Croire en Jésus, est-ce trahir sa famille ? · Petits groupes

Questions fréquentes des personnes en recherche, Leçon 6. Lire Luc 14:25-33. Craindre de ne plus pouvoir honorer les ancêtres après être devenu chrétien, de blesser sa famille ou de vivre ensuite sous de nombreuses interdictions.

Passage principal : Luc 14:25-33

Jésus demande à ceux qui le suivent de le mettre à la première place, de l'aimer plus que leurs parents et leur propre vie, et de commencer par s'asseoir pour calculer le prix à payer. Mais le mettre à la première place ne signifie pas aimer moins sa famille : la même Bible commande d'honorer ses parents, et Jésus, sur la croix, a confié sa mère à un disciple. Après avoir cru au Seigneur, le cœur filial n'a pas à changer, mais la manière de l'exprimer peut être ajustée ; à celui qui renonce pour lui, Jésus promet de rendre au centuple au sein d'une nouvelle famille.

Introduction

Quand on rentre chez soi pour le Nouvel An chinois, les questions les plus redoutées autour de la table, après le salaire et le mariage, comprennent peut-être celle-ci : « Il paraît que tu t'es converti à une religion étrangère ? » Les inquiétudes des parents sont très concrètes : continueras-tu à offrir de l'encens aux ancêtres ? Reviendras-tu encore balayer les tombes à Qingming ? Quand nous serons morts, qui brûlera du papier funéraire pour nous ? Dans beaucoup de familles chinoises, « croire en Jésus » semble vouloir dire « renier ses ancêtres » et « manquer à la piété filiale ». Celui qui envisage de croire se demande aussi : après ma conversion, serai-je soumis à toutes sortes d'interdits ? Est-ce que je blesserai mes parents ?

Jésus lui-même n'a pas présenté la marche à sa suite comme quelque chose de facile. Alors que de grandes foules faisaient route avec lui, il se retourna et leur dit :

Si quelqu'un vient à moi, et s'il ne hait pas son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, et ses soeurs, et même sa propre vie, il ne peut être mon disciple. (Luc 14:26)

Il raconta ensuite deux comparaisons. Celui qui veut bâtir une tour doit d'abord s'asseoir et calculer la dépense, de peur de poser les fondations sans pouvoir achever la construction et de devenir la risée des autres. Un roi qui part en guerre doit lui aussi s'asseoir et examiner si ses dix mille hommes peuvent affronter une armée de vingt mille (Luc 14:28-32). La dernière phrase est encore plus forte : « Ainsi donc, quiconque d'entre vous ne renonce pas à tout ce qu'il possède ne peut être mon disciple. » (Luc 14:33) Devant une grande foule, Jésus expose clairement le prix à payer et invite chacun à le suivre les yeux ouverts.

L'expression rendue en chinois par « m'aimer plus que » est très forte : littéralement, elle dit « haïr ». Dans la manière de parler hébraïque, il s'agit de comparer deux priorités : face à la marche à la suite de Jésus, tout le reste doit passer au second plan. L'Évangile selon Matthieu exprime le même sens ainsi : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi » (Matthieu 10:37).

Cela ne signifie pourtant pas qu'il faille négliger sa famille. La même Bible commande : « Honore ton père et ta mère » (Exode 20:12), et Paul précise qu'il s'agit du « premier commandement avec une promesse » (Éphésiens 6:2-3). Jésus a sévèrement repris ceux qui se servaient de la religion comme prétexte pour ne pas subvenir aux besoins de leurs parents (Marc 7:9-13). Lui-même, cloué sur la croix et au comble de la souffrance, pensait encore à sa mère et la confia au disciple qu'il aimait : « Voilà ta mère. » (Jean 19:27) Paul va jusqu'à dire : « Si quelqu'un n'a pas soin des siens, et principalement de ceux de sa famille, il a renié la foi, et il est pire qu'un infidèle. » (1 Timothée 5:8) Mettre Dieu à la première place, c'est remettre l'amour dans le bon ordre. Quand cet ordre est juste, l'amour pour la famille devient souvent plus solide, et non plus faible.

Que faire du culte des ancêtres ? C'est là que beaucoup de familles rencontrent le plus grand blocage. Il est utile de distinguer le respect du culte. Aller nettoyer une tombe, arracher les herbes, essuyer la stèle, déposer des fleurs, observer un moment de silence ou s'incliner ; prendre bien soin des aînés de leur vivant et assumer ses responsabilités lors des funérailles : tout cela exprime le respect et la piété filiale. Les chrétiens peuvent le faire, et devraient même le faire avec plus de soin. Offrir de l'encens, brûler du papier funéraire ou prier les défunts pour obtenir leur protection revient à en faire des objets de culte ; les chrétiens ne le font pas. Se prosterner jusqu'à terre n'a pas partout le même sens : il faut considérer la situation précise et demander conseil à un pasteur avant de décider. L'essentiel est de dire ensemble ces deux phrases : « Voici ce que je ne ferai pas » et « voici ce que je suis prêt à faire ». Si nous ne disons que la première, notre famille entendra un refus ; avec les deux, elle entendra une autre manière d'honorer ses parents.

Jésus lui-même a été incompris par sa famille. Quand il commença son ministère, « les parents de Jésus, ayant appris ce qui se passait, vinrent pour se saisir de lui ; car ils disaient : Il est hors de sens » (Marc 3:21). Au début, ses frères non plus ne croyaient pas en lui (Jean 7:5). Mais plus tard, sa mère et ses frères persévéraient ensemble dans la prière au milieu des disciples (Actes 1:14). L'incompréhension de la famille fait mal, mais l'histoire ne s'arrête pas nécessairement là.

Un jour, Pierre dit à Jésus : « Voici, nous avons tout quitté, et nous t'avons suivi. » Jésus répondit qu'il n'est personne qui ait quitté quelque chose à cause de lui et de l'Évangile « ne reçoive au centuple » dès maintenant : maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres, « avec des persécutions », puis la vie éternelle dans le siècle à venir (Marc 10:28-30). Ce n'est pas la promesse de devenir riche : les persécutions font partie de cette parole. On comprend généralement cette promesse ainsi : celui qui suit Jésus reçoit une nouvelle famille dans la communauté de ses disciples, où il trouve accueil et soutien mutuel.

Quant à la peur d'être soumis à des interdits partout, Jésus dit : « Car mon joug est doux, et mon fardeau léger. » (Matthieu 11:30) Le suivre implique bien de renoncer à certaines choses ; il ne l'a jamais caché. Mais ses commandements se reçoivent dans une relation où nous marchons avec lui, non comme une liste d'interdictions détachée de sa personne.

Notes d’étude

1. Le verbe traduit par « aimer plus que » signifie littéralement « haïr ». En Luc 14:26, le verbe est μισέω (miseō), « haïr ». Il s'agit d'une manière hébraïque de comparer deux priorités : Genèse dit, au sujet de Rachel, « qu'il aimait plus que Léa » (Genèse 29:30), puis le verset suivant décrit Léa comme n'étant « pas aimée », là où l'expression littérale est « haïe ». Jésus ne demande pas de haïr sa famille, mais de le placer au-dessus de tout.

2. « Porter sa croix ». À l'époque de Jésus, celui qui portait une croix marchait vers le lieu de son exécution. Cette parole signifie que celui qui suit Jésus lui remet jusqu'à sa propre vie. Elle n'appelle ni à rechercher la souffrance ni à se servir de la foi pour blesser sa famille.

3. Deux fois « s'asseoir d'abord ». Celui qui bâtit doit « s'asseoir d'abord pour calculer la dépense » ; le roi qui part en guerre doit « s'asseoir d'abord pour examiner ». Jésus accueille ceux qui veulent réfléchir avant de le suivre, plutôt que d'agir sur un coup de tête ; il veut une marche qui aille jusqu'au bout.

4. La liste du « centuple ». En Marc 10:29, ceux que l'on quitte comprennent le père et la mère ; dans la liste de ce qui est reçu au verset 30, il n'y a que des mères, pas de pères, et Jésus ajoute : « avec des persécutions ». Certains interprètes estiment que, dans cette nouvelle famille, la place du père appartient au Père céleste. Quelle que soit l'interprétation retenue, Jésus promet une véritable famille spirituelle, non une vie sans difficultés dans ce monde.

Discussion

Ouverture (environ 10 minutes)

Un mot préalable (à lire par l'animateur)

Ce qui est partagé dans le groupe n'est pas répété à l'extérieur. Il existe toutefois une exception : s'il est question d'un danger en cours, de la sécurité d'un enfant ou d'une personne vulnérable, ou d'un risque immédiat que quelqu'un se fasse du mal ou fasse du mal à autrui, l'animateur ne peut pas promettre une confidentialité absolue. En règle générale, il cherchera d'abord, autant que possible, à en parler avec la personne concernée et ne transmettra que les informations nécessaires à ceux qui peuvent réellement aider. Lorsqu'un enfant ou une personne incapable de se protéger est concerné, ou en cas de danger immédiat, son consentement préalable n'est pas requis : selon la situation, il faudra contacter un pasteur, un professionnel qualifié, la police, les secours ou les services médicaux locaux. En cas de danger immédiat, demandez de l'aide sur-le-champ et ne laissez pas la personne seule.

Brise-glace : quelle question de votre famille redoutez-vous le plus quand vous rentrez pour le Nouvel An chinois ? (Une personne qui vient pour la première fois peut aussi répondre.)

Conseil d'animation : restez légers ; on peut en rire un peu. Cette question fait apparaître les attentes et la pression familiales. Si quelqu'un parle de foi, gardez cela en mémoire et revenez-y dans la partie Application.

Rappel de la leçon (à lire par l'animateur, environ 1 minute, pour ceux qui ne l'ont pas préparée)

Cette leçon porte sur Luc 14:25-33. De grandes foules faisaient route avec Jésus. Il se retourna et leur déclara que celui qui venait à lui sans le mettre au-dessus de ses parents, de sa femme, de ses enfants, de ses frères et sœurs, et même de sa propre vie, ne pouvait être son disciple ; celui qui ne portait pas sa croix et ne le suivait pas ne pouvait pas non plus être son disciple. Puis il demanda : qui veut bâtir une tour sans commencer par s'asseoir pour calculer la dépense ? Quel roi part en guerre sans commencer par s'asseoir pour examiner ses forces ? Le passage parallèle est Marc 10 : Pierre dit qu'ils ont tout quitté pour suivre Jésus ; Jésus promet à celui qui renonce à sa maison, à ses frères et sœurs, à ses parents, à ses enfants ou à ses terres à cause de lui et de l'Évangile de recevoir au centuple dès maintenant, avec des persécutions, puis la vie éternelle dans le siècle à venir. Aujourd'hui, nous parlerons ensemble de cette question : croire en Jésus, est-ce trahir sa famille ?

Observation

1. Lisez Luc 14:25-27. Que dit Jésus à la grande foule qui le suit ? Quelles personnes et quelles choses mentionne-t-il ?

Conseil d'animation : le père, la mère, la femme, les enfants, les frères, les sœurs et sa propre vie ; porter sa croix et le suivre. Remarquez qu'il se retourne pour parler à de grandes foules : il n'attend pas d'être devant un petit nombre pour dire des paroles difficiles.

2. Lisez les versets 28-33. Quelles sont les deux comparaisons racontées par Jésus ? Quel est leur point commun ?

Conseil d'animation : bâtir une tour et partir en guerre ; dans les deux cas, il faut commencer par « s'asseoir » pour calculer et réfléchir, afin de ne pas s'arrêter à mi-chemin. Le verset 33 aboutit au renoncement à tout ce que l'on possède.

3. Lisez Marc 10:28-30. Que dit Pierre ? Que promet Jésus ? Qu'est-ce qui fait également partie de cette promesse ?

Conseil d'animation : Pierre dit qu'ils ont tout quitté pour suivre Jésus. Jésus promet, dans ce monde, maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres au centuple, puis la vie éternelle dans le monde à venir. Mais il ajoute : « avec des persécutions ».

Interprétation

4. « M'aimer plus que son père et sa mère » paraît très exigeant. Est-ce un appel à manquer de piété filiale ? Lisez ensemble Exode 20:12, Jean 19:25-27 et 1 Timothée 5:8 : comment comprenez-vous ces textes ?

Conseil d'animation : c'est la question centrale de la leçon ; prenez votre temps. Le texte grec emploie une comparaison très forte (voir le premier point de « Points à remarquer »). Jésus exige la première place ; il ne demande pas de négliger sa famille. La même Bible commande d'honorer ses parents, Jésus prend soin de sa mère sur la croix, et Paul dit que celui qui ne prend pas soin des siens est pire qu'un incroyant. Lorsque l'amour retrouve son juste ordre, il devient souvent plus solide envers la famille.

5. (Question facultative, si le temps le permet.) Que signifie le « centuple » de Marc 10:30 ? Quelles différences voyez-vous entre la liste de ce que l'on reçoit et celle de ce que l'on quitte ? À quoi cela vous fait-il penser ?

Conseil d'animation : ce qui est reçu comprend maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres. On comprend généralement qu'il s'agit de la nouvelle famille trouvée parmi les disciples et du soutien mutuel. La liste ne comporte pas de « pères », mais elle comporte les persécutions. Vous pouvez demander : dans l'Église, quelqu'un vous a-t-il déjà traité comme un membre de sa famille ?

6. Pourquoi Jésus demande-t-il de « s'asseoir d'abord pour calculer la dépense » ? Pourquoi expose-t-il clairement le prix à payer pour le suivre, même devant une grande foule ?

Conseil d'animation : il veut des personnes qui le suivent les yeux ouverts, non sur un mouvement d'enthousiasme ; il n'attire pas les gens en leur cachant le prix. On peut lire Matthieu 13:44 : celui qui trouve le trésor caché dans un champ vend tout ce qu'il a « dans sa joie ». Le prix est réel, et Jésus en est réellement digne.

Application

7. Si vous croyez en Jésus — ou si vous veniez à croire — quel point serait le plus difficile à accepter pour votre famille ? (Le culte des ancêtres, le culte du dimanche, le mariage, l'argent… Vous pouvez n'en citer qu'un ; une personne qui vient pour la première fois peut aussi répondre.)

Conseil d'animation : écoutez sans proposer immédiatement une solution. Pour le culte des ancêtres, revenez simplement à la distinction entre respect et culte présentée dans l'introduction. Pour une situation plus précise, invitez la personne à en parler après la rencontre avec un pasteur.

8. Comment voudriez-vous mieux honorer les aînés de votre famille cette semaine ? Si votre famille pratique le culte des ancêtres, comment pourriez-vous, à condition que la conversation soit sûre et appropriée, dire à la fois « voici ce que je ne ferai pas » et « voici ce que je suis prêt à faire » ?

Conseil d'animation : invitez une ou deux personnes qui suivent le Seigneur depuis longtemps à expliquer concrètement leurs paroles et leurs gestes : téléphoner, passer une journée en famille, ou expliquer sa position lors du nettoyage d'une tombe à Qingming. Si parler risque de provoquer des coups, des menaces ou une restriction de liberté, on peut passer cette question et commencer par chercher, avec un pasteur ou un professionnel, une manière sûre d'agir. Le plan d'action qui suit s'appuie sur cette discussion.

Prière et mise en pratique

Prier ensemble (environ 10 minutes)

Invitez un membre du groupe à lire lentement Jean 19:25-27, puis gardez une minute de silence. Ceux qui le souhaitent peuvent prier en une ou deux phrases : pour leurs parents et leur famille sans entrer dans les détails, pour les proches qui ne croient pas encore au Seigneur, et pour les frères et sœurs qui subissent une pression familiale. Celui qui ne souhaite pas parler peut prier en silence ; une personne encore en découverte de la foi peut simplement écouter, sans devoir prier ni prendre position. À la fin, l'animateur conclut en remerciant Dieu pour les membres du groupe et en intercédant pour eux. Les sujets de prière restent dans le groupe ; les sujets sensibles ne sont ni enregistrés dans l'application ni publiés dans le groupe de messagerie. En règle générale, avant tout suivi, demandez l'accord de la personne et ne notez en privé qu'une ou deux phrases indispensables. Si la sécurité d'un enfant ou d'une personne incapable de se protéger est en jeu, ou s'il existe un danger immédiat d'automutilation ou de violence envers autrui, il n'est pas nécessaire d'obtenir ce consentement : contactez immédiatement les secours, la police ou un service de protection approprié dans votre pays.

Vous pouvez commencer ainsi (piste de prière) :

Seigneur Jésus, Tu nous demandes de Te mettre à la première place, et pourtant, sur la croix, Tu pensais encore à Ta mère. Nous portons dans notre cœur nos parents et nos proches, et nous avons peur que notre foi en Toi les blesse. Apprends-nous à discerner la piété filiale que nous devons vivre et le culte que nous ne pouvons pas rendre. Donne-nous la douceur de ne pas nous servir de la vérité pour blesser ceux qui nous sont les plus proches, et le courage de ne pas nous éloigner de Toi par peur. Veille sur les frères et sœurs qui subissent une pression familiale et garde-les en sécurité ; révèle aussi Toi-même Ton amour à nos familles. Au nom de Jésus. Amen.

Plan d'action de la semaine (environ 5 minutes)

Après la prière, chacun peut choisir ci-dessous une chose à faire cette semaine. Une seule suffit ; si vous ne savez pas encore quoi choisir, ce n'est pas grave.

Il n'est pas nécessaire de l'enregistrer ni d'en rendre compte. Si vous le souhaitez, vous pourrez en reparler lors de la prochaine rencontre. Si vous n'y êtes pas arrivé, apportez simplement à Dieu dans la prière ce qui vous a arrêté.

Pour poursuivre la discussion

Vous pouvez choisir, dans la série « Qui est Jésus ? », la leçon « Il appelle ses disciples à le suivre » (Jean 1:35-51 ; 21:15-19), ou la leçon « Pourquoi faut-il absolument passer par Jésus ? » (Actes 17:16-34).

Guide de l’animateur