Persévérer dans la prière sans se décourager · Petits groupes

Prier dans l'Esprit : vivre la présence et la direction de Dieu, Leçon 13. Lire Luc 18:1-8. Après avoir prié plusieurs fois pour la même chose sans résultat visible, cesser de demander.

Passage principal : Luc 18:1-8

Le Seigneur Jésus a raconté cette parabole pour montrer qu'il faut toujours prier et ne point se relâcher. Dieu n'est pas le juge inique qu'il faut importuner : il est le Dieu qui rend justice à ses élus. L'absence prolongée de changement ne signifie pas qu'il n'a pas entendu. Continuer à crier vers Dieu dans l'attente est une expression de la foi et un exercice de la foi.

Introduction

Quand nous commençons à prier pour un sujet, nous avons beaucoup d'élan. Mais si rien ne semble bouger après plusieurs semaines, nous cessons peu à peu d'en parler. Parfois, nous sommes gênés de demander toujours la même chose, comme si nous dérangions Dieu. Parfois, nous avons déjà conclu secrètement qu'il ne s'occuperait sans doute pas de cette affaire.

Luc 18 contient une parabole dont Luc explique d'emblée le but :

Jésus leur adressa une parabole, pour montrer qu'il faut toujours prier, et ne point se relâcher. (Luc 18:1)

Deux personnages y apparaissent. Le premier est un juge de la ville, « qui ne craignait point Dieu et qui n'avait d'égard pour personne » (Luc 18:2). Le second est une veuve. À cette époque, une veuve n'avait pas de mari pour la représenter ; elle comptait souvent parmi les personnes les plus faciles à opprimer et les plus dépourvues de recours. Elle avait une partie adverse et revenait sans cesse demander au juge : « Fais-moi justice de ma partie adverse. » « Pendant longtemps il refusa », mais elle continua de venir. Il finit par se dire :

Quoique je ne craigne point Dieu et que je n'aie d'égard pour personne, néanmoins, parce que cette veuve m'importune, je lui ferai justice, afin qu'elle ne vienne pas sans cesse me rompre la tête. (Luc 18:4-5)

Le Seigneur Jésus ajouta :

Entendez ce que dit le juge inique. Et Dieu ne fera-t-il pas justice à ses élus, qui crient à lui jour et nuit, et tardera-t-il à leur égard ? Je vous le dis, il leur fera promptement justice. (Luc 18:6-8)

Il est facile de mal comprendre cette parabole. Dieu n'est pas le juge inique qu'il faudrait importuner jusqu'à ce qu'il cède. Jésus raisonne du plus petit au plus grand : même un juge qui ne craint pas Dieu et ne respecte personne finit par rendre justice à une veuve qui continue de demander ; à combien plus forte raison Dieu le fera-t-il ! La loi disait déjà qu'il « fait droit à l'orphelin et à la veuve » (Deutéronome 10:18). De plus, nous ne sommes pas des étrangers qu'il ne connaît pas, mais ses élus.

Pourquoi faut-il alors souvent attendre ? Le verset 7 demande : « tardera-t-il à leur égard ? » Cette expression a été comprise de différentes manières au fil du temps. Certains pensent qu'elle parle de la patience de Dieu envers ses élus qui souffrent ; d'autres, qu'il retarde le jugement pour laisser aux méchants le temps de se repentir (2 Pierre 3:9). Quelle que soit l'interprétation retenue, l'absence prolongée de changement ne signifie pas qu'il n'a pas entendu ni qu'il reste indifférent. « Il leur fera promptement justice » : son temps ne correspond pas à notre perception du temps, mais sa justice est certaine.

À la fin de la parabole, le Seigneur Jésus pose une question qui nous saisit : « Mais, quand le Fils de l'homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » (Luc 18:8) La question se déplace : il ne s'agit plus de savoir si Dieu fera justice, mais si nous continuerons à lui faire confiance et à le prier. Continuer à crier vers Dieu dans l'attente est une expression de la foi et un exercice qui fortifie la foi.

Cette parabole vient juste après l'enseignement du chapitre précédent sur les « jours du Fils de l'homme » (Luc 17:22-37). Elle signifie d'abord que les disciples doivent continuer à crier jour et nuit, sans se relâcher, pendant qu'ils attendent le retour du Fils de l'homme et le jour où Dieu établira définitivement la justice. Ce principe nous encourage aussi à apporter sans cesse toutes sortes de demandes à notre Père céleste. Cependant, la parole « il leur fera promptement justice » ne fournit pas un calendrier pour chacun de nos souhaits particuliers.

Paul dit également : « Réjouissez-vous en espérance. Soyez patients dans l'affliction. Persévérez dans la prière. » (Romains 12:12) Persévérer ne signifie pas répéter beaucoup de paroles d'un seul trait en s'imaginant qu'à force de paroles nous serons exaucés (Matthieu 6:7). Cela signifie qu'après un jour ou une semaine, nous rapportons encore le même sujet devant Dieu tout en nous remettant à sa sagesse. Certaines prières reçoivent rapidement une réponse ; d'autres demandent une longue attente ; pour d'autres encore, la réponse diffère de celle que nous espérions, comme dans la prière du Seigneur Jésus à Gethsémané. Dans chaque cas, l'absence momentanée de changement n'est pas une raison pour cesser de demander.

Notes d’étude

1. Le but est annoncé dès le début. Avant même de raconter la parabole, Luc en indique le but : « il faut toujours prier, et ne point se relâcher » (Luc 18:1). Elle suit immédiatement l'enseignement sur les « jours du Fils de l'homme » (Luc 17:22-37) et encourage d'abord les disciples à ne pas perdre courage pendant qu'ils attendent le retour du Seigneur.

2. « Ne point se relâcher ». Paul emploie souvent la même idée : « Ne nous lassons pas de faire le bien » (Galates 6:9) et « nous ne perdons pas courage » (2 Corinthiens 4:16). Les traductions françaises peuvent varier, mais il s'agit bien ici de ne pas céder au découragement.

3. La veuve et le Dieu qui rend justice. La loi ordonnait expressément : « Tu n'affligeras point la veuve, ni l'orphelin. » Dieu ajoutait que, s'ils criaient vers lui, « j'entendrai leurs cris » (Exode 22:22-23). La veuve de la parabole est en position de faiblesse et ne dispose d'aucun pouvoir visible sur lequel s'appuyer. Le texte souligne qu'elle vient demander encore et encore.

4. Un raisonnement par contraste, du plus petit au plus grand. Jésus ne dit pas que Dieu ressemble à ce juge. Au contraire, il établit un contraste saisissant et raisonne du plus petit au plus grand : même ce juge finit par agir ; à combien plus forte raison le Dieu juste ! Nous n'avons pas à harceler Dieu pour le décider à agir : il veut déjà faire justice à ses élus.

5. « Faire justice ». La veuve demande que justice lui soit rendue. Une personne victime d'une injustice peut demander à Dieu d'établir la justice. Paul rappelle aussi : « Ne vous vengez point vous-mêmes, bien-aimés, mais laissez agir la colère » (Romains 12:19). Remettre le jugement final à Dieu nous empêche d'être dévorés par le désir de vengeance. Cela n'exclut pas de chercher légalement protection et justice, par exemple en signalant les faits à la police, en conservant des preuves ou en demandant l'aide des services compétents.

Discussion

Ouverture (environ 10 minutes)

Un mot avant de commencer (à lire par l'animateur)

Ce qui est partagé dans le groupe ne doit pas être répété ailleurs. Il existe cependant une exception : si une situation concerne un préjudice en cours, la sécurité d'un enfant ou d'une personne vulnérable, ou si quelqu'un risque immédiatement de se faire du mal ou d'en faire à autrui, l'animateur ne peut pas promettre une confidentialité absolue. En règle générale, l'animateur essaiera d'abord d'en parler avec la personne concernée et ne transmettra que les informations nécessaires à ceux qui peuvent apporter une aide concrète. Lorsqu'un enfant ou une personne incapable de se protéger est concerné, ou en cas de danger immédiat, il n'est pas nécessaire d'obtenir d'abord son accord : selon la situation, il faut contacter un pasteur, un professionnel qualifié, la police, les services d'urgence ou les services médicaux du lieu. En cas de danger immédiat, demandez de l'aide sur-le-champ et ne laissez pas la personne seule.

Pour commencer : avez-vous déjà persévéré très longtemps dans quelque chose et fini par y arriver, par exemple apprendre une compétence, réussir un examen ou attendre qu'une situation se débloque ? (Les personnes qui viennent pour la première fois peuvent aussi répondre.)

Conseil pour l'animation : une ou deux phrases suffisent, sans commentaire. Vous pouvez aussi demander : avez-vous déjà abandonné une chose à mi-chemin ?

Résumé de la leçon (à lire par l'animateur, environ 1 minute, pour ceux qui ne l'ont pas préparée)

Cette leçon porte sur Luc 18:1-8. Jésus raconte une parabole pour montrer qu'il faut toujours prier et ne point se relâcher. Dans une ville, un juge ne craint pas Dieu et n'a d'égard pour personne. Une veuve vient sans cesse lui demander : « Fais-moi justice de ma partie adverse. » Le juge refuse pendant longtemps, puis il finit par lui rendre justice parce qu'il ne veut plus qu'elle vienne lui rompre la tête. Le Seigneur Jésus dit : Dieu ne fera-t-il pas justice à ses élus, qui crient à lui jour et nuit ? Enfin, il demande : « Quand le Fils de l'homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » Le passage parallèle est Romains 12:12 : « Réjouissez-vous en espérance. Soyez patients dans l'affliction. Persévérez dans la prière. » Aujourd'hui, nous allons parler ensemble de la manière de continuer à prier quand nous demandons depuis longtemps sans voir de changement.

Observation

1. Lisez Luc 18:1-5. D'après Luc, quel est le but de la parabole ? Quel genre d'homme est le juge ? Quelle est la situation de la veuve ? Que fait-elle ?

Conseil pour l'animation : le but est de montrer « qu'il faut toujours prier, et ne point se relâcher ». Le juge ne craint pas Dieu et n'a d'égard pour personne. La veuve est en position de faiblesse, mais elle revient sans cesse demander justice. « Pendant longtemps il refusa », puis il agit parce qu'il ne veut plus qu'elle vienne lui rompre la tête.

2. Lisez les versets 6-8. Quelle conclusion le Seigneur Jésus tire-t-il de cette parabole ? En quoi Dieu est-il différent du juge ?

Conseil pour l'animation : Dieu ne fera-t-il pas justice à ses élus, qui crient à lui jour et nuit ? Il leur fera promptement justice. Le juge agit parce qu'il n'en peut plus d'être importuné ; Dieu, lui, fait déjà droit à la veuve et à l'orphelin, et nous sommes ses élus.

3. Lisez Romains 12:12. Paul dit : « Persévérez dans la prière. » À quelles deux attitudes associe-t-il cette exhortation ?

Conseil pour l'animation : se réjouir en espérance et être patient dans l'affliction. Celui qui persévère dans la prière garde l'espérance et endure aussi l'affliction.

Interprétation

4. Cette parabole signifie-t-elle que nous devons importuner Dieu jusqu'à ce qu'il nous exauce ? Pourquoi ?

Conseil pour l'animation : c'est l'une des questions centrales de la leçon ; prenez le temps. Non. Il s'agit d'un contraste et d'un raisonnement du plus petit au plus grand : même le juge inique répond, à combien plus forte raison Dieu ! Nous n'avons pas à le convaincre par notre insistance. Persévérer dans la prière, c'est continuer à lui faire confiance et à lui apporter le sujet.

5. À la fin, le Seigneur Jésus demande : « Quand le Fils de l'homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » Où cette question place-t-elle le centre de la parabole ? Pourquoi « ne point se relâcher » est-il lié à la foi ?

Conseil pour l'animation : c'est une question centrale de la leçon. Cette parole se situe d'abord dans l'attente du retour du Fils de l'homme : Dieu rendra certainement justice ; la question est de savoir si nous continuerons à lui faire confiance pendant l'attente. Renoncer par découragement revient souvent à conclure intérieurement : « Dieu ne s'en occupera pas. » Continuer de crier vers lui exprime la foi et l'exerce. L'expression de Luc 18:7 sur le délai a reçu plusieurs interprétations ; il n'est pas nécessaire de trancher dans le groupe.

6. (Question facultative, si vous avez le temps) Quelle différence y a-t-il entre « Persévérez dans la prière » et « ne multipliez pas de vaines paroles » (Matthieu 6:7) ? Comment comprendre une réponse qui, après une longue attente, diffère de ce que nous demandions ?

Conseil pour l'animation : multiplier les paroles, c'est croire que leur abondance nous fera exaucer. Persévérer, c'est revenir encore et encore devant Dieu et lui confier la situation. Quand la réponse est différente, nous pouvons revenir à la prière du Seigneur Jésus à Gethsémané : il présente honnêtement sa demande, mais il ajoute « toutefois ».

Application

7. Y a-t-il un sujet pour lequel vous avez prié autrefois avant de cesser ? Qu'est-ce qui vous a arrêté ?

Conseil pour l'animation : une phrase suffit, sans entrer dans les détails. Les raisons fréquentes sont la déception, la gêne ou l'impression que Dieu ne s'en occupera pas. Ne jugez pas les réponses.

8. Quel sujet aimeriez-vous rapporter devant Dieu cette semaine ?

Conseil pour l'animation : encouragez chacun à choisir un sujet précis. Dans la prière qui suit, vous prierez ensemble pour ces sujets. Deux personnes peuvent aussi convenir d'intercéder l'une pour l'autre pendant la semaine.

Prière et mise en pratique

Prier ensemble (environ 15 minutes)

Gardez d'abord une minute de silence. Que chacun pense à un sujet qu'il avait laissé de côté ou pour lequel il prie depuis longtemps. Ceux qui le souhaitent pourront ensuite le nommer, sans donner de détails, et le groupe priera pour eux en une ou deux phrases. Vous pouvez aussi demander justice pour les personnes lésées qui ne disposent d'aucun recours. Ceux qui ne souhaitent pas parler peuvent prier en silence ; c'est aussi une prière. Les personnes qui viennent pour la première fois ne sont pas obligées de parler. Lisez enfin ensemble Romains 12:12, puis l'animateur conclura. Les sujets de prière restent dans le groupe ; les sujets sensibles ne sont ni notés dans l'application ni envoyés dans le groupe de discussion. En règle générale, il faut obtenir l'accord de la personne avant de noter en privé une ou deux phrases nécessaires au suivi. Lorsqu'un enfant ou une personne incapable de se protéger est en danger, ou en cas de danger immédiat de se faire du mal ou d'en faire à autrui, l'accord préalable n'est pas requis : il faut contacter immédiatement les services d'urgence, la police ou le service de protection compétent du lieu.

Vous pouvez commencer ainsi (piste de prière) :

Père céleste, nous avons prié pour certaines choses avant de cesser de le faire. Nous avons attendu si longtemps que nous avons perdu courage et que notre foi s'est affaiblie. Aujourd'hui, nous Te rapportons ces sujets. Tu n'es pas le juge inique ; Tu es le Dieu qui fait droit à l'orphelin et à la veuve, et Tu connais chacun de nous. Aide-nous à nous réjouir en espérance, à être patients dans l'affliction et à persévérer dans la prière sans nous relâcher. Ton temps n'est pas le nôtre ; aide-nous à continuer de Te faire confiance dans l'attente. Au nom de Jésus. Amen.

Plan d'action de la semaine (environ 5 minutes)

Après la prière, chacun choisit ci-dessous une seule action à accomplir cette semaine. Une seule suffit, et ce n'est pas grave si vous n'arrivez pas à choisir tout de suite.

Il n'est pas nécessaire de la noter ni d'en rendre compte. Si vous le souhaitez, vous pourrez en parler lors de la prochaine rencontre. Si vous ne l'avez pas accomplie, apportez simplement à Dieu dans la prière ce qui vous a arrêté.

Pour aller plus loin

Vous pouvez choisir la leçon « Quand la prière n'est pas exaucée comme je l'espérais » (Luc 22:39-46), ou la leçon « Intercéder pour les autres » (Genèse 18:16-33).

Guide de l’animateur