 Pierre 4:12-19
Pierre dit de ne pas être surpris « de la fournaise qui est au milieu de vous pour vous éprouver ». Subir des injustices à cause de sa foi n'est ni un accident ni le signe que Dieu ne s'en soucie pas. Mais, dans le même passage, Pierre trace une limite très concrète : « Que nul de vous […] ne souffre comme meurtrier, ou voleur, ou malfaiteur, ou comme s'ingérant dans les affaires d'autrui. » Souffrir à cause de sa foi est une chose ; souffrir des problèmes que l'on a soi-même provoqués en est une autre.
Après avoir cru au Seigneur, certaines blessures viennent de la famille. On refuse de continuer à faire comme tout le monde dans certaines situations, et l'on nous accuse d'avoir « pris notre envol » ou de ne plus respecter nos parents. La famille nous regarde de travers et pense que nous avons été trompés. Cela arrive aussi au travail : on ne sait pas participer à certains sujets de conversation entre collègues, on évite certaines rencontres, et l'on devient peu à peu celui qui ne s'intègre pas. Parfois, les remarques sont explicites ; le plus souvent, il ne s'agit que d'une atmosphère. Ces injustices n'ont peut-être pas encore pris la forme d'une persécution ouverte et grave, mais elles usent jour après jour. Une question surgit alors intérieurement : est-ce moi qui vais trop loin ? C'est justement à de telles personnes que s'adresse 1 Pierre 4. La première phrase s'occupe d'abord de leur surprise :
Bien-aimés, ne soyez pas surpris, comme d'une chose étrange qui vous arrive, de la fournaise qui est au milieu de vous pour vous éprouver. Réjouissez-vous, au contraire, de la part que vous avez aux souffrances de Christ, afin que vous soyez aussi dans la joie et dans l'allégresse lorsque sa gloire apparaîtra. (1 Pierre 4:12-13)
Pierre ne dit pas que cela ne fait pas mal ; il dit que ce n'est pas anormal. Souvent, la plus grande souffrance ne vient pas seulement de ce qui arrive, mais de la question intérieure : « Comment cela peut-il m'arriver ? » Comme si, après avoir cru au Seigneur, la vie devait forcément devenir facile. Pierre commence par défaire cette attente, puis il rattache cette souffrance à Christ : il ne s'agit pas d'une affaire privée et isolée, mais d'avoir part « aux souffrances de Christ ». Il ajoute ensuite :
Si vous êtes outragés pour le nom de Christ, vous êtes heureux, parce que l'Esprit de gloire, l'Esprit de Dieu, repose sur vous. (1 Pierre 4:14)
L'Esprit « repose sur vous » au présent. La personne que sa famille traite froidement n'est pas abandonnée à cet instant.
Vient ensuite une parole très concrète que l'on passe pourtant souvent sous silence :
Que nul de vous, en effet, ne souffre comme meurtrier, ou voleur, ou malfaiteur, ou comme s'ingérant dans les affaires d'autrui. (1 Pierre 4:15)
La dernière expression est traduite dans la Bible chinoise par « s'occuper des affaires qui ne nous concernent pas » ; d'autres versions parlent d'intervenir dans les affaires d'autrui. Le mot n'apparaît qu'ici dans le Nouveau Testament et sa portée exacte reste discutée. Le point de Pierre est le suivant : ne mettons pas sur le compte de Christ les conséquences de notre propre mal ou de nos franchissements de limites. Parler durement à la maison, juger les autres au travail, commenter leurs affaires privées ou invoquer « je suis chrétien » pour refuser toute coopération peut provoquer une hostilité que l'on n'a pas à attribuer à Christ. Ce discernement est la moitié de cette leçon ; il permet à l'autre moitié de tenir debout :
Mais si quelqu'un souffre comme chrétien, qu'il n'en ait point honte, et que plutôt il glorifie Dieu à cause de ce nom. (1 Pierre 4:16)
Ce genre d'injustice s'accompagne souvent d'une honte difficile à exprimer. Pierre dit : n'en ayez pas honte. Enfin, il donne une parole très ferme :
Ainsi, que ceux qui souffrent selon la volonté de Dieu remettent leurs âmes au fidèle Créateur, en faisant ce qui est bien. (1 Pierre 4:19)
« Faire ce qui est bien » ne veut pas dire se venger passivement, ni devoir rester là où l'on est. On peut poser des limites, quitter une situation nuisible et chercher de l'aide, tout en continuant à agir avec droiture et en remettant son âme au fidèle Créateur. Jésus dit la même chose et appelle cela un bonheur : « Heureux serez-vous, lorsqu'on vous outragera, qu'on vous persécutera et qu'on dira faussement de vous toute sorte de mal, à cause de moi » (Matthieu 5:11). L'expression « à cause de moi » trace la même limite.
Ainsi, lorsque la situation est sûre, on peut répondre par une bonté concrète et par le sens des responsabilités à la famille qui nous traite froidement ou au bureau qui nous prend pour quelqu'un d'étrange. La manière de rentrer chez soi, de reprendre contact ou de vivre ensemble doit être décidée selon la sécurité réelle, les responsabilités familiales et des limites appropriées. S'il existe déjà à la maison de la violence, des menaces, du harcèlement, un contrôle coercitif ou une restriction de la liberté, il ne s'agit plus simplement de « subir une injustice pour le Seigneur », mais d'une question de sécurité. Cette leçon ne doit pas servir à exiger de la personne qu'elle reste, rentre chez elle ou reprenne contact. Il faut d'abord protéger sa sécurité et, si nécessaire, contacter un pasteur digne de confiance, un professionnel ou la police locale. Avoir peur est aussi une réaction normale. Pierre écrit : « ne soyez pas surpris », et non : « il vous est interdit d'avoir peur ».
1. « Ne soyez pas surpris » répond au sentiment que ce qui arrive serait inattendu. Pierre reconnaît que cela fait mal ; il dit que ce n'est pas anormal.
2. « Avoir part aux souffrances de Christ » : cette injustice n'est pas une affaire privée et isolée.
3. « L'Esprit de gloire, l'Esprit de Dieu, repose sur vous » est au présent. À cet instant, la personne n'est pas abandonnée.
4. L'expression traduite dans la Bible chinoise par « s'occuper des affaires qui ne nous concernent pas » n'apparaît qu'une fois dans le Nouveau Testament. D'autres versions parlent de « s'ingérer dans les affaires d'autrui », et sa portée exacte reste discutée. Le point de Pierre est de ne pas mettre sur le compte de Christ les conséquences de notre propre mal ou de nos franchissements de limites.
5. Certaines souffrances ne viennent réellement pas du fait de suivre le Seigneur. Parler trop durement, juger les autres ou prendre la foi comme prétexte pour refuser toute coopération peut provoquer de l'hostilité ; ne la mettons pas sur le compte de Christ.
6. « Qu'il n'en ait point honte » : ce genre d'injustice s'accompagne souvent d'une honte difficile à exprimer.
7. « En faisant ce qui est bien » ne veut pas dire se venger passivement, ni devoir rester là où l'on est. On peut poser des limites, quitter une situation nuisible et chercher de l'aide, tout en continuant à agir avec droiture et en remettant son âme au fidèle Créateur.
8. L'expression « à cause de moi » en Matthieu 5:11 trace la même limite.
9. En cas de violence, de menaces, de harcèlement, de contrôle coercitif ou de restriction de la liberté, cette leçon ne doit pas servir à exiger de la personne qu'elle reste, rentre chez elle ou reprenne contact. Il s'agit d'une question de sécurité ; il faut d'abord protéger la personne.
Un mot préalable (lu par l'animateur)
Ce qui est partagé dans le groupe ne doit pas être raconté ailleurs. Il existe cependant une exception : s'il est question d'une violence qui continue, de la sécurité d'un enfant ou d'une personne vulnérable, ou d'un danger immédiat de se faire du mal ou de faire du mal à quelqu'un, l'animateur ne peut pas promettre une confidentialité absolue. En règle générale, il cherche d'abord à en parler avec la personne concernée et ne transmet que les informations indispensables à ceux qui peuvent réellement aider. Quand un enfant ou une personne incapable de se protéger est concerné, ou en cas de danger immédiat, il n'attend pas le consentement : selon la situation, il contacte un pasteur, des professionnels qualifiés, la police locale, les services d'urgence ou les services médicaux. En cas de danger immédiat, il faut demander de l'aide sur-le-champ et ne pas laisser la personne seule.
Pour démarrer : y a-t-il des situations dans lesquelles vous êtes gêné de dire que vous croyez au Seigneur ? (Vous n'avez pas besoin d'en expliquer la raison ; une personne qui vient pour la première fois peut aussi répondre.)
Conseil pour l'animateur : posez la question simplement, sans jamais demander d'explications ni porter de jugement. La plupart des personnes connaissent ce genre de situation. Cette question prépare le « qu'il n'en ait point honte » du verset 16.
Résumé de la leçon (lu par l'animateur, environ 1 minute, pour ceux qui ne l'ont pas préparée)
Cette leçon porte sur 1 Pierre 4:12-19. Pierre dit aux bien-aimés de ne pas être surpris, comme d'une chose étrange, de la fournaise qui est au milieu d'eux pour les éprouver. Ils doivent au contraire se réjouir de la part qu'ils ont aux souffrances de Christ. S'ils sont outragés pour le nom de Christ, ils sont heureux, car l'Esprit de gloire, l'Esprit de Dieu, repose sur eux. Pierre ajoute que nul ne doit souffrir comme meurtrier, voleur, malfaiteur ou comme s'ingérant dans les affaires d'autrui. Mais si quelqu'un souffre comme chrétien, il ne doit pas en avoir honte ; il doit plutôt glorifier Dieu à cause de ce nom. Enfin, ceux qui souffrent selon la volonté de Dieu doivent remettre leur âme au fidèle Créateur en faisant ce qui est bien. Le passage parallèle est Matthieu 5 : lorsque l'on nous outrage, nous persécute et dit faussement de nous toute sorte de mal à cause de Jésus, nous sommes heureux ; nous pouvons nous réjouir, car notre récompense est grande dans les cieux. Aujourd'hui, nous parlerons ensemble des injustices subies à cause de notre foi.
1. Lisez les versets 12 à 14. De quoi Pierre demande-t-il aux lecteurs de ne pas être surpris ? Quelles sont les deux raisons qu'il donne ?
Conseil pour l'animateur : ne pas être surpris de la fournaise qui les éprouve. Les raisons sont qu'ils ont part aux souffrances de Christ et que l'Esprit de gloire, l'Esprit de Dieu, repose sur eux. Cette dernière phrase parle du moment présent : l'Esprit repose maintenant sur eux.
2. Lisez les versets 15 et 16. Quelles sont les quatre raisons pour lesquelles Pierre dit que personne ne doit souffrir ? Quelle est la quatrième ?
Conseil pour l'animateur : meurtrier, voleur, malfaiteur, ou s'ingérant dans les affaires d'autrui. La quatrième mérite une attention particulière : elle est placée à côté des trois premières.
3. Lisez le verset 19, puis Matthieu 5:11. Que doivent faire ceux qui souffrent selon la volonté de Dieu ? Quelle expression de la parole de Jésus trace la limite ?
Conseil pour l'animateur : ils doivent remettre leur âme au fidèle Créateur en faisant ce qui est bien. L'expression est « à cause de moi » : c'est à cause de lui, non à cause de problèmes que nous avons nous-mêmes provoqués.
4. Comment les comportements énumérés au verset 15 nous aident-ils à discerner les souffrances subies à cause de Christ de celles qui sont les conséquences de notre propre mal ou de nos franchissements de limites ? À quoi la dernière expression peut-elle ressembler dans la vie quotidienne ?
Conseil pour l'animateur : c'est la question centrale de la leçon ; donnez-lui du temps. Le mot traduit par « s'ingérant dans les affaires d'autrui » n'apparaît qu'une fois dans le Nouveau Testament et sa portée exacte reste discutée. On peut parler de ses manifestations possibles dans la vie : parler trop durement, juger les autres, intervenir dans leurs affaires privées ou prendre la foi comme prétexte pour refuser toute coopération. Commencez par reconnaître honnêtement un exemple de votre propre vie.
5. (Question facultative, si le temps le permet.) « Ne soyez pas surpris » : pourquoi le fait même d'être surpris peut-il rendre la souffrance plus lourde ?
Conseil pour l'animateur : derrière la question « Comment cela peut-il m'arriver ? » se cache souvent l'attente que la vie devienne facile après avoir cru au Seigneur. Lorsque cette attente se brise, on souffre de la situation et l'on commence en plus à se demander si l'on s'est trompé en croyant. Pierre commence par défaire cette attente.
6. « Faire ce qui est bien » : à quoi cela peut-il ressembler concrètement dans une famille qui vous traite froidement ?
Conseil pour l'animateur : si la situation est sûre, cherchez des exemples concrets : continuer à faire sa part des tâches ménagères, assumer ses responsabilités et garder une attitude respectueuse envers les aînés. Précisez en même temps que faire le bien ne signifie ni se soumettre en toutes choses ni devoir rester là où l'on est. La manière de rentrer chez soi, de reprendre contact ou de vivre ensemble doit être décidée selon la sécurité, les responsabilités familiales et des limites appropriées. S'il existe déjà un problème de sécurité dans la famille, cette parole ne doit absolument pas servir à exiger de la personne qu'elle reste.
7. Depuis que vous croyez au Seigneur, quelles difficultés avez-vous rencontrées dans votre famille ou au travail ? (Partagez seulement ce que vous souhaitez ; une personne qui vient pour la première fois peut simplement dire ce qu'elle a observé.)
Conseil pour l'animateur : commencez par votre propre réponse. Gardez cette règle : parlons de la manière dont nous faisons face, sans accabler notre famille de reproches. Si quelqu'un commence à le faire, ramenez-le doucement à lui-même.
8. Cette semaine, quelle action bonne et concrète pourriez-vous accomplir dans ce lieu ?
Conseil pour l'animateur : soyez aussi concret que possible : prendre spontanément en charge une tâche ménagère, appeler ses parents sans parler de la foi, ou aider une fois un collègue. Le plan d'action qui suit va dans ce sens.
Demandez d'abord à une personne de lire lentement 1 Pierre 4:14, puis 1 Pierre 4:19. Gardez ensuite deux minutes de silence. Que chacun pense intérieurement à une personne dont l'attitude lui rend la vie difficile. Ceux qui le souhaitent peuvent prier en une ou deux phrases. Celui qui ne veut pas parler peut prier en silence ; cela aussi est une prière. Une personne qui vient pour la première fois peut simplement écouter, sans aucune obligation de prier ni de prendre position. Pour finir, l'animateur rassemble les prières, intercède pour ceux qui subissent des injustices dans leur famille ou au travail et demande aussi la bénédiction de Dieu sur leur famille. Les sujets de prière restent dans le groupe ; les sujets sensibles ne sont ni saisis dans l'application ni envoyés dans le groupe de discussion. En règle générale, demandez l'accord de la personne avant de noter en privé les quelques mots nécessaires à un suivi. Quand la sécurité d'un enfant ou d'une personne incapable de se protéger est en jeu, ou en cas de danger immédiat de se faire du mal ou de faire du mal à quelqu'un, n'attendez pas le consentement : contactez immédiatement les services d'urgence, la police locale ou un organisme de protection approprié.
Vous pouvez commencer ainsi (orientation pour la prière) :
Seigneur, certains parmi nous ne sont pas compris dans leur famille ; d'autres sont traités comme des gens étranges au travail. Ta Parole nous dit de ne pas être surpris de la fournaise qui nous éprouve. Merci de défaire d'abord en nous la question : « Comment cela peut-il m'arriver ? » Tu dis que l'Esprit de gloire, l'Esprit de Dieu, repose sur nous précisément dans ces moments difficiles. Donne-nous aussi l'honnêteté de reconnaître que certaines souffrances viennent de nos propres actes et ne sont pas endurées pour toi ; apprends-nous à discerner. Tu nous appelles à faire ce qui est bien. Par les souffrances et la présence de Christ, garde-nous de la honte ; apprends-nous à faire le bien dans ta grâce et à te remettre notre vie ainsi que les résultats que nous ne maîtrisons pas, à toi, le fidèle Créateur. Aie aussi pitié de nos familles et bénis-les. Au nom de Jésus. Amen.
Après la prière, que chacun choisisse ci-dessous une seule chose à faire cette semaine. Une seule suffit ; si vous ne savez pas encore laquelle choisir, ce n'est pas grave.
Il n'est pas nécessaire de noter ni de rendre compte. Si vous le souhaitez, vous pourrez en reparler lors de la prochaine rencontre. Si vous n'avez pas réussi, apportez simplement à Dieu dans la prière ce qui vous a arrêté.
Vous pouvez choisir la leçon « Quand la foi n'apporte pas la délivrance attendue » (Hébreux 11:32-40), ou la leçon « Témoigner à la fois par les bonnes œuvres et par l'Évangile » (Matthieu 5:13-16).