Comprendre la volonté de Dieu en lisant la Bible, Leçon 9. Lire 1 Corinthiens 2:6-16. Lire la Bible comme un manuel scolaire : la tête comprend, mais le cœur n'est pas touché ; ou, à l'inverse, l'interpréter uniquement selon ses impressions.
Passage principal : 1 Corinthiens 2:6-16
Seul l'Esprit de Dieu connaît les choses de Dieu. Paul dit que Dieu a révélé par l'Esprit la sagesse de la croix. Aujourd'hui encore, le Saint-Esprit qui a inspiré l'Écriture nous aide à comprendre, à recevoir et à obéir à la parole déjà écrite. Il n'y ajoute pas un sens qui ne s'y trouve pas ; il nous fait voir les merveilles qui y sont déjà. C'est pourquoi nous lisons la Bible en l'étudiant attentivement et dans un esprit de prière.
Les lecteurs de la Bible tombent souvent dans l'un de ces deux pièges. Le premier consiste à s'arrêter aux informations et aux conclusions : nous avons étudié l'arrière-plan, consulté les mots originaux, dessiné la structure du passage et pouvons en parler avec assurance, mais nous ne laissons pas le texte examiner nos convictions et notre manière de vivre. Le second piège est l'inverse : nous ouvrons la Bible sur un verset, ressentons une vive émotion et déclarons aussitôt : « Dieu me dit aujourd'hui que… » Nous nous soucions peu de ce que le verset signifie dans son contexte ; notre sentiment devient le sens du texte.
Dans l'Église de Corinthe, on trouvait les deux tendances : certains admiraient une sagesse et une éloquence sophistiquées, tandis que d'autres se croyaient particulièrement spirituels. Paul leur écrit qu'au milieu d'eux, il n'a « pas eu la pensée de savoir parmi vous autre chose que Jésus Christ, et Jésus Christ crucifié » (1 Corinthiens 2:2). Il précise ensuite qu'il annonce bien une sagesse, mais d'une autre nature : « nous prêchons la sagesse de Dieu, mystérieuse et cachée » (1 Corinthiens 2:7). Les chefs de ce siècle ne l'ont pas comprise : « s'ils l'eussent connue, ils n'auraient pas crucifié le Seigneur de gloire » (1 Corinthiens 2:8).
Vient alors une phrase souvent citée :
Mais, comme il est écrit, ce sont des choses que l'oeil n'a point vues, que l'oreille n'a point entendues, et qui ne sont point montées au coeur de l'homme, des choses que Dieu a préparées pour ceux qui l'aiment. (1 Corinthiens 2:9)
Beaucoup pensent que ce verset décrit les merveilles du ciel, encore inconnues de nous. Mais Paul ajoute aussitôt : « Dieu nous les a révélées par l'Esprit. Car l'Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu. » (1 Corinthiens 2:10) Ce que l'oeil n'avait pas vu, ce que l'oreille n'avait pas entendu et ce qui n'était pas monté au coeur de l'homme, Dieu l'a désormais révélé par l'Esprit. Il s'agit d'abord de la sagesse du salut que Dieu a préparé par la croix du Christ, sans exclure la gloire future de ce salut. Remise dans son contexte, une phrase familière prend une profondeur nouvelle.
Paul prend l'être humain comme comparaison : seul l'esprit d'une personne connaît ce qui est en elle ; de même, « personne ne connaît les choses de Dieu, si ce n'est l'Esprit de Dieu » (1 Corinthiens 2:11). Comprendre la parole de Dieu n'est donc pas seulement une affaire d'intelligence ; c'est aussi une grâce : « Or nous, nous n'avons pas reçu l'esprit du monde, mais l'Esprit qui vient de Dieu, afin que nous connaissions les choses que Dieu nous a données par sa grâce. » (1 Corinthiens 2:12) Sans le Saint-Esprit, « l'homme animal ne reçoit pas les choses de l'Esprit de Dieu, car elles sont une folie pour lui » (1 Corinthiens 2:14).
Cela signifie-t-il que celui qui a le Saint-Esprit n'a plus besoin d'étudier et peut suivre ses impressions ? C'est exactement le contraire. Le Saint-Esprit est celui qui a inspiré l'Écriture ; il ne lui ajoute pas un sens absent du texte ou contraire à l'ensemble de la Bible. L'auteur du Psaume 119 prie ainsi : « Ouvre mes yeux, pour que je contemple Les merveilles de ta loi! » (Psaumes 119:18) Il ne demande pas à Dieu d'ajouter quelque chose à la loi, mais de lui faire voir les merveilles qui s'y trouvent déjà. En 1 Corinthiens 2, Paul parle d'abord de la sagesse de la croix que Dieu a révélée par l'Esprit et fait annoncer par les apôtres. Pour notre lecture aujourd'hui, le Saint-Esprit qui a inspiré l'Écriture continue de nous aider à comprendre, à recevoir et à obéir à la parole déjà écrite. L'Église appelle souvent cette oeuvre « illumination ». Il ouvre nos yeux aveuglés pour que nous voyions ce que dit le texte et consentions à lui obéir. Cela s'accompagne parfois d'une émotion très forte ; parfois, il s'agit simplement de continuer à lire avec calme et fidélité.
Une bonne lecture de la Bible unit donc deux choses : l'attention de l'intelligence et la disponibilité spirituelle ; l'étude du contexte et la prière. Lorsqu'une forte impression nous vient en lisant, vérifions-la à partir du texte lui-même, de son contexte et d'autres passages bibliques ; discernons-la aussi avec des frères et soeurs. Ce qui vient du Saint-Esprit s'accordera nécessairement avec la parole qu'il a lui-même inspirée.
1. La « sagesse » est le mot-clé de ce passage. Certains membres de l'Église de Corinthe attachaient une grande valeur à la sagesse et à l'éloquence que leur société admirait. En 1:18-2:5, Paul explique que la croix paraît folle au monde, mais qu'elle est puissance et sagesse de Dieu. En 2:6-16, il montre que cette sagesse ne peut être reçue que par le Saint-Esprit.
2. Le contexte de 1 Corinthiens 2:9. Cette citation s'inspire d'Ésaïe 64:4. Elle n'est pas une image consacrée uniquement aux merveilles du ciel. Dans son contexte, elle désigne d'abord la sagesse du salut préparé par Dieu en Christ et maintenant révélée par l'Esprit (2:10), sans exclure la gloire future de ce salut (2:7 : « destinée pour notre gloire »).
3. « L'homme animal » et « l'homme spirituel ». En 2:14, « l'homme animal » désigne celui qui ne vit qu'avec ses capacités humaines naturelles et n'a pas l'Esprit de Dieu ; « l'homme spirituel » est celui que le Saint-Esprit conduit. Paul ne classe pas ici les croyants par niveaux. En 3:1-3, il dira justement à ces Corinthiens qui se croyaient spirituels qu'ils sont encore charnels et comme de petits enfants en Christ.
4. « Ouvre mes yeux ». Dans Psaumes 119:18, l'auteur demande que ses yeux soient ouverts pour contempler les merveilles déjà présentes dans la loi. L'Église appelle souvent cette oeuvre du Saint-Esprit « illumination », par opposition à l'« inspiration » par laquelle l'Écriture a été donnée. L'illumination n'ajoute pas une nouvelle révélation : elle nous fait comprendre et recevoir la parole déjà écrite.
5. « La pensée de Christ ». En 2:16, la « pensée » désigne l'intelligence et la manière de voir. Avoir la pensée de Christ, c'est regarder les choses avec son regard. Le Saint-Esprit accomplit cela en nous ; ce n'est pas le privilège d'un petit nombre.
Pour démarrer : y a-t-il un livre, un film ou une chanson qui ne vous avait pas particulièrement touché la première fois, mais qui vous a profondément ému quelques années plus tard ? Qu'est-ce qui avait changé ? (Une personne qui vient pour la première fois peut aussi répondre.)
Conseil pour l'animateur : gardez un ton léger. L'oeuvre n'avait pas changé, mais son lecteur ou son auditeur avait changé : son vécu, son état intérieur, son regard. Cette question prépare le thème : « le Saint-Esprit ouvre nos yeux ».
Résumé de la leçon (à lire par l'animateur en environ 1 minute, pour ceux qui n'ont pas fait la préparation)
Cette leçon porte sur 1 Corinthiens 2:6-16. Paul dit que la sagesse qu'il annonce n'est pas celle de ce siècle, mais la sagesse mystérieuse et cachée de Dieu. Si les chefs de ce siècle l'avaient connue, ils n'auraient pas crucifié le Seigneur de gloire. Ce que l'oeil n'a point vu, ce que l'oreille n'a point entendu et ce qui n'est pas monté au coeur de l'homme, Dieu l'a révélé par l'Esprit. Seul l'esprit d'un homme connaît ce qui est en lui, et seul l'Esprit de Dieu connaît les choses de Dieu. Nous avons reçu l'Esprit qui vient de Dieu afin de connaître ce que Dieu nous a donné par grâce. L'homme animal ne reçoit pas les choses de l'Esprit, tandis que l'homme spirituel juge de tout ; nous avons la pensée de Christ. Le passage en parallèle est Psaumes 119:18 : « Ouvre mes yeux, pour que je contemple Les merveilles de ta loi! » Nous allons parler ensemble de cette question : comment notre intelligence et notre coeur sont-ils conduits ensemble devant Dieu lorsque nous lisons la Bible ?
1. Lisez les versets 6-10. Quelle sorte de sagesse Paul annonce-t-il ? Pourquoi les chefs de ce siècle ne l'ont-ils pas comprise ?
Conseil pour l'animateur : ce n'est pas la sagesse de ce siècle, mais la sagesse mystérieuse et cachée de Dieu, destinée avant les siècles pour notre gloire. S'ils l'avaient connue, ils n'auraient pas crucifié le Seigneur de gloire.
2. Lisez les versets 9-10. À quel sujet emploie-t-on souvent l'expression « ce que l'oeil n'a point vu, ce que l'oreille n'a point entendu » ? Que dit Paul juste après, lorsque nous replaçons cette phrase dans son contexte ?
Conseil pour l'animateur : elle est souvent appliquée au ciel. Mais Paul ajoute que Dieu nous a révélé ces choses par l'Esprit. Il parle ici du salut que Dieu a révélé par la croix du Christ et qui est maintenant manifesté. Vous pouvez rappeler que c'est un autre exemple où le retour au contexte approfondit le sens d'une phrase connue.
3. Lisez les versets 11-16. Que dit Paul au sujet de « l'Esprit de Dieu » ? Quelle différence fait-il entre « l'homme animal » et « l'homme spirituel » ?
Conseil pour l'animateur : seul l'Esprit de Dieu connaît les choses de Dieu. Nous avons reçu l'Esprit qui vient de Dieu afin de connaître les choses que Dieu nous a données par grâce. L'homme animal ne les reçoit pas et les considère comme une folie ; l'homme spirituel juge de tout ; nous avons la pensée de Christ.
4. D'après 1 Corinthiens 2:10-16 et Psaumes 119:18, comment le Saint-Esprit aide-t-il les hommes à recevoir la parole que Dieu a déjà révélée ? Comment distinguer son illumination du fait de projeter nos propres idées dans le texte ?
Conseil pour l'animateur : c'est la question centrale ; accordez-lui davantage de temps. Le Saint-Esprit a inspiré l'Écriture et ouvre aussi les yeux de ses lecteurs. Il leur fait voir, comprendre et recevoir ce que dit le texte, qui vient alors toucher leur vie. Il ne donne pas un sens qui contredirait la parole qu'il a lui-même inspirée. Vous pouvez demander aux participants comment ils discernent si une impression reçue pendant la lecture vient réellement du Saint-Esprit.
5. (Question facultative, si le temps le permet) Lisez Psaumes 119:18. Le psalmiste prie : « Ouvre mes yeux », afin de contempler les « merveilles » de la loi. Qu'attend-il de Dieu pendant sa lecture ? Qu'est-ce que cela nous apprend sur notre prière avant de lire la Bible ?
Conseil pour l'animateur : il attend de Dieu qu'il ouvre ses yeux pour voir les merveilles déjà présentes dans la loi. Avant de lire, nous ne demandons pas un message nouveau, mais des yeux ouverts et un coeur qui se laisse enseigner.
6. Quels problèmes peuvent produire ces deux dérives : « lire la Bible comme un manuel scolaire » et « interpréter entièrement selon son ressenti » ? Comment le Saint-Esprit et l'Écriture agissent-ils ensemble ?
Conseil pour l'animateur : dans le premier cas, les connaissances augmentent sans que la vie change ; la parole de Dieu devient un simple objet d'étude. Dans le second, nos sentiments conduisent le texte ; nous risquons d'être égarés et de blesser les autres. Le Saint-Esprit et l'Écriture ne sont jamais séparés : il parle par l'Écriture et il nous l'ouvre.
7. Vers quelle tendance penchez-vous le plus facilement : rester dans les connaissances sans laisser le texte toucher votre vie, ou suivre vos impressions sans beaucoup regarder le contexte ? (Une personne qui vient pour la première fois peut aussi répondre.)
Conseil pour l'animateur : une ou deux phrases par personne suffisent, sans jugement. Les deux tendances seront sans doute présentes ; chacun peut alors aider l'autre : ceux qui savent étudier peuvent aider ceux qui se fient trop à leurs impressions, tandis que ceux dont le coeur est réceptif peuvent rappeler aux autres que la lecture ne concerne pas seulement l'intelligence.
8. Cette semaine, comment aimeriez-vous à la fois étudier attentivement la Bible et la lire dans un esprit de prière ?
Conseil pour l'animateur : cherchez des réponses précises. On peut prier une phrase avant de lire ; faire d'abord des observations, puis rester en silence et prier avec les paroles lues ; ou encore noter une impression très forte et la vérifier avec quelqu'un. Le plan d'action ci-dessous reprend ces idées.
Pour cette prière, commencez par lire la Bible, puis répondez à Dieu. Demandez à quelqu'un de lire lentement Psaumes 119:18, puis répétez tous ensemble le verset. Demandez-lui ensuite de lire deux fois 1 Corinthiens 2:9-12. Gardez deux minutes de silence et réfléchissez : qu'est-ce que Dieu nous a révélé par l'Esprit ? Ceux qui le souhaitent peuvent ensuite prier en une ou deux phrases : demander à Dieu d'ouvrir nos yeux ; lui demander miséricorde et secours pour les moments où notre lecture reste purement intellectuelle ou lorsque nous projetons nos sentiments dans le texte ; prier pour les amis qui cherchent encore afin que le Saint-Esprit ouvre leur coeur. Celui qui ne souhaite pas parler peut prier en silence ; une personne qui vient pour la première fois peut simplement écouter, sans devoir prier ni prendre position. À la fin, l'animateur rassemble les sujets et prie pour le groupe avec reconnaissance. Les sujets de prière restent dans le groupe ; les sujets sensibles ne sont ni enregistrés dans l'application ni envoyés dans la messagerie du groupe. Si un suivi est nécessaire, l'animateur demande l'accord de la personne avant de noter en privé les quelques informations indispensables.
Vous pouvez commencer ainsi (orientation de prière) :
Saint-Esprit, Tu sondes tout, même les profondeurs de Dieu. Lorsque nous lisons la parole que Tu as inspirée, nous restons parfois dans les connaissances sans la laisser toucher notre vie ; à d'autres moments, nous suivons nos sentiments et projetons nos propres idées dans le texte. Ouvre nos yeux pour que nous contemplions les merveilles de Ta parole. Donne-nous aussi la pensée de Christ, afin qu'après avoir vu, nous soyons disposés à obéir. Au nom de Jésus. Amen.
Après la prière, chacun choisit une seule action dans la liste ci-dessous pour cette semaine. Une seule suffit ; si vous ne savez pas encore laquelle choisir, ce n'est pas grave.
Il n'est pas nécessaire de noter ce choix ni d'en rendre compte. Si vous le souhaitez, vous pourrez en parler lors de la prochaine rencontre. Si vous n'avez pas réussi, apportez simplement à Dieu, dans la prière, ce qui vous a arrêté.
Vous pouvez choisir la leçon « Commencer par ce que le texte veut dire » (Marc 2:1-12), ou la leçon « Apprendre à écouter Dieu » (1 Samuel 3:1-10), dans la série « Prier dans le Saint-Esprit ».