La science et la foi sont-elles forcément en conflit ? · Petits groupes

Questions fréquentes des personnes en recherche, Leçon 3. Lire Genèse 1:1-2:3. Accepter la science signifie-t-il qu'on ne peut pas croire en Dieu ?

Passage principal : Genèse 1:1-2:3

Genèse 1 affirme d'abord de qui viennent le ciel et la terre, ce qu'est la création, qui est l'être humain et quelle mission lui est confiée. La science étudie la nature — ses processus, ses lois et son histoire — au moyen de l'observation et de méthodes vérifiables. La science et la foi ne se concentrent pas sur les mêmes questions ; elles se rencontrent pourtant sur des sujets comme les origines, qu'il faut examiner un par un, sans pour autant en faire des ennemies. Les chrétiens comprennent les « six jours » de différentes manières, mais tous confessent que Dieu a créé le ciel et la terre et que l'être humain a été créé à son image.

Introduction

Beaucoup ont grandi avec cette impression : la science représente le progrès, tandis que la religion relève surtout de la superstition ; ceux qui croient en Dieu seraient sans doute âgés ou peu instruits. Puis ils rencontrent des croyants qui sont ingénieurs, médecins ou professeurs d'université, et une question surgit : comment peuvent-ils encore croire après avoir tant étudié les sciences ? D'autres voudraient découvrir la foi, mais s'inquiètent : accepter la science m'empêche-t-il de croire en Dieu ? Et croire en Dieu m'oblige-t-il à combattre la science ?

Commençons par lire les premiers mots de la Bible : « Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. » (Genèse 1:1) Tout le chapitre suit ensuite un rythme régulier : « Dieu dit » et la chose arrive ; Dieu voit que cela est bon ; puis vient un soir et un matin, marquant un nouveau jour. La terre est d'abord « informe et vide » (Genèse 1:2), sans forme ni habitants. Pendant les trois premiers jours, Dieu sépare la lumière des ténèbres, les eaux d'en haut de celles d'en bas, puis fait paraître le sec. Pendant les trois jours suivants, il place dans ces espaces les luminaires, les poissons, les oiseaux, les animaux terrestres et les êtres humains. C'est comme si l'on construisait d'abord la maison avant d'y faire entrer ses habitants.

Ce chapitre ne cherche pas d'abord à donner l'âge de l'univers. Il pose une question plus fondamentale : qui a créé tout cela ? Il n'existe qu'un seul Créateur, qui fait exister l'univers et le monde par sa parole. Dans L'Essayeur, le grand astronome et physicien italien Galilée écrit que le grand livre de l'univers « est écrit en langue mathématique » ; cette pensée est souvent résumée ainsi : les mathématiques sont le langage dans lequel Dieu a écrit l'univers. Nous découvrons aujourd'hui que presque toutes les sciences reposent en profondeur sur les mathématiques. Quel genre de monde a été créé ? Un monde ordonné, régi par des lois, où les êtres vivants paraissent « selon leur espèce », un monde déclaré « bon ». Bien des peuples de l'Antiquité adoraient le soleil, la lune et les étoiles. Pourtant, Genèse 1 souligne qu'ils ne sont que des créatures ; le texte n'emploie même pas leurs noms, mais dit simplement que Dieu fit « les deux grands luminaires, le plus grand luminaire pour présider au jour, et le plus petit luminaire pour présider à la nuit » (Genèse 1:16). Leur rôle est d'éclairer, de marquer le temps, les saisons et les calendriers. Et qui est l'être humain ? « Dieu créa l'homme à son image, il le créa à l'image de Dieu, il créa l'homme et la femme. » (Genèse 1:27) Il reçoit une dignité et une valeur particulières, ainsi que la mission de gérer et de garder ce monde avec soin.

La science pose le plus souvent d'autres questions : comment cela fonctionne-t-il ? Quelles lois sont à l'œuvre ? Quel processus a conduit à ce que nous observons ? Si une bouilloire d'eau se met à bouillir, on peut dire : « parce que la chaleur accélère le mouvement des molécules », ou : « parce que je veux préparer une tasse de thé ». Les deux réponses sont justes, mais elles parlent de niveaux différents de causalité et ne se contredisent pas. Cette comparaison montre seulement qu'un même fait peut recevoir des explications de niveaux différents ; elle ne signifie pas que toutes les questions entre science et interprétation biblique disparaissent automatiquement. Sur l'origine de l'univers et de l'humanité, les deux domaines se rencontrent et demandent un examen précis. Dans l'histoire, certains pionniers des sciences modernes avaient aussi une foi chrétienne affirmée : Kepler, Boyle, Faraday et Maxwell. Leurs appartenances ecclésiales et leurs formulations différaient, mais Kepler et Boyle, en particulier, reliaient clairement l'étude de la nature à la connaissance du Créateur. Ces exemples ne remplacent pas une argumentation ; ils suffisent néanmoins à montrer que pratiquer sérieusement la science et croire en Dieu ne s'excluent pas.

Le Psaume 104 ajoute une autre dimension : Dieu n'a pas créé le monde au commencement pour ensuite l'abandonner. « Tous ces animaux espèrent en toi, Pour que tu leur donnes la nourriture en son temps. Tu la leur donnes, et ils la recueillent; Tu ouvres ta main, et ils se rassasient de biens. » (Psaume 104:27-28) Le psalmiste sait évidemment que les animaux doivent chercher leur nourriture. Mais il voit derrière ces événements quotidiens le Seigneur qui soutient toutes choses. Les chrétiens peuvent comprendre ce que nous appelons les « lois de la nature » comme la manière habituelle dont Dieu soutient et gouverne la création. La science décrit leur fonctionnement ; le psalmiste voit dans le même processus la provision de Dieu.

Comment comprendre les « six jours » ? Les Églises chrétiennes n'ont pas toutes la même réponse. Certains chrétiens y voient six jours ordinaires et considèrent que l'univers et la terre sont jeunes. D'autres pensent que le mot hébreu traduit par « jour » peut aussi désigner une longue période et ne s'oppose pas à l'âge de l'univers mesuré aujourd'hui. D'autres encore lisent les six jours comme un cadre littéraire soigneusement construit, qui souligne l'ordre de la création divine. Les chrétiens comprennent également de différentes manières le processus par lequel les êtres vivants sont apparus. Ces questions méritent une discussion sérieuse, mais elles n'annulent pas les affirmations claires du chapitre : Dieu est le Créateur, le monde était bon, l'être humain est créé à son image ; sa dignité vient de l'identité que lui donne son Créateur, non de ses capacités, de sa productivité, de son origine ou du jugement des autres.

Le récit de la création s'arrête au septième jour : Dieu « se reposa au septième jour de toute son oeuvre » et « bénit le septième jour, et il le sanctifia » (Genèse 2:2-3). La science peut nous aider à comprendre comment ce monde s'est formé et fonctionne ; une expérience ne peut cependant pas, à elle seule, décider s'il possède une finalité ultime. La Bible proclame que la création vient de Dieu et qu'il la déclare bonne ; en son sein, l'être humain reçoit une identité, une mission et le repos. La foi n'a jamais demandé de fermer les yeux. Plus nous connaissons le monde, plus nous avons de raisons de dire avec le psalmiste : « Que tes oeuvres sont en grand nombre, ô Éternel! Tu les as toutes faites avec sagesse. » (Psaume 104:24)

Notes d’étude

1. Le verset 1 est la déclaration fondamentale de tout le chapitre. Certains lisent « Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre » comme le sommaire de tout le chapitre, d'autres comme la première étape du récit. Dans les deux cas, la phrase déclare clairement que le ciel et la terre viennent de Dieu. Au verset 2, la terre est « informe et vide » ; pendant les six jours suivants, Dieu lui donne une forme et la remplit. Les trois premiers jours comportent surtout des séparations, les trois derniers un remplissage.

2. Des phrases reviennent sans cesse. « Dieu dit », « Et cela fut ainsi », « selon leur espèce », « Dieu vit que cela était bon », « il y eut un soir, et il y eut un matin » : ces répétitions décrivent un monde ordonné et digne de confiance. La forme littéraire même du chapitre est soigneusement construite ; prêtez attention à son rythme pendant la lecture.

3. Le soleil, la lune et les étoiles sont des créatures. Le verset 16 ne dit ni « soleil » ni « lune », mais « les deux grands luminaires » ; les étoiles ne reçoivent que quelques mots : « il fit aussi les étoiles ». Dans un monde ancien qui adorait les astres, cette déclaration est claire : ils ont été créés par Dieu pour éclairer les êtres humains et marquer le temps ; ils ne doivent pas être adorés.

4. « À l'image de Dieu ». Genèse 1:26-27 forme le sommet du chapitre. Seul l'être humain est créé à l'image de Dieu, l'homme comme la femme. Dieu lui confie une mission : « l'assujettissez » et « dominez » sur les êtres vivants (1:28). L'être humain doit donc gérer ce monde au nom du Créateur, et non en faire ce qu'il veut.

5. Le septième jour n'a pas de « soir » ni de « matin ». Chacun des six premiers jours se termine par la formule « il y eut un soir, et il y eut un matin ». Cette phrase manque en Genèse 2:1-3. Dieu achève son œuvre, se repose, bénit le septième jour et le sanctifie. Le récit de la création s'arrête sur le repos et la bénédiction.

Discussion

Ouverture (environ 10 minutes)

Pour démarrer : à l'école, quelle matière scientifique aimiez-vous le plus — ou redoutiez-vous le plus ? Pourquoi ? (Une personne qui vient pour la première fois peut aussi répondre.)

Conseil pour l'animateur : échangez simplement et avec humour. Cette question ramène chacun à son expérience de l'apprentissage des sciences et donne aux membres formés dans ces domaines l'occasion de s'exprimer.

Résumé de la leçon (lu par l'animateur, environ 1 minute, pour ceux qui n'ont pas fait la préparation)

Cette leçon porte sur Genèse 1:1 à 2:3. Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. La terre était informe et vide. Dieu dit que la lumière soit, et la lumière fut. Pendant les trois premiers jours, Dieu sépara la lumière des ténèbres, les eaux d'en haut de celles d'en bas, puis fit paraître le sec, les herbes et les arbres. Pendant les trois jours suivants, il créa le soleil, la lune, les étoiles, les êtres vivants dans l'eau, les oiseaux et les animaux terrestres. Enfin, il créa l'homme et la femme à son image et leur confia la terre. Dieu vit tout ce qu'il avait fait : cela était très bon. Le septième jour, il se reposa de toute son œuvre, bénit ce jour et le sanctifia. Le passage mis en parallèle est le Psaume 104 : que tes œuvres sont nombreuses, tu les as toutes faites avec sagesse ; toutes les créatures espèrent en toi pour recevoir leur nourriture au bon moment. Aujourd'hui, nous allons réfléchir ensemble : accepter la science empêche-t-il de croire en Dieu ?

Observation

1. Lisez Genèse 1:1-2:3. Repérez les phrases qui reviennent. Quelle impression ces répétitions vous donnent-elles ?

Conseil pour l'animateur : « Dieu dit », « Et cela fut ainsi », « selon leur espèce », « Dieu vit que cela était bon », « il y eut un soir, et il y eut un matin ». Vous pouvez demander : comment ces répétitions et ces correspondances révèlent-elles l'organisation du récit ? Quelles vérités soulignent-elles ?

2. Comparez les trois premiers jours aux trois suivants : que fait Dieu pendant les premiers, puis pendant les derniers ? Quelles correspondances voyez-vous ?

Conseil pour l'animateur : premier jour, lumière et ténèbres ↔ quatrième jour, luminaires ; deuxième jour, eaux d'en haut et d'en bas ↔ cinquième jour, animaux aquatiques et oiseaux ; troisième jour, mer, sec et végétation ↔ sixième jour, animaux terrestres et êtres humains. Les trois premiers jours ressemblent à la construction d'une maison ; les trois derniers à l'accueil de ses habitants.

3. Lisez 1:26-31 et 2:1-3. Qu'est-ce qui distingue la création de l'être humain des autres créatures ? Que se passe-t-il le septième jour ?

Conseil pour l'animateur : Dieu dit : « Faisons l'homme à notre image » ; il crée l'homme et la femme, leur confie la terre, puis voit tout ce qu'il a fait : cela est « très bon ». Le septième jour, Dieu se repose, bénit ce jour et le sanctifie. Faites aussi remarquer que ce jour n'est pas suivi de la formule « il y eut un soir, et il y eut un matin ».

Interprétation

4. Quelles affirmations fondamentales Genèse 1 formule-t-il ? Quelles questions la science pose-t-elle lorsqu'elle étudie la nature ? Où leurs centres d'intérêt diffèrent-ils, et où peuvent-ils se rencontrer ?

Conseil pour l'animateur : c'est la question centrale de la leçon ; prenez du temps. Genèse affirme qui a créé le ciel et la terre, que la création était bonne, que l'être humain est fait à l'image de Dieu et que le soleil, la lune et les étoiles sont des créatures. La science demande comment les choses fonctionnent, selon quelles lois et par quels processus. Vous pouvez utiliser l'exemple de la bouilloire, tout en reconnaissant que sur les origines, les âges et l'apparition de l'humanité, les deux domaines se rencontrent ; il faut examiner chaque question, et une seule formule ne suffit pas à tout résoudre.

5. (Question facultative, si le temps le permet.) Lisez Psaume 104:24-30. Comment le psalmiste comprend-il les événements ordinaires de la nature — les animaux qui se nourrissent, la vie, la mort et le renouvellement ? Cela s'oppose-t-il à ce que nous appelons les « lois de la nature » ?

Conseil pour l'animateur : le psalmiste voit dans ces événements la provision et le soutien de Dieu : « Tu ouvres ta main, et ils se rassasient de biens » ; « Tu envoies ton souffle: ils sont créés ». Les lois de la nature sont la manière habituelle dont Dieu gouverne son monde. Comprendre comment elles fonctionnent ne prouve pas qu'aucun Seigneur ne soutient la création.

6. Selon cette leçon, que confessent ensemble les chrétiens au sujet de la création ? Sur quelles questions ont-ils des compréhensions différentes ? Quelles interrogations gardez-vous sur ces accords ou ces désaccords ?

Conseil pour l'animateur : les points communs sont que Dieu est le Créateur et que toutes choses viennent de lui ; le monde était bon ; l'être humain est créé à son image ; le soleil, la lune et les étoiles sont des créatures. Les différences portent notamment sur la longueur des six jours, l'âge de l'univers et de la terre, et les processus dont Dieu s'est servi. Accueillez les questions des personnes en recherche sans chercher à départager les positions pendant la rencontre.

Application

7. Vous est-il déjà arrivé de penser que la foi ne tenait plus après avoir « appris la science » ? Ou avez-vous entendu quelqu'un le dire ? (Vous pouvez simplement répondre oui ou non ; une personne qui vient pour la première fois peut aussi répondre.)

Conseil pour l'animateur : remerciez ceux qui parlent franchement. Les difficultés fréquentes viennent des manuels scolaires, de l'opinion de l'entourage ou de la crainte de paraître irrationnel. Il n'est pas nécessaire de résoudre chaque question sur-le-champ. Invitez éventuellement des frères et sœurs formés en sciences ou en ingénierie à dire comment ils comprennent la science et la foi.

8. En regardant la nature, le psalmiste s'écrie : « Que tes oeuvres sont en grand nombre ». Cette semaine, comment pourriez-vous transformer une observation en reconnaissance ?

Conseil pour l'animateur : soyez concret : regarder un coucher de soleil, observer la croissance d'un enfant, chercher comment l'œil humain voit, puis exprimer une parole de gratitude. Le plan d'action ci-dessous reprend ces idées.

Prière et mise en pratique

Prier ensemble (environ 10 minutes)

Demandez à un membre du groupe de lire lentement Psaume 104:24-30, puis gardez une minute de silence. Ceux qui le souhaitent peuvent prier en une ou deux phrases : remercier Dieu pour le monde qu'il a créé, prier pour ceux qui étudient ou font de la recherche à l'école et au travail, ou pour les amis qui ont encore des questions. Celui qui ne souhaite pas parler peut prier en silence ; c'est aussi une prière. Une personne qui découvre encore la foi peut simplement écouter, sans aucune obligation de prier ni de prendre position. Pour terminer, l'animateur remercie Dieu et intercède brièvement pour les membres du groupe. Les sujets de prière restent dans le groupe ; les sujets sensibles ne sont ni écrits dans l'application ni envoyés dans une discussion de groupe. Si un suivi est nécessaire, l'animateur demande l'accord de la personne avant de noter en privé une ou deux phrases indispensables.

Vous pouvez commencer ainsi (orientation proposée pour la prière) :

Dieu, Toi qui as créé le ciel et la terre, que Tes œuvres sont en grand nombre ! Tu les as toutes faites avec sagesse. Merci de nous avoir donné un monde ordonné que nous pouvons étudier, ainsi qu'une intelligence capable de l'explorer. Fais que plus nous apprenons, plus nous sachions Te remercier. Aide aussi les amis qui gardent des questions à chercher avec honnêteté, sans se laisser intimider par les affirmations des autres. Merci de nous avoir créés à Ton image et de nous donner aussi un jour de repos. Au nom de Jésus, amen.

Plan d'action de la semaine (environ 5 minutes)

Après la prière, chacun choisit une action ci-dessous pour cette semaine. Une seule suffit, et ce n'est pas grave si quelqu'un ne sait pas encore laquelle choisir.

Il n'est pas nécessaire de noter son choix ni d'en rendre compte. Ceux qui le souhaitent pourront en parler à la prochaine rencontre. Si l'action n'a pas été faite, apportez à Dieu dans la prière ce qui vous a arrêté.

Pour aller plus loin

Vous pouvez choisir la leçon « Comment savoir que Dieu existe puisqu'on ne le voit pas ? » (Psaume 19), ou, dans la série « Qui est Jésus ? », la leçon « Il est la Parole qui était au commencement » (Jean 1:1-18).

Guide de l’animateur