Renoncer aux comparaisons · Petits groupes

Qui suis-je ? Mon identité nouvelle en Christ, Leçon 5. Lire Luc 18:9-14. Devenir anxieux devant les dons, la famille ou les progrès d'une autre personne, ou rabaisser les autres pour nous rassurer.

Passage principal : Luc 18:9-14

Une parole de la prière du pharisien frappe particulièrement : « ou même comme ce publicain ». Il n'oublie pas Dieu ; il remercie Dieu tout en se servant de l'homme à côté de lui pour se placer au-dessus. La comparaison peut fausser jusqu'à nos prières. Pourtant, l'homme qui n'osait même pas lever les yeux au ciel rentre chez lui justifié.

Introduction

La comparaison est si discrète que souvent nous ne nous apercevons même pas que nous sommes en train de comparer. Nous voyons la photo de quelqu'un et ressentons soudain un pincement. Nous apprenons qu'un enfant a obtenu d'excellents résultats et regardons aussitôt le nôtre. À l'église, nous voyons qui est invité à prendre la parole et quel don attire l'attention ; notre bouche dit : « Merci Seigneur », tandis qu'une petite partie de nous s'effondre. Il existe aussi une autre comparaison : se soutenir soi-même en pensant « au moins, je ne suis pas comme telle personne ». Les deux nous privent de liberté.

La parabole de Luc 18 répond précisément à cette attitude. Luc indique même à qui elle s'adresse : « Il dit encore cette parabole, en vue de certaines personnes se persuadant qu'elles étaient justes, et ne faisant aucun cas des autres » (Luc 18:9). Se croire juste et ne faire aucun cas des autres vont ensemble. Pour tenir debout par ses propres moyens, il faut trouver quelqu'un que l'on puisse placer plus bas que soi.

La parabole est très simple : deux hommes montent au temple pour prier ; l'un est pharisien et l'autre publicain.

Regardons d'abord la prière du pharisien : « O Dieu, je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont ravisseurs, injustes, adultères, ou même comme ce publicain ; je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tous mes revenus » (Luc 18:11-12).

Plusieurs détails méritent notre attention. Premièrement, ce qu'il dit est peut-être entièrement vrai. Il jeûne et donne réellement la dîme. Deuxièmement, il remercie Dieu. Sa prière commence bien par « je te rends grâces ». Troisièmement, les mots les plus frappants sont : « ou même comme ce publicain ». Cet homme se tient dans le même temple. Cette parole révèle exactement la justice propre et le mépris décrits au verset 9. Le problème de toute sa prière est qu'il se sert de ses bonnes actions et des fautes d'autrui pour démontrer sa propre valeur. Quatrièmement, Louis Segond traduit : « priait ainsi en lui-même ». Le grec peut aussi être compris comme indiquant qu'il se tenait à part pour prier. Quelle que soit la lecture retenue, le contenu de sa prière le montre : son attention est fixée sur ses propres mérites et les fautes des autres.

Regardons maintenant le publicain : « Le publicain, se tenant à distance, n'osait même pas lever les yeux au ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : O Dieu, sois apaisé envers moi, qui suis un pécheur » (Luc 18:13). Trois gestes : il se tient à distance, n'ose pas lever les yeux et se frappe la poitrine. Une seule demande : que Dieu ait pitié de lui. Il ne parle de personne d'autre et ne mentionne aucun de ses propres mérites.

Voici le jugement de Jésus :

Je vous le dis, celui-ci descendit dans sa maison justifié, plutôt que l'autre. Car quiconque s'élève sera abaissé, et celui qui s'abaisse sera élevé. (Luc 18:14)

Le mot « justifié » a beaucoup de poids : la justice ne se constitue pas petit à petit ; elle est imputée. Et l'homme qui est justifié n'a rien dans les mains.

Dans l'épître aux Galates, Paul indique un chemin très concret :

Que chacun examine ses propres oeuvres, et alors il aura sujet de se glorifier pour lui seul, et non par rapport à autrui ; car chacun portera son propre fardeau. (Galates 6:4-5)

Remarquez la voie que Paul propose : ramener notre regard vers la responsabilité qui nous est confiée. Nous examinons nos propres actes sans nous glorifier en nous comparant à notre prochain, puis nous portons notre propre fardeau.

Deux distinctions sont nécessaires.

Premièrement, comparer et apprendre sont deux choses différentes. Voir quelque chose de bon chez quelqu'un, l'admirer et vouloir apprendre de lui est une bonne chose. Le problème commence lorsque nous mesurons notre valeur à la place que l'autre occupe. Deuxièmement, s'abaisser ne signifie pas se dévaloriser. Dans Luc 18:14, s'abaisser, c'est reconnaître devant Dieu sa situation réelle. Le publicain ne dit pas : « Je ne vaux rien. » Il dit : « O Dieu, sois apaisé envers moi, qui suis un pécheur. » Se dévaloriser soi-même reste une autre manière de vouloir fixer soi-même sa valeur. S'abaisser selon l'Écriture, c'est reconnaître honnêtement devant Dieu notre condition de pécheur tout en plaçant notre espérance dans sa miséricorde.

Cette leçon nous conduit donc à une vérité très simple : devant Dieu, nous n'avons besoin de placer personne plus bas que nous, ni de mesurer qui court le plus vite. L'homme qui rentre chez lui les mains vides est justifié.

Notes d’étude

1. Luc indique à qui la parabole s'adresse. « Certaines personnes se persuadant qu'elles étaient justes, et ne faisant aucun cas des autres » : les deux attitudes vont ensemble.

2. Ce que dit le pharisien est peut-être entièrement vrai. Il jeûne réellement et donne réellement la dîme. Cette leçon ne l'accuse pas de mentir.

3. Il remercie Dieu. Sa prière commence par « je te rends grâces ». Le problème ne vient pas du fait qu'il aurait oublié de mentionner Dieu.

4. « Ou même comme ce publicain. » Cet homme se tient dans le même temple. La comparaison fausse une prière d'action de grâces.

5. « Priait ainsi en lui-même. » C'est la traduction de Louis Segond ; le grec peut aussi être compris comme indiquant qu'il se tenait à part pour prier. Dans les deux cas, son attention reste fixée sur ses propres mérites et les fautes des autres.

6. Trois gestes et une parole du publicain. Il se tient à distance, n'ose pas lever les yeux et se frappe la poitrine ; il demande à Dieu d'avoir pitié de lui. Il ne parle de personne d'autre.

7. « Justifié. » La justice est imputée, non accumulée ; celui qui est justifié n'a rien dans les mains.

Discussion

Ouverture (environ 10 minutes)

Un mot avant de commencer (à lire par l'animateur)

Ce qui est partagé dans le groupe ne doit pas être répété à l'extérieur. Il existe toutefois une exception : si le partage concerne des violences en cours, la sécurité d'un enfant ou d'une personne vulnérable, ou un danger immédiat qu'une personne se blesse ou blesse quelqu'un d'autre, l'animateur ne peut pas promettre une confidentialité absolue. En règle générale, il cherchera d'abord, autant que possible, à en parler avec la personne concernée et ne transmettra que les informations nécessaires à ceux qui peuvent réellement aider. Si un enfant ou une personne incapable de se protéger est concerné, ou s'il existe un danger immédiat, son accord préalable n'est pas requis : selon la situation, il faut contacter un pasteur, un professionnel qualifié, la police, les secours ou les services médicaux locaux. En cas de danger immédiat, demandez de l'aide sur-le-champ et ne laissez pas la personne seule.

Brise-glace : Quand vous étiez enfant, quelles comparaisons entendiez-vous souvent ? (Les résultats scolaires, l'obéissance, les enfants d'une autre famille, par exemple. Ne donnez pas de noms et gardez un ton léger ; vous pouvez ne pas répondre si le souvenir est trop pénible. Une personne qui vient pour la première fois peut aussi répondre.)

Conseil d'animation : gardez un ton léger. Il y aura peut-être des rires, mais aussi un peu d'amertume. Cette question prépare la suite ; ne commentez pas encore les réponses.

Rappel de la leçon (à lire par l'animateur, environ 1 minute, pour ceux qui n'ont pas fait la préparation)

Cette leçon porte sur Luc 18:9-14. Jésus raconte cette parabole à certaines personnes qui se persuadent qu'elles sont justes et ne font aucun cas des autres. Deux hommes montent au temple pour prier : l'un est pharisien et l'autre publicain. « Le pharisien, debout, priait ainsi en lui-même : O Dieu, je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont ravisseurs, injustes, adultères, ou même comme ce publicain ; je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tous mes revenus. » Mais le publicain se tient à distance, n'ose même pas lever les yeux au ciel et se frappe la poitrine en disant : « O Dieu, sois apaisé envers moi, qui suis un pécheur. » Jésus dit que celui-ci rentre chez lui justifié plutôt que l'autre, car quiconque s'élève sera abaissé, et celui qui s'abaisse sera élevé. Le passage parallèle se trouve en Galates 6 : « Que chacun examine ses propres oeuvres, et alors il aura sujet de se glorifier pour lui seul, et non par rapport à autrui ; car chacun portera son propre fardeau. » Aujourd'hui, nous parlerons de la manière d'abandonner la comparaison.

Observation

1. Lisez les versets 9 et 10. À qui Luc dit-il que cette parabole s'adresse ? Qui sont les deux hommes qui montent au temple pour prier ?

Conseil d'animation : elle s'adresse à « certaines personnes se persuadant qu'elles étaient justes, et ne faisant aucun cas des autres ». Les deux hommes sont un pharisien et un publicain. Faites remarquer que les deux attitudes sont reliées.

2. Lisez les versets 11 et 12. Que dit le pharisien dans sa prière ? Quelle parole vous frappe le plus ?

Conseil d'animation : il remercie Dieu de ne pas être comme les ravisseurs, les injustes et les adultères, « ou même comme ce publicain » ; il jeûne deux fois par semaine et donne la dîme de tous ses revenus. Les mots les plus frappants sont « ou même comme ce publicain », car cet homme se trouve dans le même temple.

3. Lisez les versets 13 et 14, puis Galates 6:4-5. Quels sont les trois gestes et la parole du publicain ? Quel jugement Jésus prononce-t-il ? Quelle voie Galates 6 propose-t-il ?

Conseil d'animation : il se tient à distance, n'ose pas lever les yeux et se frappe la poitrine ; il demande à Dieu d'avoir pitié de lui. Jésus dit qu'il rentre chez lui justifié plutôt que l'autre. Galates 6 invite chacun à examiner ses propres œuvres et à porter son propre fardeau.

Interprétation

4. Ce que dit le pharisien est peut-être entièrement vrai, et il remercie Dieu. Alors, où se trouve le problème ?

Conseil d'animation : c'est la question centrale de la leçon ; accordez-lui du temps. Le problème est qu'il cherche à tenir debout en pensant : « Je ne suis pas comme telle personne. » Vous pouvez demander : avons-nous intérieurement une liste de personnes à propos desquelles nous pensons toujours : « Au moins, je ne suis pas comme elles » ?

5. (Question facultative, si vous avez le temps.) Comment Galates 6:4-5 nous aide-t-il à cesser de prendre les autres comme mesure ? Quelle différence y a-t-il entre « examiner ses propres œuvres » et être constamment dur envers soi-même ?

Conseil d'animation : Paul invite chacun à ramener son regard vers la responsabilité qui lui est confiée, sans se glorifier en se comparant à son prochain, puis à porter son propre fardeau. Il ne remplace pas les comparaisons par une nouvelle fiche de notation personnelle.

6. Que signifie le mot « justifié » pour quelqu'un qui n'a rien dans les mains ?

Conseil d'animation : la justice est imputée, non accumulée. Le publicain ne mentionne aucun de ses mérites. Vous pouvez en profiter pour présenter l'Évangile : nous sommes justifiés à cause de Christ.

Application

7. Dans quelle situation récente une comparaison a-t-elle provoqué en vous un pincement soudain ? (Ne donnez pas de nom ; décrivez seulement la situation. Une personne qui vient pour la première fois peut aussi répondre.)

Conseil d'animation : que ceux qui le souhaitent répondent en une ou deux phrases. Ne les rassurez pas trop vite et ne dites pas : « Pourtant, tu es déjà très bien » — ce serait encore comparer. Donnez d'abord votre propre exemple.

8. Cette semaine, comment voulez-vous détourner vos yeux des autres pour revenir à votre propre chemin ?

Conseil d'animation : soyez aussi concret que possible : consulter moins souvent un compte qui vous met mal à l'aise, accomplir correctement une tâche qui vous revient, ou prier une phrase pour la personne qui réveille en vous ce désir de comparaison. Le plan d'action ci-dessous reprend ces pistes.

Prière et mise en pratique

Prier ensemble (environ 15 minutes)

Demandez à une personne de lire lentement Luc 18:13-14. Gardez ensuite deux minutes de silence. Que chacun reprenne intérieurement la prière du publicain : « O Dieu, sois apaisé envers moi, qui suis un pécheur. » Il est possible de ne dire que cette phrase. Ceux qui le souhaitent peuvent ensuite prier en une ou deux phrases. Ceux qui ne veulent pas parler peuvent prier en silence ; une personne qui vient pour la première fois peut simplement écouter, sans aucune obligation de prier ni de prendre position. Pour terminer, l'animateur rendra grâce et priera pour chacun. Les sujets de prière restent dans le groupe ; les sujets sensibles ne sont ni saisis dans l'application ni envoyés dans une conversation de groupe. Pour un suivi ordinaire, demandez d'abord l'accord de la personne avant de noter discrètement une ou deux phrases nécessaires. Si la sécurité d'un enfant ou d'une personne incapable de se protéger est en jeu, ou s'il existe un danger immédiat de suicide ou de violence envers autrui, n'attendez pas son accord : contactez immédiatement les secours, la police ou le service de protection approprié dans votre région.

Vous pouvez commencer ainsi (orientation pour la prière) :

O Dieu, sois apaisé envers moi, qui suis un pécheur. Nous reconnaissons que nous Te remercions tout en établissant intérieurement un classement. Parfois, nous nous soutenons en plaçant quelqu'un tout en bas ; parfois, le poids des autres nous empêche de relever la tête. Ne nous laisse plus nous persuader que nous sommes justes ni mépriser qui que ce soit. Aide-nous à examiner nos propres œuvres et à porter notre propre fardeau, en détournant nos yeux de la foule pour les ramener devant Toi. Tu as dit que l'homme aux mains vides était rentré chez lui justifié ; donne-nous de venir à Toi, nous aussi, les mains vides. Au nom de Jésus. Amen.

Plan d'action de la semaine (environ 5 minutes)

Après la prière, chacun peut choisir une seule des actions suivantes pour cette semaine. Une seule suffit, et il n'y a aucun problème si vous ne savez pas encore laquelle choisir.

Il n'est pas nécessaire de noter ce choix ni d'en rendre compte. Si vous le souhaitez, vous pourrez en reparler lors de la prochaine rencontre. Si vous n'y êtes pas arrivé, apportez simplement à Dieu dans la prière ce qui vous a arrêté.

Envie de poursuivre

Vous pouvez choisir la leçon « Dieu regarde au cœur » (1 Samuel 16:1-13), ou la leçon « Pas encore arrivé, mais toujours en course vers le but » (Philippiens 3:7-16).

Guide de l’animateur