Qui suis-je ? Mon identité nouvelle en Christ, Leçon 4. Lire Philippiens 3:7-16. Être encore faible après avoir cru et se demander si notre foi est fausse ; craindre aussi que les autres découvrent qui nous sommes vraiment.
Passage principal : Philippiens 3:7-16
Quand Paul écrit aux Philippiens, il croit en Christ et le sert depuis de nombreuses années. Pourtant, il dit encore : « Ce n'est pas que j'aie déjà remporté le prix, ou que j'aie déjà atteint la perfection ; mais je cours… » Ne pas être encore parvenu à la perfection ne signifie pas que notre foi n'est pas réelle. L'un des signes de la maturité biblique est précisément de savoir le reconnaître.
Après quelques années dans la foi, une question revient souvent : pourquoi suis-je encore comme cela ? Le même caractère, les mêmes faiblesses, les mêmes fautes répétées. Nous commençons alors à nous demander si nous avons vraiment cru. Et nous n'osons plus montrer qui nous sommes réellement : à l'église, beaucoup vivent chaque jour en essayant de donner l'impression qu'ils « vont à peu près bien ».
Dans ce passage de Philippiens 3, Paul parle de sa propre situation.
Il commence par faire ses comptes : « Mais ces choses qui étaient pour moi des gains, je les ai regardées comme une perte, à cause de Christ » (Philippiens 3:7). Puis il va plus loin : « Et même je regarde toutes choses comme une perte, à cause de l'excellence de la connaissance de Jésus Christ mon Seigneur, pour lequel j'ai renoncé à tout, et je les regarde comme de la boue, afin de gagner Christ » (Philippiens 3:8). Le centre de ce bilan est « l'excellence de la connaissance de Jésus Christ ». Paul considère comme une perte ce dont il se glorifiait autrefois parce que connaître Christ a une valeur infiniment supérieure.
Vient ensuite le fondement du passage : « et d'être trouvé en lui, non avec ma justice, celle qui vient de la loi, mais avec celle qui s'obtient par la foi en Christ, la justice qui vient de Dieu par la foi » (Philippiens 3:9). Cette justice se reçoit ; elle ne se gagne pas. Louis Segond traduit ici « celle qui s'obtient par la foi en Christ » ; le grec peut aussi être compris comme parlant de « la fidélité du Christ ». Cette leçon n'a pas besoin de trancher ce débat. Le point essentiel est que cette justice ne vient pas de nos résultats dans l'observation de la loi : elle vient de Dieu et se reçoit par la foi. Il faut d'abord établir cette vérité pour que les mots « je cours » ne soient pas compris comme un effort accompli par les seules forces de Paul.
Paul explique ensuite ce qu'il désire : « Afin de connaître Christ, et la puissance de sa résurrection, et la communion de ses souffrances, en devenant conforme à lui dans sa mort, pour parvenir, si je puis, à la résurrection d'entre les morts » (Philippiens 3:10-11). La puissance de la résurrection et la communion des souffrances se trouvent dans la même phrase. Paul ne choisit pas seulement la partie la plus agréable.
Vient alors le cœur de cette leçon :
Ce n'est pas que j'aie déjà remporté le prix, ou que j'aie déjà atteint la perfection ; mais je cours, pour tâcher de le saisir, puisque moi aussi j'ai été saisi par Jésus Christ. (Philippiens 3:12)
Remarquez la fin du verset : « puisque moi aussi j'ai été saisi par Jésus Christ ». Christ l'a saisi le premier ; c'est ensuite que Paul poursuit sa course. Il ne court pas pour gagner le droit d'être saisi par Christ.
Il le répète en termes encore plus directs : « Frères, je ne pense pas l'avoir saisi ; mais je fais une chose : oubliant ce qui est en arrière et me portant vers ce qui est en avant, je cours vers le but, pour remporter le prix de la vocation céleste de Dieu en Jésus Christ » (Philippiens 3:13-14).
« Je fais une chose » : il n'essaie pas de tout saisir en même temps. « Oubliant ce qui est en arrière » : il ne s'agit pas de perdre la mémoire, mais de ne plus laisser le passé décider de la direction d'aujourd'hui. Dans le contexte, Paul pense d'abord à ses anciens motifs de fierté et au chemin déjà parcouru. Par application, lorsque nos échecs passés nous immobilisent, nous pouvons aussi les apporter à l'Évangile. « Je cours vers le but » : son regard est tourné vers l'avant.
Les deux derniers versets donnent un équilibre très concret : « Nous tous donc qui sommes parfaits, ayons cette même pensée ; et si vous êtes en quelque point d'un autre avis, Dieu vous éclairera aussi là-dessus. Seulement, au point où nous sommes parvenus, marchons d'un même pas » (Philippiens 3:15-16).
« Au point où nous sommes parvenus, marchons d'un même pas » : voilà une phrase qui permet de respirer. Nous n'avons pas besoin de faire semblant d'être arrivés là où nous ne sommes pas encore ; mais le fait de ne pas y être ne doit pas non plus nous arrêter.
Une précision est importante : « ne pas avoir déjà atteint la perfection » ne justifie pas la paresse. Paul dit qu'il court vers le but ; il n'économise pas ses forces. Ce qui change, c'est l'origine et la direction de cet effort : il avance parce que Christ l'a déjà saisi ; il ne court pas pour mériter que Christ le saisisse.
Si donc vous vous demandez : « Après toutes ces années de foi, pourquoi suis-je encore comme cela ? », ce passage ne vous offre pas une simple formule de consolation. Il vous montre la position de Paul lui-même : lui non plus n'est pas arrivé ; il continue de courir, tout en sachant que Christ l'a déjà saisi.
1. « L'excellence de la connaissance de Jésus Christ » est le centre de ce bilan. Paul considère comme une perte ce dont il se glorifiait autrefois parce que connaître Christ a une valeur infiniment supérieure.
2. Cette justice se reçoit ; elle ne se gagne pas (verset 9). Il faut d'abord établir cette vérité pour que l'expression « je cours » ne soit pas comprise comme un effort accompli par les seules forces de Paul.
3. La puissance de la résurrection et la communion des souffrances se trouvent dans la même phrase (verset 10). Paul ne choisit pas seulement la partie la plus agréable.
4. « Puisque moi aussi j'ai été saisi par Jésus Christ. » Christ l'a saisi le premier ; c'est ensuite que Paul poursuit sa course. N'inversons pas cet ordre.
5. « Je fais une chose. » Paul n'essaie pas de tout saisir en même temps.
6. « Oubliant ce qui est en arrière » désigne d'abord les motifs de fierté de Paul. Il vient de considérer comme de la boue son remarquable parcours. Mais lorsque nos échecs passés nous immobilisent, ils doivent eux aussi être apportés à l'Évangile.
7. « Au point où nous sommes parvenus, marchons d'un même pas. » Nous n'avons pas besoin de faire semblant d'être déjà arrivés ; mais le fait de ne pas être arrivés ne doit pas non plus nous arrêter.
8. « Atteint la perfection » et « nous tous donc qui sommes parfaits ». Au verset 12, Paul affirme qu'il n'a pas encore atteint le but. Au verset 15, les « parfaits » sont, dans le contexte, les croyants plus mûrs. L'un des signes de la maturité est précisément de reconnaître que nous ne sommes pas encore arrivés et de continuer d'avancer.
Un mot avant de commencer (à lire par l'animateur)
Ce qui est partagé dans le groupe ne doit pas être répété à l'extérieur. Il existe toutefois une exception : si le partage concerne des violences en cours, la sécurité d'un enfant ou d'une personne vulnérable, ou un danger immédiat qu'une personne se blesse ou blesse quelqu'un d'autre, l'animateur ne peut pas promettre une confidentialité absolue. En règle générale, il cherchera d'abord, autant que possible, à en parler avec la personne concernée et ne transmettra que les informations nécessaires à ceux qui peuvent réellement aider. Si un enfant ou une personne incapable de se protéger est concerné, ou s'il existe un danger immédiat, son accord préalable n'est pas requis : selon la situation, il faut contacter un pasteur, un professionnel qualifié, la police, les secours ou les services médicaux locaux. En cas de danger immédiat, demandez de l'aide sur-le-champ et ne laissez pas la personne seule.
Brise-glace : Quelle chose apprenez-vous depuis longtemps sans avoir encore fini de l'apprendre ? (Un instrument, une langue, la cuisine ou la conduite, par exemple ; une personne qui vient pour la première fois peut aussi répondre.)
Conseil d'animation : gardez un ton léger. Chacun constatera que ne pas avoir fini d'apprendre ne signifie pas ne rien avoir appris. Cette question prépare la suite.
Rappel de la leçon (à lire par l'animateur, environ 1 minute, pour ceux qui n'ont pas fait la préparation)
Cette leçon porte sur Philippiens 3:7-16. Paul dit : « Mais ces choses qui étaient pour moi des gains, je les ai regardées comme une perte, à cause de Christ. Et même je regarde toutes choses comme une perte, à cause de l'excellence de la connaissance de Jésus Christ mon Seigneur, pour lequel j'ai renoncé à tout, et je les regarde comme de la boue, afin de gagner Christ, et d'être trouvé en lui, non avec ma justice, celle qui vient de la loi, mais avec celle qui s'obtient par la foi en Christ. » Il veut connaître Christ, la puissance de sa résurrection et la communion de ses souffrances. Puis il dit : « Ce n'est pas que j'aie déjà remporté le prix, ou que j'aie déjà atteint la perfection ; mais je cours, pour tâcher de le saisir, puisque moi aussi j'ai été saisi par Jésus Christ. » Et encore : « Frères, je ne pense pas l'avoir saisi ; mais je fais une chose : oubliant ce qui est en arrière et me portant vers ce qui est en avant, je cours vers le but, pour remporter le prix de la vocation céleste de Dieu en Jésus Christ. » Enfin : « Seulement, au point où nous sommes parvenus, marchons d'un même pas. » Aujourd'hui, nous parlerons de la manière d'avancer lorsque nous ne sommes pas encore arrivés à la perfection.
1. Lisez les versets 7 à 9. Qu'est-ce que Paul considère comme une perte ? D'où vient la « justice » dont il parle ?
Conseil d'animation : les choses qu'il considérait autrefois comme des gains, et même toutes choses, il les regarde comme une perte. Sa justice ne vient pas de la loi ; c'est celle qui s'obtient par la foi en Christ, la justice qui vient de Dieu par la foi. Attirez l'attention sur « l'excellence de la connaissance de Jésus Christ ».
2. Lisez les versets 10 à 12. Que veut-il connaître ? Comment parle-t-il de lui-même au verset 12 ?
Conseil d'animation : il veut connaître Christ, la puissance de sa résurrection et la communion de ses souffrances. Au verset 12, il ne prétend pas avoir déjà remporté le prix ni atteint la perfection ; il court, « puisque moi aussi j'ai été saisi par Jésus Christ ».
3. Lisez les versets 13 à 16. Quelle est l'unique chose que Paul fait ? Que dit la dernière phrase ?
Conseil d'animation : il oublie ce qui est en arrière, se porte vers ce qui est en avant et court vers le but. La dernière phrase dit : « Au point où nous sommes parvenus, marchons d'un même pas. »
4. « Je cours, pour tâcher de le saisir, puisque moi aussi j'ai été saisi par Jésus Christ » : quel ordre cette phrase établit-elle ?
Conseil d'animation : c'est la question centrale de la leçon ; accordez-lui du temps. Christ saisit Paul le premier, puis Paul poursuit sa course. Inverser l'ordre reviendrait à courir pour acheter notre acceptation. Vous pouvez demander : lorsque nous lisons la Bible, servons ou cherchons à changer, lequel de ces deux ordres suivons-nous intérieurement ?
5. (Question facultative, si vous avez le temps.) Qu'est-ce qui appartient à « ce qui est en arrière » ? Seulement les échecs ?
Conseil d'animation : les réussites aussi. Paul vient de considérer comme de la boue son remarquable parcours. Les deux peuvent nous faire trébucher : les échecs nous empêchent de relever la tête, les réussites nous font nous arrêter sur place.
6. « Au point où nous sommes parvenus, marchons d'un même pas » : comment cette phrase aide-t-elle une personne qui pense ne pas avoir grandi ?
Conseil d'animation : elle n'a pas besoin de faire semblant d'être arrivée là où elle n'est pas encore ; mais elle ne doit pas non plus s'arrêter parce qu'elle n'y est pas. Vous pouvez demander : cette année, y a-t-il une petite chose que vous ne pouviez pas faire autrefois et que vous savez faire aujourd'hui ?
7. Si vous croyez déjà en Christ, quelle faiblesse vous amène le plus souvent à douter de la réalité de votre foi ? (Nommez seulement une catégorie. Une personne qui découvre encore la foi peut dire ce qui lui donne le plus l'impression qu'elle doit faire ses preuves pour être digne. Il est aussi possible de ne pas répondre.)
Conseil d'animation : que ceux qui le souhaitent répondent en une ou deux phrases. Les autres ne doivent ni juger ni rassurer trop vite. Donnez d'abord votre propre exemple pour que les autres osent parler.
8. Cette semaine, quelle action concrète les mots « oubliant ce qui est en arrière et me portant vers ce qui est en avant » vous invitent-ils à accomplir ?
Conseil d'animation : soyez aussi concret que possible : cesser de repasser une scène, terminer une tâche longtemps remise à plus tard, ou changer une petite habitude quotidienne. Le plan d'action ci-dessous reprend ces pistes.
Demandez à une personne de lire lentement Philippiens 3:12-14. Gardez ensuite deux minutes de silence. Que chacun pense intérieurement à une chose « en arrière » : ce peut être un échec ou une réussite passée. Ceux qui le souhaitent peuvent prier en une ou deux phrases, la déposer et tourner leur regard vers l'avant. Ceux qui ne veulent pas parler peuvent prier en silence ; une personne qui vient pour la première fois peut simplement écouter, sans aucune obligation de prier ni de prendre position. Pour terminer, l'animateur rendra grâce et priera pour chacun. Les sujets de prière restent dans le groupe ; les sujets sensibles ne sont ni saisis dans l'application ni envoyés dans une conversation de groupe. Pour un suivi ordinaire, demandez d'abord l'accord de la personne avant de noter discrètement une ou deux phrases nécessaires. Si la sécurité d'un enfant ou d'une personne incapable de se protéger est en jeu, ou s'il existe un danger immédiat de suicide ou de violence envers autrui, n'attendez pas son accord : contactez immédiatement les secours, la police ou le service de protection approprié dans votre région.
Vous pouvez commencer ainsi (orientation pour la prière) :
Seigneur, plus de vingt ans après avoir cru en Toi, Paul disait encore qu'il n'avait pas remporté le prix et n'avait pas atteint la perfection. Pourtant, nous doutons souvent de la réalité de notre foi parce que nous ne sommes pas encore devenus meilleurs. Merci parce que notre justice ne se gagne pas par nous-mêmes : elle vient de la foi en Christ. Tu nous as saisis le premier ; c'est ainsi que nous recevons la force de poursuivre notre course. Aide-nous à oublier ce qui est en arrière, qu'il s'agisse de nos chutes ou de nos anciennes réussites. Donne-nous de marcher au point où nous sommes parvenus, sans faire semblant et sans nous arrêter. Au nom de Jésus. Amen.
Après la prière, chacun peut choisir une seule des actions suivantes pour cette semaine. Une seule suffit, et il n'y a aucun problème si vous ne savez pas encore laquelle choisir.
Il n'est pas nécessaire de noter ce choix ni d'en rendre compte. Si vous le souhaitez, vous pourrez en reparler lors de la prochaine rencontre. Si vous n'y êtes pas arrivé, apportez simplement à Dieu dans la prière ce qui vous a arrêté.
Vous pouvez choisir la leçon « En Christ, il n'y a plus de condamnation » (Jean 8:1-11), ou la leçon « Se dépouiller du vieil homme et revêtir l'homme nouveau » (Colossiens 3:1-17).