Le péché peut devenir la culture de tout un groupe · Petits groupes

Mettre le péché en lumière, le confesser et le faire mourir, Leçon 5. Lire Amos 5:10-24. Pratiques malhonnêtes d'un secteur, favoritisme familial ou silence d'un groupe : puisque tout le monde agit ainsi, personne n'y voit plus un péché.

Passage principal : Amos 5:10-24

Amos reprend toute une communauté pour une manière d'agir devenue normale : les sacrifices et les fêtes continuent comme d'habitude, tandis que les pauvres sont privés de leurs droits à la porte de la ville. Dieu déclare : « Je hais, je méprise vos fêtes », et Il demande : « Mais que la droiture soit comme un courant d'eau, Et la justice comme un torrent qui jamais ne tarit. »

Introduction

Lorsque nous parlons du péché, nous pensons le plus souvent à ce qu'une personne a fait. Pourtant, une grande partie de la Bible parle aussi de ce qu'un groupe entier fait ensemble, sans que ceux qui y participent aient l'impression de pécher. Amos 5 est un de ces passages. À l'époque, le royaume du Nord, Israël, connaît une prospérité visible, surtout parmi les riches et les puissants. La vie religieuse est elle aussi très animée : fêtes, assemblées solennelles, holocaustes, offrandes, chants et musique. Amos révèle l'oppression des pauvres qui se cache derrière cette image.

Ils haïssent celui qui les reprend à la porte, Et ils ont en horreur celui qui parle sincèrement. (Amos 5:10)

La porte de la ville est alors le lieu où l'on traite les affaires publiques et où l'on juge les causes. Ce verset donne d'abord un signe dangereux : un groupe se met à haïr ceux qui le corrigent et à détester ceux qui parlent avec droiture. Il ne reste alors plus de place pour rappeler la justice ni pour corriger les injustices. Le prophète expose ensuite le mal concret : « vous avez foulé le misérable » et « vous avez pris de lui du blé en présent » (Amos 5:11).

Car, je le sais, vos crimes sont nombreux, Vos péchés se sont multipliés; Vous opprimez le juste, vous recevez des présents, Et vous violez à la porte le droit des pauvres. (Amos 5:12)

Ces péchés sont commis dans le fonctionnement ordinaire de l'économie et de la justice : les pauvres sont exploités, du blé leur est extorqué, les justes sont opprimés, des juges reçoivent des présents et le droit des pauvres est violé. L'ordre paraît encore fonctionner, mais il s'est déjà déformé de l'intérieur. Vient alors une parole pesante :

Voilà pourquoi, en des temps comme ceux-ci, le sage se tait; Car ces temps sont mauvais. (Amos 5:13)

Certains comprennent que ces temps mauvais obligent les personnes avisées à se taire ; d'autres y voient une appréciation du prophète sur ce silence. Dans les deux cas, nous voyons que, lorsque ceux qui parlent avec droiture sont traités en ennemis, même une personne avisée peut ne plus oser parler. Dès que le silence devient le choix le plus sûr, ce système peut continuer à tourner tout seul.

Le prophète ne se contente pas de reprendre ; il indique aussi un chemin : « Recherchez le bien et non le mal, afin que vous viviez » (Amos 5:14), et « Haïssez le mal et aimez le bien, Faites régner à la porte la justice » (Amos 5:15). Le chemin se trouve précisément là où les affaires sont jugées chaque jour. Vient ensuite la parole la plus tranchante de ce passage :

Je hais, je méprise vos fêtes, Je ne puis sentir vos assemblées. (Amos 5:21) Quand vous me présentez des holocaustes et des offrandes, Je n'y prends aucun plaisir; Et les veaux engraissés que vous sacrifiez en actions de grâces, Je ne les regarde pas. (Amos 5:22) Éloigne de moi le bruit de tes cantiques; Je n'écoute pas le son de tes luths. (Amos 5:23)

Dieu a Lui-même institué les sacrifices ; Il ne rejette donc pas l'adoration en elle-même. Il reprend une communauté qui maintient d'un côté une adoration animée, tout en laissant de l'autre l'oppression continuer à la porte de la ville. Quand l'adoration est séparée de la justice dans la vie quotidienne, Dieu ne l'agrée pas. Le prophète exprime alors ce que Dieu demande :

Mais que la droiture soit comme un courant d'eau, Et la justice comme un torrent qui jamais ne tarit. (Amos 5:24)

Un courant et un torrent qui ne tarit jamais décrivent une réalité constante, non une bonne action accomplie de temps en temps.

Jacques 2 place la même réalité dans l'assemblée. Un homme portant un anneau d'or et un habit magnifique entre, puis un pauvre misérablement vêtu arrive lui aussi. On dit au premier : « Toi, assieds-toi ici à cette place d'honneur! », et au second : « Toi, tiens-toi là debout! » (Jacques 2:3). Personne ne les insulte et personne ne les chasse, mais le jugement de Jacques est sévère :

ne faites vous pas en vous-mêmes une distinction, et ne jugez-vous pas sous l'inspiration de pensées mauvaises? (Jacques 2:4) Mais si vous faites acception de personnes, vous commettez un péché, vous êtes condamnés par la loi comme des transgresseurs. (Jacques 2:9)

Jacques ne condamne pas une personne parce qu'elle est riche. Il reprend le fait de classer les personnes selon leur richesse, en honorant celui qui porte un bel habit tout en humiliant le pauvre. Cette leçon pose donc une question inconfortable : dans mon milieu — secteur professionnel, lieu de travail, famille ou même Église — existe-t-il une pratique que « tout le monde fait » alors qu'elle est mauvaise ? Deux dérives sont à éviter : critiquer seulement les autres groupes, ou penser que la culture collective est trop forte et que nous ne pouvons rien faire. Amos nous ramène à la « porte de la ville » où nous agissons chaque jour, afin de commencer par le point qui dépend réellement de nous.

Notes d’étude

1. La première parole donne un signe dangereux. « Ils haïssent celui qui les reprend à la porte, Et ils ont en horreur celui qui parle sincèrement. » Lorsqu'un groupe traite ceux qui le corrigent en ennemis, la justice ne peut plus être rappelée.

2. Ces péchés sont commis dans le fonctionnement ordinaire de l'économie et de la justice. Les pauvres sont exploités, du blé leur est extorqué, les justes sont opprimés et des juges reçoivent des présents. L'ordre semble continuer, mais il est déjà déformé de l'intérieur. Le texte ne précise pas le fonctionnement détaillé des institutions.

3. Le texte dit que « le sage se tait ». Certains comprennent que ces temps mauvais obligent les personnes avisées à se taire ; d'autres y voient l'appréciation du prophète sur ce silence. Dans les deux cas, nous voyons que, lorsque ceux qui parlent avec droiture sont traités en ennemis, même une personne avisée peut ne plus oser parler.

4. Dieu ne rejette pas l'adoration en elle-même. Il a institué les sacrifices. Il reprend une communauté qui maintient une adoration animée tout en laissant l'oppression continuer à la porte de la ville.

5. Un courant d'eau et un torrent qui ne tarit jamais décrivent une réalité constante, non une bonne action accomplie une seule fois.

6. Le prophète ne se contente pas de reprendre ; il indique aussi un chemin. « Faites régner à la porte la justice » : le chemin se trouve précisément là où les affaires sont jugées chaque jour.

7. Dans l'exemple de Jacques, personne ne prononce d'insulte. On dit seulement à l'un de s'asseoir à une place d'honneur et à l'autre de rester debout.

8. Jacques ne condamne pas une personne parce qu'elle est riche. Il reprend le fait de classer les personnes selon leur richesse, en honorant celui qui porte un bel habit tout en humiliant le pauvre.

Discussion

Ouverture (environ 10 minutes)

Un mot préalable (l'animateur le lit à voix haute)

Ce qui est partagé dans le groupe ne doit pas être répété à l'extérieur. Il existe toutefois une exception : s'il est question de violences en cours, de la sécurité d'un enfant ou d'une personne vulnérable, ou d'un danger immédiat de se faire du mal ou de faire du mal à quelqu'un, l'animateur ne peut pas promettre une confidentialité absolue. En règle générale, il essaiera d'abord d'en parler avec la personne concernée et ne communiquera que les informations nécessaires à ceux qui peuvent réellement aider. Si un enfant ou une personne incapable de se protéger est concerné, ou s'il existe un danger immédiat, il n'attendra pas d'obtenir son accord et contactera, selon la situation, un pasteur, un professionnel qualifié, la police locale, les services d'urgence ou les services médicaux. En cas de danger immédiat, il faut demander de l'aide sur-le-champ et ne pas laisser la personne seule.

Mise en route : dans votre secteur professionnel, entend-on une phrase du genre « Tout le monde le fait » ? (Ne donnez ni le nom de votre employeur ni celui d'une personne ; les personnes qui viennent pour la première fois peuvent aussi répondre.)

Conseil pour l'animateur : gardez un ton léger et ne demandez pas de détails. La plupart des personnes trouveront un exemple. Cette question prépare toute la leçon, mais posez dès maintenant la règle : on parle de la situation, pas des noms.

Rappel de la leçon (l'animateur le lit à voix haute, environ 1 minute, pour ceux qui n'ont pas préparé)

Cette leçon porte sur Amos 5:10-24. Amos dit aux Israélites qu'ils haïssent celui qui les reprend à la porte et ont en horreur celui qui parle sincèrement ; ils foulent le misérable, lui prennent son blé, oppriment le juste, reçoivent des présents et violent à la porte le droit des pauvres. Le sage se tait donc, car les temps sont mauvais. Amos leur dit aussi de rechercher le bien et non le mal, de haïr le mal, d'aimer le bien et de faire régner la justice à la porte. Dieu déclare ensuite qu'Il hait leurs fêtes, ne prend pas plaisir à leurs assemblées, n'agrée pas leurs holocaustes et leurs offrandes, et ne veut pas entendre leurs chants. Il demande que la droiture soit comme un courant d'eau et la justice comme un torrent qui ne tarit jamais. Le passage mis en regard est Jacques 2 : lorsqu'un homme portant un anneau d'or et un habit magnifique entre dans l'assemblée en même temps qu'un pauvre misérablement vêtu, les gens donnent à l'un une place d'honneur et demandent à l'autre de rester debout. Jacques appelle cela faire acception de personnes. Aujourd'hui, nous allons parler ensemble du péché qui peut devenir la culture d'un groupe.

Observation

1. Lisez les versets 10-12. Quels actes Amos dénonce-t-il ? Où se produisent-ils ?

Conseil pour l'animateur : les gens haïssent celui qui les reprend et ont en horreur celui qui parle sincèrement ; ils foulent le misérable et lui prennent son blé ; ils oppriment le juste, reçoivent des présents et violent le droit des pauvres. Une grande partie se produit à la « porte », le lieu où l'on juge les affaires. Vous pouvez souligner que la première chose mentionnée est le refus de laisser parler celui qui corrige.

2. Lisez les versets 21-24. Qu'est-ce que Dieu dit haïr ? Que demande-t-Il ?

Conseil pour l'animateur : Il hait les fêtes et les assemblées, ne prend pas plaisir aux holocaustes et aux offrandes, et n'écoute pas le son des instruments. Il demande que la droiture soit comme un courant d'eau et la justice comme un torrent qui ne tarit jamais.

3. Lisez Jacques 2:2-4 et 2:9. Que se passe-t-il dans l'assemblée ? Comment Jacques qualifie-t-il cet acte ?

Conseil pour l'animateur : on invite l'homme bien vêtu à s'asseoir à la place d'honneur, tandis qu'on demande au pauvre de rester debout ou de s'asseoir au-dessous d'un marchepied. Jacques appelle cela faire une distinction et juger sous l'inspiration de pensées mauvaises ; faire acception de personnes est un péché. Vous pouvez souligner que personne n'a insulté qui que ce soit.

Interprétation

4. Pourquoi Dieu dit-Il qu'Il « hait » les fêtes et les sacrifices qu'Il a Lui-même institués ? Ne veut-Il réellement plus d'adoration ?

Conseil pour l'animateur : c'est la question centrale de la leçon ; prenez le temps. Dieu ne rejette pas l'adoration et a Lui-même institué les sacrifices. Il reprend une communauté qui maintient une adoration animée tout en laissant l'oppression continuer à la porte. L'adoration et la justice quotidienne ne se tiennent pas dans deux comptes séparés. Évitez aussi l'erreur opposée : ne dites pas que l'adoration n'a donc aucune importance.

5. Amos écrit qu'« en des temps comme ceux-ci, le sage se tait ». Comment comprenez-vous cette parole ? Dans quelles circonstances le silence devient-il le choix qui paraît le plus raisonnable ?

Conseil pour l'animateur : vous pouvez parler des deux lectures — description lucide ou remarque critique. Le point important est le fait suivant : une fois la culture installée, ceux qui parlent sont d'abord écartés, puis le mal n'a même plus besoin de personnes ouvertement mauvaises. Vous pouvez demander si quelqu'un a déjà vu une personne payer le prix d'une parole droite, sans citer de nom.

6. (Question facultative, si vous avez le temps) Dans l'exemple de Jacques, personne ne prononce d'insulte. Pourquoi son jugement est-il si sévère : « vous commettez un péché » ?

Conseil pour l'animateur : faire acception de personnes est déjà un jugement : on classe les personnes selon leur richesse et leur apparence, on élève les riches et on humilie les pauvres. Jacques ne condamne pas la richesse en elle-même ; il protège celui qui est méprisé.

Application

7. Dans le milieu auquel vous appartenez — lieu de travail, secteur professionnel, famille ou Église — existe-t-il une pratique que « tout le monde fait » alors qu'elle est mauvaise ? (Parlez de la situation, sans donner de nom ni raconter en détail une affaire en cours.)

Conseil pour l'animateur : partagez vous-même en premier. Cette question peut facilement devenir une séance de critiques. Gardez l'attention sur « J'en fais partie », et non sur « Ils sont mauvais ». Il doit aussi être possible de parler de l'Église : c'est un signe de santé.

8. « Faites régner à la porte la justice » : où se trouve la « porte » de votre vie quotidienne ? Quel petit changement pouvez-vous y apporter cette semaine ?

Conseil pour l'animateur : orientez vers de petites actions : établir un document exact, refuser de répéter une rumeur, ne pas profiter d'un avantage injuste ou adresser une parole à une personne que tout le monde ignore. Plus l'action est petite, plus elle pourra être réellement accomplie. Le plan d'action qui suit partira de là.

Prière et mise en pratique

Prier ensemble (environ 15 minutes)

Demandez à un membre du groupe de lire lentement Amos 5:24, puis Amos 5:15. Gardez ensuite deux minutes de silence. Que chacun cherche intérieurement où se trouve sa « porte ». Ceux qui le souhaitent peuvent prier en une ou deux phrases. Ceux qui ne souhaitent pas parler peuvent prier en silence : c'est aussi une prière. Les personnes qui viennent pour la première fois peuvent simplement écouter, sans devoir prier ni prendre position. À la fin, l'animateur conclut en demandant pour chacun du courage et une vie droite à l'endroit où il se trouve. Les sujets de prière restent dans le groupe ; les sujets sensibles ne sont pas enregistrés dans l'application et ne sont pas envoyés dans une discussion de groupe. Pour un suivi ordinaire, demandez d'abord l'accord de la personne, puis notez en privé seulement une ou deux phrases indispensables. Si la sécurité d'un enfant ou d'une personne incapable de se protéger est en jeu, ou s'il existe un danger immédiat d'automutilation ou de violence envers autrui, n'attendez pas son accord : contactez immédiatement les services d'urgence, la police locale ou un organisme de protection approprié.

Vous pouvez commencer ainsi (orientation pour la prière) :

Seigneur, Tu dis : « Mais que la droiture soit comme un courant d'eau, Et la justice comme un torrent qui jamais ne tarit. » Nous reconnaissons que nous suivons souvent les habitudes de tous sans nous demander si elles sont justes. Nous choisissons aussi souvent le silence devant ce qui est mauvais et nous appelons cela de la sagesse. Montre-nous la culture à laquelle nous participons et donne-nous le courage de préserver une part de justice là où nous agissons chaque jour. Ne nous laisse pas séparer notre adoration de notre vie quotidienne. Prends aussi pitié de ceux qui ont payé le prix d'une parole droite. Au nom de Jésus, amen.

Plan d'action de la semaine (environ 5 minutes)

Après la prière, que chacun choisisse une seule action ci-dessous pour cette semaine. Une seule suffit ; si vous ne savez pas encore laquelle choisir, ce n'est pas grave.

Il n'est pas nécessaire de noter votre progression ni d'en rendre compte. Si vous le souhaitez, vous pourrez en parler lors de la prochaine rencontre. Si vous n'avez pas réussi, apportez dans la prière ce qui vous a arrêté.

Pour poursuivre

Vous pouvez choisir la leçon « Le péché déforme toutes les relations » (Romains 1:18-25), ou la leçon « Rester honnête dans les zones grises » (Daniel 1).

Guide de l’animateur