Qui est Jésus ?, Leçon 11. Lire Jean 15 ; 13:1-17. Les relations deviennent de plus en plus intéressées : beaucoup de contacts, peu de vrais amis ; et la peur de ne pas mériter d'être aimé.
Passage principal : Jean 15 ; 13:1-17
Jésus appelle ses disciples ses amis et donne sa vie pour eux. Il prend l'initiative de nous choisir et de s'abaisser pour laver les pieds de ses disciples, sans mesurer notre utilité ni notre mérite. Aimés ainsi, nous pouvons cesser de craindre de ne pas mériter l'amour et apprendre à nouer quelques amitiés qui ne tiennent pas les comptes.
Nous savons très bien nous constituer un « réseau » : ajouter des contacts sur WeChat, entrer dans des groupes, participer à des repas professionnels, échanger des mentions « J'aime » et entretenir davantage les liens avec ceux qui peuvent nous être utiles. Les relations ressemblent toujours plus à des échanges : tu m'as rendu service, je retiens que je dois te le rendre ; quand tu ne m'es plus utile, le lien s'efface. Notre réseau grandit, mais les amis intimes se font plus rares. Et plus profondément se cache une peur que nous osons à peine reconnaître : si je ne sers pas à grand-chose, quelqu'un m'aimera-t-il encore ?
En Jean 13, Jésus prend son dernier repas avec ses disciples. Jean écrit : « ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, mit le comble à son amour pour eux » (Jean 13:1). Il sait que le Père a remis toutes choses entre ses mains (Jean 13:3), mais accomplit le travail d'un serviteur : il « se leva de table, ôta ses vêtements, et prit un linge, dont il se ceignit. Ensuite il versa de l'eau dans un bassin, et il se mit à laver les pieds des disciples » (Jean 13:4-5). Pierre refuse : « Non, jamais tu ne me laveras les pieds. » Jésus lui répond : « Si je ne te lave, tu n'auras point de part avec moi. » (Jean 13:8)
Parmi ceux dont il lave les pieds ce soir-là, l'un a déjà décidé de le livrer (Jean 13:2), et un autre le reniera trois fois pendant la nuit (Jean 13:38). Jésus sait tout cela et s'abaisse tout de même pour leur laver les pieds.
En Jean 15, il dit à ses disciples : « Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. » (Jean 15:13) Il ajoute : « Je ne vous appelle plus serviteurs, parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maître; mais je vous ai appelés amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j'ai appris de mon Père. » (Jean 15:15) Un ami est quelqu'un à qui l'on peut dire ce que l'on porte au fond de soi ; Jésus a fait connaître à ses disciples tout ce qui vient du cœur du Père.
Cette amitié n'est pas le résultat de leurs efforts : « Ce n'est pas vous qui m'avez choisi; mais moi, je vous ai choisis » (Jean 15:16). Pendant sa vie terrestre, on se moque déjà de Jésus comme d'« un ami des publicains et des gens de mauvaise vie » (Luc 7:34). Pour choisir ses amis, il ne mesure ni leur utilité ni leur réputation. L'épître aux Hébreux dit qu'il nous appelle frères et « n'a pas honte » de le faire (Hébreux 2:11).
Il dit encore : « Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit » (Jean 15:5), et : « Comme le Père m'a aimé, je vous ai aussi aimés. Demeurez dans mon amour. » (Jean 15:9) Les disciples ne produisent pas du fruit en le tirant d'eux-mêmes, mais en demeurant en lui et en recevant l'amour qu'il leur a donné le premier : « sans moi vous ne pouvez rien faire » (Jean 15:5).
Celui qui est aimé ainsi reçoit la force d'aimer de la même manière : « Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés » (Jean 15:12), et : « vous devez aussi vous laver les pieds les uns aux autres » (Jean 13:14). Une relation intéressée calcule ce que l'autre peut nous apporter ; l'amitié de Jésus commence par le don de sa vie. Dans cette amitié, nous pouvons apprendre peu à peu à nouer quelques relations qui ne tiennent pas les comptes et à devenir nous-mêmes des amis qui ne les tiennent pas.
1. « mit le comble à son amour pour eux ». En 13:1, l'expression grecque εἰς τέλος (eis telos), rendue dans LS1910 par « mit le comble à son amour pour eux », peut désigner « jusqu'à la fin » ou « jusqu'au plus haut degré ». Les deux sens conviennent ici : Jésus aime jusqu'à la croix, et son amour va jusqu'à l'extrême.
2. Laver les pieds est le travail d'un serviteur. À l'époque, on marchait sur des chemins poussiéreux et l'on se lavait les pieds en entrant dans une maison ; un serviteur de la maison s'en chargeait généralement. Jésus sait que « le Père avait remis toutes choses entre ses mains » (13:3), mais il accomplit la tâche la plus humble.
3. La différence entre l'ami et le serviteur tient ici au fait de « savoir ». « Le serviteur ne sait pas ce que fait son maître » (15:15). Jésus appelle ses disciples amis parce qu'il leur a fait connaître tout ce qu'il a appris du Père.
4. « Obéir » n'est pas le prix à payer pour obtenir son amitié. En 15:14, Jésus relie bien le fait d'être ses amis à l'obéissance à ses commandements ; mais, en 15:16, il précise que c'est lui qui a choisi et envoyé ses disciples le premier. L'obéissance ne sert pas à acheter la grâce ; elle est cependant un signe véritable de cette amitié.
5. Le verbe « demeurer » revient sans cesse. Dans le court passage de 15:1-10, le mot « demeurer » revient à plusieurs reprises ; en grec, il s'agit du verbe μένω (menō). En 1:38-39, les deux disciples demandent à Jésus où il demeure : le même verbe désigne là un lieu concret et le fait de rester auprès de lui. En Jean 15, il décrit le fait de demeurer durablement en Christ, dans sa parole et dans son amour. Le même mot relie ainsi l'invitation initiale à « venir voir » et l'appel ultérieur à « demeurer ».
Un rappel préalable (lu par l'animateur)
Ce qui est partagé dans le groupe ne doit pas être raconté ailleurs. Il existe cependant une exception : s'il est question d'une violence qui continue, de la sécurité d'un enfant ou d'une personne vulnérable, ou d'un danger immédiat de se faire du mal ou de faire du mal à quelqu'un, l'animateur ne peut pas promettre une confidentialité absolue. En règle générale, il cherche d'abord à en parler avec la personne concernée et ne transmet que les informations indispensables à ceux qui peuvent réellement aider. Quand un enfant ou une personne incapable de se protéger est concerné, ou en cas de danger immédiat, il n'attend pas le consentement : selon la situation, il contacte un pasteur, des professionnels qualifiés, la police locale, les services d'urgence ou les services médicaux. En cas de danger immédiat, il faut demander de l'aide sur-le-champ et ne pas laisser la personne seule.
Pour démarrer : êtes-vous encore en contact avec votre meilleur ami d'enfance ? (Une personne qui vient pour la première fois peut aussi répondre.)
Conseil pour l'animateur : échangez simplement, avec légèreté et même en riant. Cette question introduit le thème de l'amitié ; ne commentez pas le nombre d'amis de chacun.
Résumé de la leçon (lu par l'animateur, environ 1 minute, pour ceux qui n'ont pas fait la préparation)
Cette leçon porte sur Jean 15 et Jean 13:1-17. Pendant le dernier repas, Jésus aime ses disciples jusqu'à la fin. Il se lève de table, se ceint d'un linge et leur lave les pieds. Pierre refuse, mais Jésus lui répond : « Si je ne te lave, tu n'auras point de part avec moi. » Après leur avoir lavé les pieds, il leur dit : « Si donc je vous ai lavé les pieds, moi, le Seigneur et le Maître, vous devez aussi vous laver les pieds les uns aux autres. » En Jean 15, il dit : « Je suis le cep, vous êtes les sarments » et les appelle à demeurer en lui ; il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis ; il ne les appelle plus serviteurs, mais amis ; ce ne sont pas eux qui l'ont choisi, c'est lui qui les a choisis. Aujourd'hui, nous allons réfléchir ensemble : que nous dit ce passage lorsque nous avons beaucoup de contacts mais peu d'amis intimes, et que nous craignons de ne pas mériter d'être aimés ?
1. Lisez 13:1-11. À quel moment et de quelle manière Jésus lave-t-il les pieds de ses disciples ? Comment Pierre réagit-il ?
Conseil pour l'animateur : cela se passe alors que Jésus sait qu'il va quitter ce monde pour retourner au Père et qu'il sait que Judas va le livrer. Il se lève de table, ôte ses vêtements, se ceint d'un linge, verse de l'eau, lave les pieds et les essuie. Pierre demande d'abord : « Toi, Seigneur, tu me laves les pieds! », puis affirme : « Non, jamais tu ne me laveras les pieds. »
2. Lisez 15:12-17. Que dit Jésus au sujet des « amis » ? Quelle différence y a-t-il entre l'ami et le serviteur ?
Conseil pour l'animateur : un homme donne sa vie pour ses amis ; celui qui obéit à ses commandements est son ami ; le serviteur ne sait pas ce que fait son maître, tandis que l'ami le sait ; Jésus a choisi ses disciples le premier.
3. Lisez 15:1-11. Dans l'image du cep et des sarments, combien de fois le verbe « demeurer » apparaît-il ? Qu'arrive-t-il à celui qui demeure en Jésus ?
Conseil pour l'animateur : comptez ensemble. Celui qui demeure en lui porte beaucoup de fruit, voit ses prières exaucées, demeure dans son amour et reçoit une joie parfaite ; séparé de lui, il ne peut rien faire.
4. Quelle différence y a-t-il entre l'amitié de Jésus et une relation intéressée ?
Conseil pour l'animateur : c'est la question centrale de la leçon ; prenez du temps. Jésus choisit le premier ; il s'abaisse pour laver les pieds ; il donne sa vie pour ses amis ; il ne choisit pas ses amis selon leur utilité. Vous pouvez poursuivre : à laquelle de ces deux formes nos relations ressemblent-elles le plus ?
5. (Question facultative, si le temps le permet.) Jésus sait que Judas va le livrer et que Pierre va le renier, mais il leur lave tout de même les pieds. Comment cela change-t-il votre regard sur la question de savoir si vous « méritez d'être aimé » ?
Conseil pour l'animateur : son amour ne dépend pas d'abord de notre mérite. Ne transformez pas cette question en invitation à prendre publiquement position ; laissez à chacun un temps de silence pour réfléchir.
6. Lisez 15:14-16. Quand Jésus dit : « Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande », veut-il dire qu'il faut d'abord réussir à obéir pour devenir son ami ?
Conseil pour l'animateur : lisez ce verset avec 15:16 : c'est Jésus qui a choisi ses disciples le premier. L'obéissance n'est pas le prix à payer pour acheter son amitié, mais elle est un signe véritable de cette amitié.
7. Avez-vous autour de vous un ou deux amis qui ne tiennent pas les comptes ? Êtes-vous vous-même un tel ami pour quelqu'un ?
Conseil pour l'animateur : chacun peut répondre en une ou deux phrases. Si ce n'est pas le cas, nul besoin d'être triste ; le groupe peut devenir un point de départ.
8. À quoi pourrait ressembler aujourd'hui le fait de « se laver les pieds les uns aux autres » ? Pour qui aimeriez-vous accomplir cette semaine un petit geste sans rien attendre en retour ?
Conseil pour l'animateur : garder un enfant, apporter un repas, accompagner quelqu'un à l'hôpital, le remplacer une fois dans son service… Plus ce sera concret, mieux ce sera. Le plan d'action qui suit s'inscrit dans cette direction.
Demandez à un membre du groupe de lire lentement Jean 15:9 et 15:15, puis gardez une minute de silence. Ceux qui le souhaitent peuvent prier en une ou deux phrases : pour remercier Jésus de nous appeler ses amis, pour la peur intérieure de ne pas mériter d'être aimé ou pour les personnes seules autour de nous. Celui qui ne souhaite pas parler peut prier en silence ; c'est aussi une prière. Une personne qui vient pour la première fois peut simplement écouter, sans aucune obligation de prier ni de prendre position. Pour terminer, l'animateur remercie Dieu et intercède brièvement pour les membres du groupe. Les sujets de prière restent dans le groupe ; les sujets sensibles ne sont ni écrits dans l'application ni envoyés dans une discussion de groupe. Pour un suivi habituel, demandez d'abord l'accord de la personne, puis ne notez en privé qu'une ou deux phrases indispensables. Quand la sécurité d'un enfant ou d'une personne incapable de se protéger est en jeu, ou en cas de danger immédiat d'automutilation ou d'agression, n'attendez pas le consentement : contactez immédiatement les services d'urgence, la police locale ou un service de protection approprié.
Vous pouvez commencer ainsi (orientation proposée pour la prière) :
Seigneur Jésus, Tu es le Seigneur et pourtant Tu T'es abaissé pour laver les pieds de Tes disciples ; Tu as donné Ta vie pour Tes amis et Tu nous appelles Tes amis. Nous avons l'habitude de tenir les comptes et nous craignons souvent de n'avoir aucune utilité, de ne pas mériter d'être aimés. Merci de nous avoir choisis le premier et de nous aimer jusqu'à la fin. Fais-nous demeurer dans Ton amour, comme les sarments demeurent attachés au cep. Apprends-nous aussi à aimer les autres comme Tu nous aimes, à nouer quelques amitiés qui ne tiennent pas les comptes et à devenir de tels amis pour les autres. Au nom de Jésus, amen.
Après la prière, chacun choisit une action ci-dessous pour cette semaine. Une seule suffit, et ce n'est pas grave si quelqu'un ne sait pas encore laquelle choisir.
Il n'est pas nécessaire de noter son choix ni d'en rendre compte. Ceux qui le souhaitent pourront en parler à la prochaine rencontre. Si l'action n'a pas été faite, apportez à Dieu dans la prière ce qui vous a arrêté.
Vous pouvez choisir la leçon « Il a donné sa vie pour nous » (Jean 19:16-30 ; 1:29), ou la leçon « Il sait tout de nous » (Jean 4:1-42).